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Économie

Réouverture du poste-frontière de Nassib : les taxes syriennes plombent le trafic

Commerce

Les tarifs de passage des camions ont été multipliés par cinq.

06/11/2018

La réouverture du poste-frontière de Nassib le 15 octobre devait permettre au Liban de relancer ses exportations vers les pays du Golfe. Mais le trafic tourne encore au ralenti, les transporteurs étant refroidis par la hausse des taxes à l’entrée du territoire syrien, mises en place par les autorités locales en septembre dernier. Fermée en avril 2015, cette plaque tournante du commerce régional a été reprise en juillet aux rebelles par le régime syrien. « Personne n’est en train d’exporter (vers le Golfe par la route) », se plaint Chafic Kassis, président du syndicat des propriétaires de camion de transport libanais, qui doivent transiter par le poste-frontière de Nassib, situé entre la Syrie et la Jordanie, pour rejoindre les pays du Golfe, principal marché à l’export des agriculteurs et industriels libanais. Les camions ne passent pas par l’Irak, la frontière syro-irakienne étant toujours fermée.


(Lire aussi : Industriels et agriculteurs libanais optimistes après la réouverture du passage frontalier de Nassib)



Une taxe de près de 1 000 dollars

Le nombre de camions libanais transitant par le poste-frontière de Nassib reste peu élevé, confirme le ministre sortant de l’Économie Raëd Khoury. Selon lui, les taxes syriennes ont été multipliées par cinq et varient entre 500 et 1 000 dollars par camion. « Les autorités syriennes calculent les taxes selon une formule qui prend en compte le nombre de kilomètres parcourus en Syrie et le poids du camion, auxquelles est ajoutée une taxe de 10 %, explique M. Khoury. Avant 2015, la formule était la même, mais la taxe n’atteignait que 2 %. » L’augmentation des taxes a pour but de soutenir les ports syriens, selon l’agence de presse syrienne SANA. Au retour, les camions vides ne sont pas taxés tant que le poids transporté reste nul. Côté jordanien, la taxe reste inférieure à celle imposée par la Syrie, mais le ministre n’était pas en mesure d’en préciser le montant. Hormis l’augmentation des taxes, la reprise des exportations libanaises est freinée par la compétition sur les marchés du Golfe de produits en provenance d’autres pays que le Liban, ajoute M. Khoury. D’autre part, les tensions politiques liées à la crise syrienne continuent de représenter un obstacle aux exportations libanaises. Selon Ziad Begdache, vice-président de l’Association des industriels libanais, des propriétaires de camion l’ont informé que les chauffeurs syriens, qui sont nombreux à conduire des camions libanais, n’ont pas le droit de rentrer en Arabie saoudite depuis la réouverture du poste de Nassib. « Il faut absolument des négociations impliquant les ministres syriens et libanais de l’Industrie, de l’Économie et de l’Agriculture », insiste-t-il. De son côté, M. Khoury affirme négocier directement avec les ministres syriens et jordaniens de l’Économie et des Travaux publics. « Je ne sais pas si les ministères libanais de l’Industrie ou de l’Agriculture font de même. Comme le gouvernement est en attente d’être formé, les ministères libanais ne se coordonnent pas », précise-t-il.

Avec la fermeture du passage de Nassib en 2015, certains producteurs libanais s’étaient rabattus sur les exportations par voie maritime, subventionnées par l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL). Ces subventions pourraient prendre fin dès que le nombre de camions traversant le poste-frontière de Nassib est considéré comme « suffisant », précise M. Khoury.



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gaby sioufi

Soraya Riachi
sauriez vous nous raconter si les camions libanais ou autres poursuivent leur chemin vers le Golf ou seulement vers la Jordanie ET l'iraq?

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