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Économie

Industriels et agriculteurs libanais optimistes après la réouverture du passage frontalier de Nassib

Commerce

La fermeture du poste frontalier syro-jordanien en 2015 avait provoqué une chute importante des exportations locales vers le Golfe.


16/10/2018

La réouverture hier matin du poste-frontière syro-jordanien de Nassib, autrefois vital pour le transit de marchandises au Moyen-Orient, promet de donner un coup de fouet aux exportations libanaises.

Signe de l’importance de l’événement, le président de la République Michel Aoun a tweeté hier que le Liban allait « tirer profit » de cette réouverture, qui « va également bénéficier aux secteurs de production libanais et réduire le coût de l’exportation de ces produits ».

Suite à sa fermeture en 2015 à cause du conflit syrien, les camions libanais ne pouvaient plus rejoindre le Golfe, principal marché du Liban à l’export. Industriels et agriculteurs locaux ont été contraints d’acheminer les camions par voie maritime, ce qui leur coûtait plus cher et a fait chuter les exportations libanaises. L’économie jordanienne a également été durement affectée.

La réouverture du passage frontalier avait été annoncée dimanche, après un accord conclu entre la Syrie et la Jordanie. Selon ce texte, le passage restera quotidiennement ouvert de 05h00 à 13h00 GMT (08h00 à 16h00, heure locale). Les personnes souhaitant entrer en Jordanie « doivent obtenir en amont de leur voyage une autorisation » des autorités jordaniennes, d’après l’accord. En juillet dernier, le régime syrien, aidé de son allié russe, avait repris la région bordant la frontière jordanienne, contrôlée alors par des groupes rebelles.


Confirmation de Abbas Ibrahim

Le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a fait savoir hier après-midi via Ibrahim Tarchichi, président du syndicat des agriculteurs de la Békaa, qu’il s’était entretenu avec les autorités syriennes et que l’exportation des produits libanais via le passage de Nassib pouvait débuter, dissipant les derniers doutes côté libanais.

« Nous avions entendu dire que le gouvernement syrien ne laisserait pas les camions libanais transiter par Nassib avant des pourparlers avec les autorités libanaises », indique à L’Orient-Le Jour Ziad Bekdache, vice-président de l’Association des industriels libanais, qui se félicite de l’annonce de M. Ibrahim. « C’est une très bonne nouvelle. »

Quelques jours seront cependant encore nécessaires avant que la circulation ne puisse redémarrer, selon Antoine Hoyek, président de l’Association des agriculteurs libanais. « Les bureaux des douanes ne fonctionnent pas encore », confie-t-il à L’Orient-Le Jour. Naël Houssami, président de la Chambre de l’industrie jordanienne, a également précisé que le trafic normal ne pourra pas reprendre immédiatement.

Suite à la fermeture du passage de Nassib, les exportations libanaises avaient plongé, notamment à cause du coût élevé de l’exportation par voie maritime, seule autre option pour atteindre le Golfe. Selon M. Bekdache, les exportations industrielles sont passées de 4 milliards de dollars en 2015 à 2,4 milliards de dollars l’année suivante.

« Alors que le coût de transport d’un camion de 24 tonnes du Liban vers l’Arabie saoudite s’élevait à environ 2 000 dollars par voie terrestre, il s’est chiffré de 4 000 à 5 000 dollars pour les exportations par navire roulier, même avec les subventions de l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL) », lancées suite à la fermeture du poste-frontière, explique-t-il.

Les exportations par roulier concernaient en majorité les produits agricoles, durement touchées. Selon M. Hoyek, qui ne précise pas leur valeur, elles sont passées de 5,3 millions de tonnes en 2015 à 350 000 tonnes en 2016.

Reste que les nouvelles modalités d’exportation via le passage de Nassib n’ont pas encore été tout à fait clarifiées. « Il y a quelques semaines, les Syriens ont fait savoir que de nouvelles taxes douanières pourraient être imposées aux camions libanais qui transitent par la Syrie. Une fois que nous connaissons leur montant exact, nous pourrons affirmer que la réouverture de ce passage frontalier est une très bonne chose », souligne M. Bekdache.



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L’azuréen

C’est en soi une bonne nouvelle pour l’agriculture libanaise et les exportations libanaises en général . Le seul bémol ce sont les taxes douanières syriennes à venir . Eh oui il y a une frontière....

ACE-AN-NAS

La fin d'une époque et l'ouverture d'une autre.

Merci qui?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ESPOIR DE VOIR S,OUVRIR LES FRONTIERES AVEC LE LIBAN POUR LES BESOINS DU COMMERCE...

Sarkis Serge Tateossian

Chacun trouve sa "Nassibou" c'est ainsi vont les affaires ...

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