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Nouvelle démission à Washington après la décision de Trump de partir de Syrie

Etats-Unis

Selon plusieurs médias américains, Brett McGurk avait décidé de quitter son poste en février mais il a avancé cette échéance après les rebondissements de la semaine.


OLJ/AFP
22/12/2018

L'émissaire des Etats-Unis pour la coalition internationale antijihadistes Brett McGurk a présenté vendredi sa démission, après celle du ministre américain de la Défense dans le sillage de l'annonce par Donald Trump du retrait militaire américain de Syrie.

Le départ de M. McGurk sera effectif au 31 décembre, a indiqué samedi un responsable du département d'Etat, sous couvert d'anonymat, précisant qu'il avait remis sa démission vendredi au secrétaire d'Etat Mike Pompeo. Selon plusieurs médias américains, il avait décidé de quitter son poste en février mais il a avancé cette échéance après les rebondissements de la semaine.

Le président américain Donald Trump a surpris en annonçant mercredi sa décision de retirer le plus vite possible les 2.000 soldats américains stationnés en Syrie, estimant que le groupe Etat islamique (EI) était vaincu. Le même jour, il indiquait que la préparation d'un désengagement partiel d'Afghanistan était lancée.
Le Wall Street Journal et le New York Times ont évoqué le départ de la moitié des 14.000 militaires américains engagés sur le sol afghan dans ce conflit vieux de 17 ans lancé après les attentats du 11 septembre 2001.

"Concernant la Syrie, nous devions à l'origine y être pour trois mois et, c'était il y a sept ans -nous ne sommes jamais partis", a tweeté M. Trump samedi, avant la révélation de la démission de M. McGurk. "Lorsque je suis devenu président, l'EI se déchainait. Désormais, l'EI est en grande partie vaincu et d'autres pays de la région, y compris la Turquie, devraient être capables de s'occuper facilement de ce qu'il en reste. Nous rentrons à la maison!", a-t-il ajouté.



"Renversement complet"
Selon le courriel annonçant sa démission à ses collègues, que le New York Times s'est procuré, Brett McGurk a qualifié la décision présidentielle de "choc" et de "renversement complet par rapport à la politique qui nous avait été présentée".

"Elle a laissé nos partenaires de la coalition troublés et nos partenaires dans les combats désemparés", a-t-il écrit, d'après le NYT.

"Je me suis employé cette semaine à essayer de gérer certaines retombées (...) mais finalement j'ai conclu que je ne pouvais appliquer ces nouvelles instructions et maintenir mon intégrité", a-t-il poursuivi.

Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains avaient multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar el-Assad : la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump.

Les militaires américains sont stationnés dans le nord-est de la Syrie aux côtés de la coalition arabo-kurde qui combat l'EI. Leur départ va notamment laisser la milice kurde des YPG sans soutien militaire alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan menace de l'attaquer, considérant les combattants kurdes comme des terroristes.


(Lire aussi : Le retrait US de Syrie renforcera un corridor terrestre iranien)


Abandon
Un haut responsable kurde en Syrie, Aldar Khalil, a exhorté samedi Washington à empêcher toute offensive turque contre les zones kurdes du Nord, prévenant que les YPG pourraient devoir abandonner le combat contre l'EI pour pouvoir se défendre le cas échéant contre les Turcs.

M. McGurk, 45 ans, assurait la semaine dernière à Washington que les Américains avaient vocation à rester encore pendant un bon moment en Syrie.
"Même si la fin du califat en tant que territoire est maintenant clairement à portée de main, la fin de l'EI prendra beaucoup plus longtemps", avait dit à la presse celui qui avait été nommé en 2015 par le président démocrate Barack Obama, car "il y a des cellules clandestines" et "personne n'est naïf au point de dire qu'elles vont disparaître" du jour au lendemain.

Il n'est pas le premier à partir après les annonces présidentielles.

Dès jeudi le ministre de la Défense Jim Mattis faisait part de sa démission à compter de février, affichant son désaccord avec la nouvelle stratégie de la Maison Blanche. Il a notamment insisté sur la nécessité pour les Etats-Unis de "traiter les alliés avec respect". A plusieurs reprises, cet ex-général des Marines âgé de 68 ans avait mis en garde contre un départ précipité de Syrie, au risque de "laisser un vide qui puisse être exploité par le régime Assad ou ses soutiens".

"Au final, les Américains ont élu une personne pour être commandant en chef", a relevé vendredi Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif. "Et au final, il prend la décision. C'est pour ça qu'il a été élu".

Tout au long de sa campagne pour la présidentielle de 2016, le milliardaire républicain avait répété que l'engagement des Etats-Unis au Moyen-Orient coûtait des milliards de dollars qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, et qu'il fallait laisser d'autres acteurs, notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.



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L’azuréen

La nature n’aime pas le vide. Trump commet la même erreur qu’Obama et on a vu ensuite le résultat catastrophique avec la formation de l’EI. En effet, Obama avait donné un chèque en blanc Aux pays arabes du golfe... . Confier la mission de gendarmes à erdogan qui ne va agir qu’a l’encontre des kurdes ou à l’Arabie and co seuls , relève du délire .

VIRAGE CONTRÔLÉ

On va pas se raconter des histoires à dormir debout, le pays usurpateur tend à être abandonné par la Russie et l'Amérique. L'Europe nen peut plus d'eux.

Nathanmachintruc a intérêt à decamper vite fait sinon c'est 6 ou 7 millions de pov israéliens qui vont prendre leurs jambes à leur cou.

Il y a une odeur de fin à l'arrogance.

Sarkis Serge Tateossian

Une fois encore le rusé Erdog héritier de l'ottomanie à bluffer Trump, voilà ce que c'est un président issu des téléréalité. Il à beau être président du plus puissant pays au monde, il peut se faire avoir comme un gamin de 5 ans.

En ou outre on peut toujours présenter Erdogan comme un ignare (si seulement les journalistes occidentaux comprenaient le turc pour traduire eux même la locution quotidienne hilarante de ce président, Erdogan, niveau d'un homme sans instruction), et pourtant cette semaine il a fait rouler dans la farine le président américain....

Affaire à suivre...
Le monde continue à sombrer...

VIRAGE CONTRÔLÉ

Who's next ????? Hahaha....

Qui avait réellement cru que ce clown allait rendre "America greater" .

Avec le sentiment dur comme fer que ses admirateurs moyens orientaux allaient en bénéficier.

Hahahaha..

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LE GAFFEUR A SEME IDIOTEMENT LA PAGAILLE DANS SON CAMP...

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