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Washington rétablit ses sanctions "implacables", Téhéran promet de les "contourner"

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"Nous sommes en situation de guerre économique et nous affrontons une tentative d'intimidation. Je ne pense pas que dans l'histoire américaine il y ait eu jusqu'à présent quelqu'un à la Maison Blanche qui contrevienne à ce point au droit et aux conventions internationales", a clamé Rohani.

OLJ/AFP
05/11/2018

Les Etats-Unis ont promis lundi d'exercer une pression "implacable" pour faire plier l'Iran, qui entend "contourner avec fierté" les sanctions draconiennes rétablies par Washington contre ses secteurs pétrolier et financier.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dévoilé la liste des huit pays autorisés, pendant encore six mois au moins, à continuer d'acheter du pétrole à Téhéran: la Chine, l'Inde et la Turquie (les premiers importateurs de brut iranien avec l'Union européenne), ainsi que le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Italie et la Grèce.

L'administration de Donald Trump, qui a claqué la porte en mai de l'accord de 2015 censé empêcher l'Iran de fabriquer la bombe atomique, a terminé lundi de rétablir toutes les sanctions levées après sa signature.

De telles dérogations, au motif que ces pays se sont engagés à réduire leurs achats, avaient déjà été octroyées par l'administration démocrate de Barack Obama de 2012 à 2015. Mais l'actuel gouvernement républicain se veut beaucoup plus strict et affiche l'objectif de ramener à zéro les exportations iraniennes de brut, qui assurent 40% des recettes de l'Etat iranien. Elles ont déjà baissé d'environ un million de barils par jours (mbj) depuis mai, à 1,6 mbj en septembre.

"Je pourrais ramener le pétrole iranien à zéro immédiatement mais je ne veux pas créer un choc sur le marché, je ne veux pas faire monter les prix", a justifié le président des Etats-Unis, tout en vantant "les sanctions les plus dures jamais imposées".





Swift "suspend" des banques
Côté finances, 50 banques iraniennes ont notamment été placées sur la liste noire américaine, qui compte désormais 700 personnes et entités supplémentaires en lien avec l'Iran --davantage que celles qui en avaient été retirées en 2015. Ces sanctions s'apparentent à un chantage: les pays et entreprises étrangères voulant garder accès au marché américain doivent cesser de commercer avec Téhéran. Beaucoup ont donc déjà choisi les Etats-Unis.

Le circuit bancaire international Swift, ossature du système financier mondial, dont l'administration Trump souhaite déconnecter l'Iran comme c'était le cas de 2012 à 2016, a ainsi annoncé lundi la suspension de l'accès de certaines banques iraniennes à son réseau, évoquant une décision "regrettable".

Le président Trump assure être prêt à discuter avec les dirigeants de la République islamique pour conclure un "meilleur accord", "plus complet", sur la base de douze conditions énoncées par Washington: des restrictions beaucoup plus dures à son programme nucléaire, la fin de la prolifération de missiles et de son interventionnisme jugé "déstabilisateur" au Moyen-Orient.

Tant que l'Iran n'aura pas "pris un virage à 180 degrés", "nous exercerons une pression implacable sur le régime", a martelé lundi Mike Pompeo.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a prévenu que "la pression maximale" continuerait de "s'accroître", notamment si les Iraniens tentaient "de contourner les sanctions". Or, le président iranien Hassan Rohani a justement promis lundi, dans un discours télévisé, de "contourner avec fierté" ces "sanctions illégales et injustes". "Je ne pense pas que dans l'histoire américaine il y ait eu jusqu'à présent quelqu'un à la Maison Blanche qui contrevienne à ce point au droit et aux conventions internationales", a-t-il clamé, évoquant une "guerre économique".


(Reportage : A Téhéran, les sanctions américaines frappent des Iraniens "dans leur chair")


Nucléaire civil épargné
La bataille se joue en effet aussi sur le terrain de la communication. Samedi, le guide suprême d'Iran Ali Khamenei a accusé Donald Trump d'avoir "discrédité" les Etats-Unis qui, selon lui, seront les ultimes perdants de cette politique.

"L'Iran va mal", a au contraire relevé dimanche le président américain, dont Téhéran est la principale bête noire et qui voue l'accord sur le nucléaire aux gémonies. "Quand j'ai pris mes fonctions, juste avant, on pensait que l'Iran allait dominer tout le Moyen-Orient (...). Plus personne n'en parle aujourd'hui", a-t-il ajouté, sans préciser quels faits lui permettaient de tirer une telle conclusion.

Malgré une économie en difficulté, de nombreux experts estiment que l'Iran va pour l'instant résister, d'autant que, contrairement à la période pré-2015, les Etats-Unis sont assez isolés.

Les Européens, pourtant alliés des Américains, tiennent à préserver un accord sur le nucléaire qu'ils jugent indispensable à la sécurité mondiale et, pour éviter que Téhéran ne le quitte à son tour et ne relance sa course à l'arme atomique, promettent de l'aider à contourner les sanctions. Moscou dit aussi vouloir "élargir la coopération économique, commerciale et financière avec l'Iran en dépit des sanctions américaines".

Alors qu'ils mettent depuis des semaines l'accent sur leurs sanctions et leur "pression maximale", les Etats-Unis ont toutefois assez discrètement pris lundi des mesures pour permettre la survie de l'accord de 2015, en autorisant malgré les sanctions les trois projets en cours dans le nucléaire civil iranien, à Arak, Buchehr et Fordo.



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trump-pète et la Corée du Sud reprendront leurs exercices militaires conjoints, très critiqués par Kim , violant ainsi leur accord avec la Corée du Nord.

Ce lundi 5 novembre, une manœuvre conjointe qui avait été suspendue pour une durée indéterminée en signe d’apaisement pendant les négociations avec la Corée du Nord .

Les exercices militaires Korean Marine Exchange Program commenceront lundi à Pohang et se poursuivront pendant deux semaines.

24 autres exercices similaires seront organisés par les États-Unis et la Corée du Sud d’ici septembre 2019.

La décision de reprendre les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens pourrait être une réaction aux récentes déclarations d’un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Il a averti, dans un communiqué publié le vendredi 2 novembre par l’agence de presse KCNA, que son pays pourrait reprendre le développement de son programme nucléaire si les États-Unis ne renoncent pas à leur campagne de « pression maximale » et à leurs sanctions.

Par ailleurs, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo vient d’annoncer, lors d’une interview sur la chaîne de télévision Fox News, qu’il rencontrerait, cette semaine à New York, le bras droit du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, Kim Yong-chol.

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