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Liban

Le rayonnement des grands

Le révérend père Sélim Abou nous a quittés, et mon âme est triste.

Il était le recteur de l’Université Saint-Joseph, certes, mais, pour moi, il était aussi et surtout le compagnon de conversations autour d’une boisson chaude dans un café parisien au coin d’une rue anodine du 6e arrondissement de Paris.

Il n’avait jamais besoin d’afficher sa modestie pour séduire. Il n’avait jamais besoin d’afficher quoi que ce soit et ne cherchait guère à séduire. Il était simplement et naturellement attachant. Il rayonnait par sa vraie modestie, celle des grands, celle des savants qui doutent.

J’admirais comment il avait apprivoisé le doute jusqu’à en faire un allié, un corollaire du savoir, un frère siamois de la certitude.

J’attendais tous les ans son discours à l’USJ pour la fête de saint Joseph.

Je m’imprégnais de sa clairvoyance, de son courage, de sa détermination.


(Lire aussi : Sélim Abou, une vie fondée sur le don)


Lorsqu’il a mis le doigt sur la nuance entre la communauté et la confession, il a ouvert la voie à la réflexion sur la nature même de la société libanaise et toute société pluraliste. C’est cette voie que je continue à explorer tous les jours.

La liberté, la dignité humaine, la souveraineté de la nation n’étaient pas pour lui des choix à faire car aucun autre choix n’était possible.

Les grands penseurs ne se considèrent jamais comme tels car ils sont face à l’immense univers, à la complexe nature humaine et au silence des esprits tourmentés qui n’osent même pas crier leur douleur ni frayer leur chemin.

Toujours à la recherche de la Vérité, sans prétention, sans compromis, Sélim Abou vient de nous quitter, dans l’espoir d’avoir secoué les esprits afin qu’ils se réveillent et défrichent la triste torpeur qui nous entoure ou qui est en nous.

Adieu l’ami, adieu maître.

*Ministre sortant des Affaires sociales


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Le révérend père Sélim Abou nous a quittés, et mon âme est triste.

Il était le recteur de l’Université Saint-Joseph, certes, mais, pour moi, il était aussi et surtout le compagnon de conversations autour d’une boisson chaude dans un café parisien au coin d’une rue anodine du 6e arrondissement de Paris.

Il n’avait jamais besoin d’afficher sa modestie pour...

commentaires (1)

Merci pour toutes ces plumes de l Orient Le Jour de nous avoir communiquer ce que le père Sélim Abou, grande figure dans l histoire moderne du Liban, a bâti pour les nouvelles générations et pour le Liban de demain.

Makdessi Maurice

11 h 33, le 28 décembre 2018

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Commentaires (1)

  • Merci pour toutes ces plumes de l Orient Le Jour de nous avoir communiquer ce que le père Sélim Abou, grande figure dans l histoire moderne du Liban, a bâti pour les nouvelles générations et pour le Liban de demain.

    Makdessi Maurice

    11 h 33, le 28 décembre 2018