Marc Kabbouche (à gauche) et Paul Harfouche (à droite), les deux co-fondateurs de l'application Nomad, le 2 juin 2026. Photo fournie par Marc Kabbouche
Une nouvelle application libanaise est désormais en ligne et construit sa base d’utilisateurs, promettant de permettre aux amateurs de vie nocturne de décider plus facilement où sortir – et aux bars d’atteindre le bon public. Fondée par les entrepreneurs libanais Marc Kabbouche et Paul Harfouche, tous deux âgés de 27 ans, Nomad se positionne comme une application de « vie nocturne sociale », plutôt que comme une plateforme de réservation ou de billetterie.
« Il existe déjà plusieurs plateformes qui soutiennent le côté logistique de la vie nocturne. Nous apportons la première application sociale de vie nocturne », explique Marc Kabbouche à L’Orient-Le Jour. L’application, lancée il y a deux semaines, permet aux utilisateurs de voir où leurs amis sortent, de suivre les mises à jour en direct de la vie nocturne de certains bars et clubs sélectionnés, de voir où se trouve la foule et de gagner des points pouvant être échangés contre des récompenses auprès des établissements partenaires.
« Le Michelin des bars »
Marc Kabbouche et Paul Harfouche ont quitté le Liban en 2021 et passé plusieurs années à l’étranger avant de revenir l’an dernier pour travailler à plein temps sur le projet. M. Kabbouche a étudié l’informatique et a ensuite obtenu un MBA, tandis que M. Harfouche a étudié le génie mécanique et a poursuivi un master en énergie durable. Kabbouche a travaillé chez Amazon à Montréal, tandis que Harfouche était basé à Londres, où il travaillait dans le conseil.
L’idée de Nomad est née lors d’une visite au Liban, lorsque les deux hommes ont remarqué que, malgré le grand nombre de bars, de clubs et de resto-bars dans le pays, il n’existait pas de plateforme aidant les utilisateurs à décider où sortir ou bien « où pleinement profiter de la vie nocturne du pays ». Ils ont commencé à développer le projet alors qu’ils étaient encore à l’étranger, en parlant avec des bars et des utilisateurs potentiels afin de mieux comprendre ce que les gens attendaient d’une telle plateforme.
« Lorsque nous avons vu qu’il y avait de la traction, nous avons tout quitté », raconte Marc Kabbouche. « J’ai quitté Montréal, Paul a quitté Londres, et nous sommes revenus au Liban pour essayer d’en faire une réalité. » Leur retour intervient malgré des années de crise, d’instabilité et de guerre qui ont poussé de nombreux jeunes professionnels libanais à partir à l’étranger. La startup a été financée par des investissements providentiels et par les économies personnelles des fondateurs, bien que le montant investi ne puisse pas être divulgué à ce stade.
Contrairement aux plateformes de listing, Nomad ne vise pas à inclure tous les établissements. Les fondateurs affirment qu’ils sélectionnent délibérément les bars et les clubs disponibles sur l’application. Kabbouche a indiqué que le Liban compte des centaines de bars, mais que Nomad travaille actuellement avec moins de 50 établissements. « Nous voulons être le Michelin des bars », résume-t-il. « Si le bar est sur Nomad, alors il devrait être bon. »
Nomad comprend un fil dédié à la vie nocturne, où les établissements partenaires peuvent publier des événements et des mises à jour. Selon Marc Kabbouche, cela vise à répondre à un problème auquel de nombreux bars sont confrontés sur les réseaux sociaux, où les publications Instagram peuvent disparaître rapidement dans les fils des utilisateurs.
L’application est gratuite pour les utilisateurs. Son système de récompenses leur permet de gagner des points lorsqu’ils font un check-in ou règlent des additions dans des établissements partenaires, qui peuvent ensuite être échangés contre des avantages tels que des shots ou des verres gratuits. Elle proposera également un modèle premium, donnant aux utilisateurs accès à des offres exclusives dans les établissements affiliés, comme des offres « un acheté, un offert » ou des articles offerts.
Le lancement intervient toutefois dans un environnement sécuritaire et économique difficile pour le secteur de la vie nocturne au Liban. Marc Kabbouche indique que l’équipe avait initialement prévu de lancer l’application vers la fin février, mais a retardé le lancement en raison de la situation dans le pays. « Cela n’avait pas de sens de lancer une application sociale de vie nocturne à ce moment-là », a-t-il dit. « La situation a eu un fort impact sur l’ensemble du secteur de la vie nocturne. Plusieurs établissements ont réduit leur capacité ou fermé à cause de la guerre. » Il a toutefois affirmé que cela n’avait pas découragé les fondateurs de poursuivre.
« S’il y a un secteur qui rebondira toujours au Liban, c’est bien celui-ci », estime-t-il.
Pour l’instant, Nomad se concentre sur le Liban, avec plusieurs établissements partenaires à Beyrouth et dans ses environs. Mais les fondateurs disent ne pas vouloir que l’application reste centrée sur Beyrouth. À l’approche de l’été, ils prévoient d’étendre le réseau à Batroun, Jbeil, Jounieh, au Metn et à d’autres régions où l’activité nocturne devrait reprendre. « Ces derniers mois, nous avons vu la vie nocturne se déplacer vers Naccache, Dbayeh et d’autres endroits où les gens se sentent plus à l’aise », dit-il. « Pendant l’été, les gens passeront plus de temps à Batroun, Jbeil et dans d’autres régions côtières. »
Les fondateurs ont également des projets d’expansion au-delà du Liban. « L’objectif final est d’avoir Nomad avec vous où que vous alliez », a-t-il déclaré. « Vous pourriez gagner des points sur une terrasse à Paris et les dépenser dans un pub à Londres. »
Pour l’instant, la startup reste dans une phase de croissance initiale. Kabbouche a indiqué que tout revenu à court terme serait réinvesti dans l’amélioration de l’application, le marketing et l’expansion du réseau.
« Nous nous concentrons sur la prise en compte des retours afin de perfectionner les fonctionnalités actuelles et d’enrichir notre modèle actuel pour apporter plus de valeur aux utilisateurs comme aux bars affiliés », conclut-il.



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