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Liban

Chadi Kachi, un activiste dévoué à la cause des oiseaux

Portrait de la semaine

Personnage atypique et polyvalent, le jeune Libanais est notamment le fondateur d’un refuge pour oiseaux.


26/11/2018

« Les gens ne se rendent pas compte de la souffrance des oiseaux. » Chadi Kachi est passionné depuis toujours par la cause animale, et plus précisément celle des oiseux, à laquelle il se dévoue totalement. Il avait dix ans lorsqu’il a sauvé son premier perroquet. Depuis, ce Libanais ne cesse de travailler dans le but de sauver des oiseaux, et en a déjà secouru une centaine.

À ses débuts, il trouvait les volatiles blessés soit par lui-même, soit via son réseau de proches qui venaient lui remettre les animaux en détresse. Plus tard, lorsqu’il a créé une plateforme sur les réseaux sociaux, davantage de personnes ont commencé à lui signaler des cas de blessures, ce qui a renforcé et médiatisé son activité. Il y a neuf ans, cet activiste ultramotivé a fondé un refuge pour oiseaux, le Parrot Club of Lebanon, qui vise à prendre en charge les animaux blessés et le processus de guérison, avant de leur trouver une famille d’accueil. Parallèlement, Chadi Kachi est le propriétaire de l’animalerie Bird Panda, à Antélias, depuis quatre ans.

Cette initiative privée en faveur des oiseaux s’inscrit dans une géographie naturelle particulièrement sensible. Le Liban est, en effet, le second corridor migratoire le plus important au monde pour les oiseaux sauvages. S’y retrouvent jusqu’à 190 espèces qui se déplacent du nord au sud, deux fois par an. Des oiseaux malheureusement mis en danger par des centaines de milliers de braconniers (suivant les chiffres des associations de protection des oiseaux) qui chassent de façon illégale et intensive tous les oiseaux sans distinction.


« Chaque oiseau a son histoire à raconter »
Il est estimé par les associations de défense des animaux qu’environ 2,6 millions d’oiseaux sont illégalement tués sur le territoire chaque année; ce chiffre, selon elles, confère au Liban « l’un des plus alarmants niveaux d’abattage d’oiseaux par kilomètre ». La loi libanaise de 2004 sur la chasse des oiseaux, mise en œuvre depuis deux ans seulement, n’est malheureusement pas systématiquement appliquée sur le terrain, une carence en termes de contrôle souvent déplorée par les activistes. Pour le jeune Libanais, il faudrait purement et simplement interdire la chasse aux oiseaux. Des associations comme la Lebanese Bird Conservation Coalition (LBCC) proposent des alternatives telles que la promotion de l’observation des oiseaux et lancent des plaidoyers en faveur d’une chasse responsable de la nature et de son environnement.

Chadi Kachi est un homme généreux, il autofinance le « Parrot Club of Lebanon » et mène les activités de sauvetage de façon bénévole. Ce passionné s’occupe des différentes étapes du sauvetage des animaux blessés par des chasseurs ou abandonnés par leurs propriétaires : accueil, soins vétérinaires, processus de rétablissement de l’animal et recherche d’une potentielle famille d’accueil. Concernant les oiseaux domestiqués qu’il recueille, Chadi déplore « l’incompréhension des gens vis-à-vis des oiseaux » et le fait que certains propriétaires s’engagent dans l’achat de ces animaux sans connaître leurs besoins alimentaires ou autres, ainsi que le comportement à adopter avec eux. Ainsi, certains animaux restent traumatisés par des agressions passées, ce qui accentue à la fois la durée et la difficulté du processus d’accueil. Sur le groupe « Parrot Club of Lebanon », M. Kachi publie régulièrement des conseils à l’intention des propriétaires d’oiseaux tels que : « Ne laissez pas votre oiseau dans une pièce où le ventilateur du plafond est allumé (…) c’est un risque mortel qui ne vaut pas la peine d’être pris. »

Le passionné partage, en outre, avec sa communauté virtuelle les histoires de chaque oiseau récupéré et sensibilise en parallèle le public quant à la nécessaire protection des animaux. Pour lui, « chaque oiseau a sa propre histoire à raconter ».

Le bénévole pousse l’engagement jusqu’à exiger des entretiens avec les futures familles d’accueil afin de s’assurer de leur capacité à les adopter. Ces missions d’accueil puis de recherche d’adoptants peuvent durer des mois ou même parfois ne pas aboutir. D’ailleurs, Chadi Kachi aurait préféré relâcher les animaux dans la nature parce que pour lui, contrairement aux chiens ou chats, les oiseaux ne sont pas domesticables, ils « doivent être laissés en paix dans la nature ».


Objectif : un grand sanctuaire
Aujourd’hui, le Libanais souhaite mettre en place un grand sanctuaire qui aiderait à sauver, rétablir et libérer davantage d’animaux sauvages dans la nature. Il voudrait également agrandir son refuge pour les oiseaux qui ne peuvent être libérés. En effet, de nombreux oiseaux ne peuvent retourner à leur habitat naturel du fait de l’évolution mentale et physique qu’ils subissent en captivité : diminution de la capacité à voler, perte de l’instinct de chasse et altération des règles sociales dans la nature. Pour ce faire, des logistiques et financières sont néanmoins indispensables.


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ENFIN... UN HOMME !

Bardawil dany

Bravo ! Ça fait tellement plaisir de savoir que chez nous il y a des personnes qui ont du cœur , ça nous change des criminels......

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