X

À La Une

Un proche de MBS accusé d'avoir supervisé des actes de torture

Arabie Saoudite

Saoud al-Qahtani était présent dans une pièce où se déroulaient des sévices commis contre une militante qu'il a menacée de viol et de meurtre.

OLJ/Agences
06/12/2018

Évincé de la cour pour son rôle dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, Saoud al-Qahtani, un des principaux conseillers du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, a personnellement supervisé des actes de torture commis sur une militante, au moins, a-t-on appris auprès de plusieurs sources informées.

Trois sources de Reuters affirment qu'un groupe d'hommes a torturé cette femme et au moins trois autres par électrocution, flagellation et harcèlement sexuel entre mai et août dans un centre de détention secret de Djeddah. Deux sources de Reuters, qui s'exprimaient sous le sceau de l'anonymat par peur des représailles, ont déclaré que Saud al-Qahtani était présent dans la pièce où se déroulaient les sévices commis contre l'une des militantes qu'il a menacée de viol et de meurtre.

Ces militantes ont été arrêtées pour avoir fait campagne en faveur du droit des femmes à conduire une voiture et pour avoir demandé la fin du système patriarcal en Arabie saoudite. Ces accusations interviennent alors que Riyad essaye de faire oublier l'assassinat commis contre Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier au consulat saoudien d'Istanbul. Elles font également écho aux témoignages recueillis par Amnesty International et qui accusaient les autorités saoudiennes d'avoir eu recours à la torture par des chocs électriques et par des coups de fouet.


(Lire aussi : Qahtani, ce bras droit de MBS dont le nom apparaît dans les affaires Khashoggi, Ritz-Carlton et Hariri...)


Contacté, un responsable saoudien a réfuté ces accusations qualifiées de "fausses et dénuées de toute connexion avec la vérité". "Les détenues ont été emprisonnées sur la base d'accusations liées à la sécurité nationale et à la stabilité du royaume", a dit ce responsable qui a ajouté que leurs droits avaient été respectés et qu'elles avaient reçu des soins, que leurs familles avaient pu les rencontrer et qu'elles avaient eu le droit à une visite d'avocat.

Le royaume saoudien a survécu à d'autres crises par le passé, dont l'affaire Saad Hariri de novembre 2017. Selon des sources diplomatiques saoudiennes, arabes et occidentales, le Premier ministre libanais aurait été humilié verbalement et battu lors de cet épisode pendant lequel il avait annoncé sa démission surprise et était apparu comme détenu par le royaume. Qui dirigeait son interrogatoire ? Saoud al-Qahtani.

La France était intervenue pour obtenir la libération de Saad Hariri, mais les Occidentaux n'ont pas réprimandé Riyad pour avoir détenu un chef de gouvernement et Mohammad ben Salmane en est ressorti plus fort, dit-on de source saoudienne. Cette fois, la situation est néanmoins différente. Une fort pression internationale a été exercée sur l'Arabie saoudite depuis l'assassinat du journaliste saoudien.


Lire aussi

Émancipation des Saoudiennes : le changement doit venir de l’intérieur

Chocs électriques et coups de fouet : Riyad accusé de torture sur des femmes par Amnesty

La Turquie demande l’arrestation de deux proches de MBS

"Aucun" doute que MBS "a ordonné" le meurtre de Khashoggi, selon des sénateurs américains

Macron à MBS : "Je suis inquiet (...) Vous ne m'écoutez jamais"

La CIA aurait appris l'existence de messages renforçant les soupçons sur le rôle de MBS dans la mort de Khashoggi



À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

ACE-AN-NAS

Et si les occidentaux alliés des bensaouds en toute circonstance, avait bien compris que charité bien ordonnée commence par soi même !

Je me mets à rêver peut être , mais j'ai l'impression que cet occident moralisateur et donneur de leçons commence à réaliser que balayer devant sa porte était le commencement d'une prise de conscience qui pourrait mener à de plus larges ambitions démocratiques , à travers le monde .

ON SURVEILLE .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN DES BOUCS EMISSAIRES !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué