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Liban

Arslane demande à être entendu par le juge, le PSP parle de « folklore »

Affaire de Choueifate

Le député de Aley, qui comparaît aujourd’hui en tant que témoin, affirme avoir de nouveaux éléments.


23/01/2019

Un nouveau rebondissement dans l’affaire du meurtre d’Alaa Abou Faraj, un proche du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt tué lors d’affrontements armés qui avaient éclaté le 8 mai dernier, dans la foulée des élections législatives, entre des partisans du PSP et des membres du Parti démocrate dirigé par Talal Arslane, risque d’attiser un peu plus la tension entre les deux clans druzes.

Dans un tweet, M. Arslane a annoncé hier qu’il compte se rendre aujourd’hui auprès de la justice en tant que témoin, pour remettre au premier juge d’instruction à Baabda, Nicolas Mansour, de nouvelles données censées, selon lui, faire la lumière sur ce meurtre, dont le chef de son service de sécurité, Amine Souki, est soupçonné. Ce dernier, qui avait été caché quelques jours au domicile de M. Arslane après les incidents, aurait été ensuite exfiltré en Syrie.

« J’ai à ma disposition des données et des indices que j’ai collectés à la faveur de plusieurs réunions avec des hauts responsables au sein de l’État, de la magistrature, des services de sécurité et de l’armée », a tweeté M. Arslane, s’engageant à « dire les choses avec courage et clarté pour faire la lumière » sur cette affaire.

Ce rebondissement de dernière minute survient dans un contexte marqué par de vives tensions interdruzes, notamment depuis l’incident de Jahiliyé (Chouf), en décembre dernier, qui a également fait un mort parmi les partisans de l’ancien ministre Wi’am Wahhab, son garde du corps Mohammad Abou Diab.

Dans un souci déclaré d’éviter toute escalade, M. Arslane s’est adressé hier à sa base, l’appelant au calme et précisant que sa comparution au Palais de justice est de sa propre initiative. « Je m’adresse aux cheikhs, à mes partisans et sympathisants pour leur demander de faire preuve de retenue, de ne pas aggraver la tension et de s’abstenir de se rendre au Palais de justice de Baabda. C’est moi qui ai demandé à témoigner dans l’affaire de Choueifate qui continue de faire l’objet d’exploitations (politiques) au quotidien », a encore écrit le député de Aley. Il a également dénoncé les tentatives de « manipulation d’indices » dans cette affaire, soulignant qu’il continue de miser sur « l’indépendance de la justice ».

(Lire aussi : L’invitation du cheikh druze « de Khaldé » cristallise le retour de Damas)



« Tentatives de pressions politiques »

Du côté du PSP, on affirme que l’initiative de M. Arslane est « folklorique ». « Au lieu de prétendre vouloir avancer des éléments au juge, ce dernier ferait mieux de remettre à la justice le coupable présumé, Amine Souki, qui est désormais chez Maher el-Assad (le frère cadet du président Bachar el-Assad) », commente une source du parti.

Contacté par L’OLJ, l’attaché de presse de M. Arslane, Jad Haïdar, a effectivement reconnu que M. Souki n’est plus au Liban, soulignant toutefois que le parti, convaincu de son innocence, a voulu le protéger contre « les tentatives de pressions politiques exercées sur la justice ». « Amine Souki ne pouvait être sur les lieux à Choueifate pour commettre ce crime et en même temps à Sin el-Fil où il avait accompagné M. Arslane ce jour-là pour une réunion prévue avec Gebran Bassil (le chef du CPL) », affirme M. Haïdar, qui ajoute qu’« en dépit des réserves qu’il a sur l’action de la justice, M. Arslane pense avec confiance qu’il pourra se faire entendre ».

Selon lui, le dossier de Choueifate a été entaché en cours de route d’irrégularités, telles que la « disparition, pendant plusieurs jours, du dossier des indices présentées par le service d’anthropométrie et du rapport du médecin légiste ».

L’attaché de presse se demande d’ailleurs pourquoi les médias insistent sur l’exfiltration d’Amine Souki, sachant que « huit autres gardes du corps de M. Arslane figurent également sur la liste des personnes soupçonnées ».



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