Le corps du soldat libanais Raouf Hassan Yazbeck, qui avait succombé vendredi à ses blessures après des affrontements avec des éléments armés du clan Jaafar à Baalbeck, a été inhumé samedi dans son village natal de Nahlé, dans la Békaa.
"L'armée ne restera pas silencieuse après sa mort et continuera à traquer les assassins pour les arrêter et les traduire en justice", a déclaré le général Khaled Zeidan, représentant le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, lors de la cérémonie d'inhumation à laquelle des dizaines de personnes ont assisté. Ce militaire célibataire âgé de 21 ans avait été touché par balle au torse.
De son côté, le frère du soldat a appelé le clan Jaafar à remettre le tueur aux autorités.
Jeudi soir, une patrouille de l'armée a été la cible de tirs de la part d'éléments armés du clan Jaafar dans le quartier de Charawné, à Baalbeck. Les militaires avaient riposté aux sources de tirs. Les affrontements avaient fait trois autres blessés parmi les soldats libanais.
Après la mort du soldat Yazbeck, le clan Jaafar a dénoncé dans des termes virulents ce qu’il a qualifié d'"opération d’élimination visant nos jeunes" menées par l’armée libanaise, et dénonçant des "condamnations à mort systématiques", réclamant "l’annulation du plan de sécurité de l’armée et l’adoption immédiate d’une loi d’amnistie".
De leur côté, la famille de la victime et les habitants de Nahlé ont dénoncé "l’acte de barbarie commis par le clan Jaafar" et ont demandé à l’armée de "frapper d’une main de fer". A défaut, avertit la famille Yazbeck, "nous nous ferons justice nous-mêmes".
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Bien évidemment le meurtrier doit être appréhendé, jugé et condamné selon les lois en vigueur. Il me semble que tuer un militaire gendarme ou policier au Liban peut requérir la peine capitale. Ainsi soit il.
17 h 03, le 15 décembre 2018