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Économie

Action collective lancée aux États-Unis contre des banques libanaises : l’ABL relativise

Polémique

L’association évoque une procédure « sans fondement » et s’en remet à la justice américaine.

05/01/2019

L’Association des banques du Liban (ABL) a relativisé hier dans un communiqué la portée de l’action collective lancée au civil le 1er janvier 2019 aux États-Unis par des avocats américains au nom de 1 200 plaignants et ciblant onze établissements bancaires libanais.

L’existence de ce recours collectif, auquel l’État américain n’est pas partie, a été évoquée jeudi soir par le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, lors de l’émission Sar el-Waqt diffusée sur la chaîne locale MTV. Plusieurs éléments ont en outre été diffusés dans la presse et les médias hier après-midi, notamment le site businessnews.com.lb.

Selon ce dernier, l’action, lancée dans l’État de New York, veut établir la responsabilité des banques concernées vis-à-vis des victimes d’actes de terrorisme perpétués en Irak entre 2004 et 2011, et qui ont été « commis, planifiés ou autorisés par le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste aux États-Unis, en coordination avec les Gardiens de la révolution islamique d’Iran ». Un recours complémentaire ciblant cette fois des attaques sur le sol israélien lors de la guerre de juillet 2006 entre le Liban et Israël a également été déposé, a rapporté à L’Orient-Le Jour une source anonyme proche du dossier.


(Lire aussi : Un important financier du Hezbollah plaide coupable aux Etats-Unis)


Action rejetée en 2007
L’ABL, qui a publié son communiqué à l’issue d’une réunion avec la BDL consacrée au sujet, a confirmé l’existence des « deux plaintes », avant de juger que les accusations portées étaient « sans fondement sur le plan juridique et factuel ». L’association a également indiqué faire confiance à la justice américaine et se préparer à prendre « les mesures nécessaires pour suivre cette affaire ». L’ABL a enfin affirmé qu’un recours similaire « ciblant cinq banques libanaises » avait été rejeté en 2007 par une cour de New York, sans toutefois donner plus de détails.

Les onze banques citées dans la plainte sont : Bank Audi, Bank of Beirut, Bank of Beirut and the Arab Countries (BBAC), Banque libano-française (BLF), BLOM Bank, Byblos Bank, Fransabank, Jammal Trust Bank, Lebanon and Gulf Bank (LGB), Middle East Africa Bank (MEAB) et la Société générale de banque au Liban (SGBL). Neuf d’entre elles font partie des banques alpha, les 15 établissements dont les dépôts dépassent les 2 milliards de dollars selon la classification du cabinet Bankdata (les deux seules « petites » banques visées sont Jammal Trust Bank et MEAB). Contactés par L’Orient-Le Jour, les services de presse de plusieurs de ces établissements n’étaient pas joignables hier, tandis que ceux qui ont répondu n’ont pas souhaité réagir.

L’action a été lancée par les cabinets Osen LLC, spécialisés dans « les actions civiles en matière d’antiterrorisme et les demandes de réparation pour les victimes du nazisme en Allemagne », selon son site internet ; Turner & Associates P.A. (litiges d’affaires) ; et Motley Rice LLC, un des plus grands cabinets américains spécialisés en contentieux. Ils demandent notamment le versement de dommages et intérêts aux plaignants ainsi que la prise en charge des frais de justice.


(Pour mémoire : L'Iran vend du pétrole à Damas pour financer le Hezbollah et le Hamas, accuse Washington)


« Guerre juridique »
Pour la source précitée, cette action collective s’inscrit dans le cadre d’une « guerre juridique » ciblant le secteur bancaire libanais. « Cette procédure lancée au nom de plus de 1 000 plaignants risque de prendre plusieurs années pour aboutir et d’obliger les banques à engager d’importants frais de justice, même s’il est peu probable qu’elle aboutisse à une condamnation », estime-t-elle, avant d’ajouter ne pas avoir tous les éléments du dossier. « Le fait que cette plainte existe va également peser sur la réputation des banques le temps qu’elle soit jugée », ajoute-t-elle.

Jeudi, le gouverneur avait indiqué qu’une action similaire avait été lancée dans les années 2000 contre le groupe bancaire jordanien Arab Bank accusé d’avoir géré des comptes de responsables du mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza. La procédure avait duré 14 ans, au cours desquels Arab Bank a d’abord été condamné à payer 100 millions de dollars de dommages et intérêts à 16 plaignants sur les 527 parties au recours, qui s’étaient présentés comme des victimes d’attentats en Israël, avant que cette décision ne soit cassée en appel au printemps 2018. Des avocats des cabinets Osen, Turner & Associates et Motley Rice avaient également défendu les intérêts de plaignants lors de ce procès.

Un banquier resté anonyme rappelle de son côté que l’ABL communique régulièrement avec les autorités américaines afin de « s’adapter aux différentes mesures prises par l’administration de ce pays pour combattre et sanctionner le terrorisme comme le blanchiment d’argent ». Dans une interview publiée le 14 novembre par L’Orient-le Jour, M. Salamé avait indiqué que le secteur bancaire libanais était « en conformité » face au renforcement des sanctions américaines visant la milice chiite libanaise via le « Hezbollah International Financing Prevention Amendments Act of 2018 » (Hifpaa 2018) signé par le président américain, Donald Trump, le 25 octobre 2018. Le secrétaire adjoint américain au Trésor pour le Financement du terrorisme, Marshall Billingslea, avait lui déclaré le même jour que « le Hezbollah (continuait) à avoir accès au secteur bancaire libanais », sans toutefois souhaiter « entrer dans les détails ».


Pour mémoire
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Eleni Caridopoulou

N'oubliez pas que le sionisme gouverne le monde entier , regarder en France tout est aux mains des sionistes

Gebran Eid

LES GENS HONNÊTES QUI ONT DÉPOSÉ LEUR ÉCONOMIE DANS LES BANQUES LIBANAISES, IGNORENT COMPLÈTEMENT QU'EST CE QUI LES ATTEND COMME MAUVAISE SURPRISE.

Georges Lebon

Il est temps de prouver que la première industrie libanaise repose davantage sur son ingénierie financière que sur les avoirs d'une milice. Les banques auraient intérêt à diversifier leurs sources de dépôt et évincer les clients posant un problème aux États-Unis. Rappelons juste que le dollar américain est la seconde devise du Liban...

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LES MAUX ENGENDRES CONTRE LE LIBAN ET LES LIBANAIS A CAUSE DE LA MILICE ILLEGALE SONT NOMBREUX MEME SI INJUSTES !

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