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Corruption : Le Liban, un pays "à surveiller", estime Transparency International

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Dans son nouveau rapport, l'ONG s'en prend à l'Amérique de Trump.

OLJ/AFP
29/01/2019

Le Liban occupe le 138e rang sur 180 pays au classement 2018 de l’indice de perception de la corruption, publié mardi dans le rapport annuel de l’ONG Transparency International (TI) basée à Berlin.

Conçu avec la participation d’experts appartenant à plusieurs organisations internationales – comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou la Fondation allemande Bertelsmann –, cet indice vise à mesurer le degré de corruption des pays étudiés, qui sont ensuite notés de 0 (pour les pays jugés "extrêmement corrompus") à 100 (pour les pays "extrêmement intègres"). Avec un score de 28 points – un score inchangé depuis trois ans ans –, le Liban gagne cinq places par rapport au classement 2017. Dans le classement de 2017, le pays du Cèdre avait perdu sept places par rapport au classement 2016, qui n’incluait que 176 pays et dans lequel il avait déjà reculé de dix places par rapport à 2015 (126e sur 168 pays).



Au niveau des pays arabes, le Liban est 13e sur 21 pays retenus :


 Au niveau régional, Le Liban est 14e sur 18 pays retenus de la zone MENA :


Faisant la distinction entre les pays qui s'améliorent, ceux qui régressent et ceux qui doivent être "surveillés", TI classe le Liban dans les pays à surveiller. "La Jordanie, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Liban sont quatre pays à surveiller au cours des prochaines années. Ce sont des pays relativement stables, mais en raison de leur situation géographique ou économique, ils sont sous les projecteurs", indique TI. 

"Au Liban, les récentes élections législatives (mai 2018) ont suscité des inquiétudes quant au financement des partis politiques et à la mauvaise gestion du processus électoral. Notre filiale, l’Association libanaise pour la transparence (LTA), s’est efforcée de souligner ces manques auprès des responsables et du public. Malheureusement, six mois après les élections, le Premier ministre désigné Saad Hariri n'a pas réussi à former un nouveau gouvernement dans un pays très polarisé", ajoute l'organisation. Les six mois font référence à la date de rédaction du rapport. Aujourd'hui, cela fait huit mois que le Liban attend un nouveau cabinet.

"La corruption politique et les conflits d’intérêts demeurent parmi les principaux obstacles à toute amélioration au Liban, poursuit-elle. Le cadre juridique du pays et la réglementation en matière de financement des partis politiques ne comportent pas certains éléments essentiels, notamment des normes de transparence et de responsabilité".


(Lire aussi : La guerre verbale se corse entre Amal et le CPL, sur fond d'accusations de corruption)



Transparency s'en prend à l'Amérique de Trump
Sur le plan international, l'ONG, dans son rapport annuel, dénonce en outre les atteintes aux contre-pouvoirs dans les États-Unis du président américain Donald Trump. Les États-Unis, avec un score de 71 sur 100 (en baisse de 4 points), glissent pour la première fois depuis 2011 hors du top 20 des pays où la perception de la corruption est la moins aiguë, selon le rapport.

Le classement reste dominé comme les années précédentes par les pays nordiques, avec le Danemark en tête, et la Nouvelle-Zélande (2e). La Somalie reste en bas du classement, derrière le Yémen, le Sud-Soudan et la Syrie. Le "faible score" des États-Unis "intervient à un moment où ils sont confrontés à des menaces sur leur système de freins et contre-pouvoirs, ainsi qu'à une érosion des normes éthiques aux plus hauts niveaux de pouvoir", explique TI.

La deuxième année du mandat de M. Trump a été mouvementée, des révélations sur les liens supposés entre son équipe de campagne et la Russie à son soutien controversé à un candidat de la Cour suprême accusé d'agression sexuelle, en passant par des soupçons de népotisme.

"La présidence Trump a mis en lumière les failles du système américain pour garantir un gouvernement responsable envers l'intérêt public", explique à l'AFP Zoe Reiter, représentante par intérim de TI aux États-Unis. "Mais le président Trump est un symptôme plutôt qu'une cause, les problèmes existaient avant son entrée en fonction", ajoute-t-elle, citant l'incapacité du système américain à prévenir les conflits d'intérêts.



(Lire aussi : Des centaines de manifestants à Beyrouth contre l'effondrement économique et la corruption)



Turquie et Hongrie
TI pointe aussi du doigt la Turquie et la Hongrie, en baisse au classement, blâmant "la détérioration de l'État de droit et des institutions démocratiques, ainsi que la réduction rapide de l'espace de la société civile et des médias indépendants". "Alors que de nombreuses institutions démocratiques sont menacées à travers le monde, souvent par des dirigeants aux tendances autoritaires ou populistes, nous devons faire davantage pour renforcer les freins et contrepoids et protéger les droits des citoyens", préconise Patricia Moreira, directrice générale de TI.

Parmi ses recommandations, TI exhorte les gouvernements à défendre la liberté de la presse et à soutenir les organisations de la société civile qui s'efforcent de contrôler les dépenses publiques.



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Sarkis Serge Tateossian

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Pour réaliser un voeux il faut d'abord y penser, voir le dire avant de passer à l'acte.

Faire un bon pronostic avant de remédier.

BOSS QUI BOSSE

Ce qui dérange c'est de croire qu'en publiant ces articles à sensation dirigée, on s'imagine qu'on va pouvoir changer les choses par une révolte nationale et populaire, qui n'arrivera jamais.

Dunk svp arrêtez ce petit jeu mesquin qui veut nous faire croire qu'on est plus mauvais encore qu'on ne l'est vraiment.

Y a des gamin(e)s qui vous lisent et que ça va traumatiser.

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