Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, à Evian, le 16 juin 2026. Photo Mandel NGAN / AFP
Le président libanais Joseph Aoun a reçu vendredi soir un appel téléphonique du secrétaire d'État américain Marco Rubio, a annoncé la présidence libanaise sur son compte X. La visite du chef de l’État à Washington évoquée mercredi par Donald Trump au sommet du G7 à Évian, et annoncée pour « une ou deux semaines », n'a pas été abordée durant l'entretien.
Marco Rubio a réaffirmé que « les États-Unis se tiennent aux côtés du Liban et œuvrent en faveur de la sécurité, de la stabilité et de l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire », assurant également le soutien américain aux institutions légitimes, sécuritaires et militaires libanaises, « en premier lieu l'armée », rapporte la présidence libanaise. Le président Aoun a remercié Washington pour son soutien avant de souligner la nécessité de mettre fin aux agressions israéliennes, faisant valoir qu'un « cessez-le-feu global » demeure pour Beyrouth « un pilier fondamental », afin de permettre l'avancement des négociations libano-américano-israéliennes prévues à Washington la semaine prochaine. L'objectif de ces pourparlers est de permettre au Liban de « recouvrer sa sécurité, sa stabilité, sa souveraineté et l'intégrité de son territoire », a ajouté la présidence.
De son côté, le département d'État américain a indiqué que M. Rubio a « salué le courage du président Aoun dans sa poursuite d’une opportunité historique pour la souveraineté et le redressement du Liban ». Le secrétaire d'État a en outre souligné que les négociations bilatérales entre le Liban et Israël « constituent la seule voie réaliste vers la reconstruction, la reprise économique et la fin des cycles récurrents de violence » et exprimé l'espoir qu'elles permettront de « progresser vers l’établissement d’une paix durable » entre les deux voisins. M. Rubio a enfin réitéré la « nécessité de désarmer le Hezbollah et de rétablir le contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire libanais ».
Cet appel intervient au terme de l'une des journées les plus meurtrières depuis l'annonce lundi d'un protocole d'accord irano-américain prévoyant une cessation des hostilités. Des dizaines de frappes israéliennes ont pilonné le Sud et la Békaa, faisant au moins 47 morts et 97 blessés selon le ministère libanais de la Santé, poussant le président Aoun à dénoncer « une escalade dangereuse et condamnable qui a frappé des dizaines d'innocents, dont des femmes et des enfants ». La crainte d'un effondrement de l'accord s'est également fait sentir dans la foulée du report des négociations prévues en Suisse entre Washington et Téhéran, vraisemblablement en raison d'un désaccord au sujet du Liban. L'escalade a finalement été contenue dans l'après-midi, et un cessez-le-feu surprise a été annoncé.


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