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Liban

Raëd Charafeddine, entre BDL, famille et hiking en haute montagne

Le portrait de la semaine
17/09/2018

Escalader les sommets, au sens propre comme au sens figuré. Tel pourrait être schématiquement le parcours de Raëd Charafeddine, premier vice-gouverneur de la Banque du Liban depuis 2009 et figure-clé du secteur bancaire libanais. Amoureux de la vie et de la nature, il trouve encore le temps de s’adonner à son hobby favori (le hiking en haute montagne) et de s’occuper de sa famille malgré un emploi du temps particulièrement chargé. Très influencé par son oncle, l’imam Moussa Sadr, il a fait des enseignements de ce dernier une philosophie de vie.

Il a récemment escaladé le mont Ararat et cherche une nouvelle montagne à gravir. Sa passion pour les hauteurs vient du fait qu’il considère cette activité comme une véritable « leçon de patience ». « Quand on part à l’assaut d’une montagne, on sait qu’il faut patienter, marcher et faire un effort physique pour y arriver, explique Raëd Charafeddine à L’Orient-Le Jour. Cela casse notre habitude du confort et nous enseigne l’humilité. Cela permet de faire face à des obstacles qui demandent beaucoup de patience et d’équilibre. » « Mais quelles que soient les difficultés, on sait qu’on y arrivera », ajoute-t-il.

M. Charafeddine a depuis peu trouvé en la personne de son petit-fils, âgé de deux ans et demi, un compagnon de marche. « La famille remplit la vie et le cœur. J’essaie de passer le plus de temps possible avec elle (…). Mon petit-fils a manifesté le désir de m’accompagner et quand j’ai vu qu’il était sérieux, j’ai décidé de l’emmener faire des activités de plein air. Je suis en train de le former, et bientôt on fera de l’escalade ensemble », indique-t-il.

Son parcours professionnel, Raëd Charafeddine l’a entamé il y a une trentaine d’années, lorsqu’il a obtenu son MBA de l’Université de Caroline du Nord, aux États-Unis, après avoir commencé ses études à l’Université américaine de Beyrouth. Il a ensuite travaillé à Dubaï dans le secteur bancaire et a gravi les échelons un à un, tout comme on gravit une montagne. Rentré au Liban fin 1994, il continue à progresser dans le domaine bancaire avant d’être nommé premier vice-gouverneur de la Banque centrale en 2009. Il a également enseigné dans les années 90 à l’AUB, à l’Université libano-américaine (LAU) et à l’Université de Balamand.

« J’avais 15 ans quand l’imam Sadr a disparu »

Raëd Charafeddine est le fils aîné de Rabab Sadr, sœur de l’imam disparu en Libye le 31 août 1978. Entre sa mère, très engagée dans le travail social et associatif, son oncle, qui a été l’un des premiers dignitaires religieux à prôner la préservation de la diversité au Liban, et son père qui continue à écrire à 90 ans, il baigne depuis l’enfance dans une ambiance d’ouverture d’esprit, de culture et d’altruisme. « Ma famille m’a directement influencé. Ma mère me dit que j’ai été un des premiers volontaires de son association puisque je l’accompagnais au travail en 1963, lorsqu’elle était enceinte de… moi, lance M. Charafeddine. Mon père est un homme impressionnant. À 90 ans, il continue à écrire régulièrement et il est très actif dans tous les domaines. Sa vitalité et sa culture m’ont toujours inspiré. »

« Depuis tout petit, nous vivons dans cette atmosphère de travail social et de développement, relève M. Charafeddine. Ma mère et l’imam ont toujours été à l’écoute de la souffrance des gens et ont tenté de les aider avec les moyens à leur disposition. Cette éducation dans une société ouverte et diversifiée a eu une grande influence sur ma vie. »

De l’imam Sadr, M. Charafeddine garde le souvenir « d’une personne très présente et très attentionnée, qui demandait des nouvelles de tout le monde ». « Malgré ses nombreuses occupations, quand il rentrait chez lui, il était entièrement réceptif à sa famille et son entourage », indique M. Charafeddine qui dit avoir passé ses années formatrices à ses côtés.

« J’avais 15 ans quand l’imam Sadr a disparu... L’humilité de l’imam était très touchante et il avait beaucoup de charme. Il a eu sur moi l’influence d’un père et d’un oncle très proche, malgré le fait qu’il ait été très occupé par ses nombreux engagements », lance Raëd Charafeddine, qui dit avoir été surtout marqué par les idées sur la nécessité de préserver la diversité religieuse du Liban prônée par Moussa Sadr.

« Nous sommes allés en 1978 à Keifoun pour passer des vacances à la demande de l’imam Sadr, et malheureusement, il a disparu cette année-là. Nous sommes restés là-bas à cause du choc et nous ne sommes plus rentrés chez nous à Tyr. J’ai ensuite été scolarisé au lycée de Souk el-Ghareb », se souvient M. Charafeddine.

« Je puise mes racines dans une famille motivée par sa croyance en Dieu et très impliquée dans les causes humaines. Cette famille est en train de dessiner une feuille de route pour de meilleurs lendemains, malgré l’ambiance actuelle », conclut Raëd Charafeddine.



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Helou Helou

ce matin, vous avez leve le voile sur une partie du parcours de Mr.Raed Charafeddine.Merci.Il est probablement plus etoffe.Pesonnellement j ajouterai qu il a, plante tres haut, le Drapeau Libanais sur des sommets du monde.H> Helou

Markuson

Et on se demande encore pourquoi talents quittent le lLiban ou ne reviennent pas. Sans remettre en cause les qualités de ce monsieur, serait-il à ce poste si son Oncle n’était que pas Mr Sadr ? Une question simplement ...

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