Liban

Des notables de la Békaa-Nord explosent : Le temps de « la sécurité à l’amiable » est révolu

Ordre
OLJ
20/06/2018

L’impatience de la population de la Békaa-Nord grandit, à mesure que le « plan de sécurité » destiné à combattre la criminalité rampante dans cette région tarde à porter ses fruits. En effet, en dépit du déploiement massif de l’armée dans la région et de l’installation des barrages fixes et volants sur les routes, l’insécurité continue de prévaloir, mêlée à un sentiment de malaise général : les bandits courent toujours.

Rien ne semble y faire, ni les déclarations d’intention des députés de la région et de ses notables ni celles des clans et tribus qui assurent ne plus couvrir les agissements de certains de leurs membres. Les sanctuaires de la criminalité continuent de jouir de l’extraterritorialité sécuritaire, malgré quelques coups de filet heureux, comme l’arrestation d’un dangereux bandit qui sert de rouage à un réseau de revente de voitures volées.

Voilà trois jours encore, une rixe a fait deux morts de la famille Choumane à Saraïne el-Faouqa. Par ailleurs, le torchon brûle entre les deux tribus Jaafar et Jamal, à Zayta, une localité frontalière syrienne dont les habitants sont libanais. Les Jamal ont même été sommés de quitter le village, s’ils tiennent à la vie, s’ils ne remettent pas aux Jaafar le ou les assassin(s) d’un des leurs, tué pour venger un Jamal assassiné il y a quelques mois. Les deux tribus sont d’accord pour renoncer au cycle infernal de la vendetta, pour peu que la justice étatique prenne les choses en main. Mais…


Le facteur tribal
Le chef de l’État, le Premier ministre, les partis locaux, Hezbollah en tête, sont d’accord : il faut mettre fin au règne des gangs dans la région. Toutefois, le tribalisme freine la mise en œuvre du plan de sécurité. Ainsi, les bandits passent entre les mailles des filets qui leur sont tendus, grâce aux renseignements qui leur parviennent de leurs proches. Certains ont même provisoirement trouvé refuge en Syrie.
Les officiers des FSI et de l’armée, qui sont de la région, redoutent de leur côté les actes de rétorsion qui pourraient s’exercer sur leurs propres familles s’ils font preuve de fermeté ou si leurs perquisitions et descentes se soldent par des blessés ou des morts.
Le Hezbollah, lui, auquel on prête trop facilement un pouvoir absolu, redoute d’engager sa crédibilité et son autorité dans des querelles qui retourneront contre lui l’opinion. Ses responsables déclarent à tout venant qu’ils ne sont pas un État dans l’État, et qu’en matière de sécurité, c’est l’État et lui seul qui est susceptible d’agir.

L’effet surprise
Dans les milieux bien renseignés, on affirme que pour réussir, le plan de sécurité dans la Békaa-Nord doit être basé sur l’élément de surprise, qu’il ne doit pas être « classique ». Dans la région de Baalbeck-Hermel, reprend un responsable local du Hezbollah, la situation est devenue « intenable » et les incidents s’enchaînent. C’est à croire, affirment des habitants, qu’un « complot » a été ourdi pour garder la région dans l’insécurité, à la merci des gangs et des réseaux de criminalité qui y font régner leur loi, en redistribuant sur leurs familles une partie des profits réalisés par leurs réseaux (voiture, drogue, etc.).Le mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr, a reçu hier au siège du mohafazat à Baalbeck le cheikh Abbas Zgheib, représentant le Conseil supérieur islamique chiite, à la tête d’une délégation de notables et de moukhtars venus redire aux autorités qu’ils souhaitent que les forces de sécurité agissent « d’une main de fer ». Au terme des pourparlers, le dignitaire chiite a relevé que « la sécurité et la croissance économique » vont de pair, et que le temps de la « sécurité à l’amiable » est révolu. On attend la suite.


Pour mémoire

Vers un plan de sécurité « pas classique »

Focus nécessaire sur la sécurité et la stratégie de défense avant la formation du cabinet

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Lebinlon

mais ils pointent tous au Hezbollah ces "jeunes un peu turbulents". c'est ce que la police et les magistrats s'entendent dire poliment quand ils tentent quoi que ce soit.
Pas une seule arrestation ne peut avoir lieu sans l'aval de Berry ou du hezbollah dans la Bekaa. difficile a donner pour arrêter un"héros résistant" qui revient de Syrie. même s'il trafique la drogue et pique des voitures.
voila, c'est aussi simple que ca .

Irene Said

Comme d'habitude, on s'imagine de pouvoir régler les problèmes à l'aide de délégations en veux-tu en voilà, qui, une fois rentrées chez elles, auront tout oublié...en attendant le prochain problème.
Ainsi va la vie chez nous, et le LIBAN NOUVEAU...
Irène Saïd

gaby sioufi

""le dignitaire chiite a relevé que « la sécurité et la croissance économique » vont de pair ""

je rappelle encore & toujours le ferai: le akkar est plus pauvre sinon aussi pauvre ,
au akkar il n'y a jamais eu de situation securitaire pareille .

ALORS QU'ON NE NS CASE PAS LES PIEDS A REPETER LA PHRASE CI-HAUT, COMME QUOI L'ECONOMIE EST LA RAISON DE LA SITUATION DS LA BEKAA.

ASSEZ DE CHANTAGE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

OU EST L,ETAT DANS TOUT CA ?

George Khoury

c'est la bonne nouvelle du lundi?? qu'ils s'entre-tue et c'est tant mieux comme ca, bon debarras

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