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Liban

Nouveau cabinet : participation problématique du Hezbollah

Sanctions US

Effets des sanctions américaines : regards croisés du député Yassine Jaber et de l’ancien député Moustapha Allouche.

29/10/2018

Les nouvelles sanctions américaines, signées la semaine dernière par Donald Trump, contre le Hezbollah impacteront les institutions libanaises, selon deux lectures concordantes, l’une favorable, l’autre opposée au parti chiite, chacune donnant toutefois à cet impact une portée différente. Ces sanctions à caractère financier ont vu en effet leur domaine d’application s’élargir par rapport aux précédentes : elles ne visent plus seulement toute personne affiliée au Hezbollah, mais toute personne qui lui apporte un « soutien significatif », matériel, financier ou technologique.

Est-ce à dire qu’un ministère qui coopère avec des associations affiliées au Hezbollah sur des projets de développement encourt le risque d’être sanctionné, en l’occurrence isolé du réseau d’aides internationales ? C’est ce qu’ont affirmé craindre certains économistes. A fortiori, un ministère pris en charge par un cadre du Hezbollah pourrait subir une suspension d’aides d’agences gouvernementales US. Une attribution du portefeuille de la Santé au parti chiite au sein du prochain cabinet pourrait priver le ministère concerné des aides substantielles dont il bénéficie. C’est ce que fait remarquer l’ancien député Moustapha Allouche, membre du bureau politique du courant du Futur. Et c’est ce que reconnaît le député Yassine Jaber, membre du groupe parlementaire du mouvement Amal.

« Il est possible que l’administration américaine décide de cesser toute coopération avec un ministère pris en charge par le Hezbollah », confie M. Jaber à L’Orient-Le Jour. L’impact des sanctions sur les institutions publiques s’arrêterait là, selon lui : pas d’impact sur le gouvernement dans son ensemble, selon M. Jaber.

Délégué par le chef du législatif auprès de Washington à chaque vote de nouvelles sanctions, M. Jaber précise que le secteur bancaire libanais a fait « tout ce qu’il y avait à faire » pour coopérer, de même que le Parlement libanais a « montré patte blanche » devant la communauté des donateurs et investisseurs en votant, même en période de crise institutionnelle, les lois dues en la matière, notamment celles liées à la lutte contre le blanchiment d’argent. « L’essentiel du message que nous tentons de faire parvenir à Washington est de ne pas recourir à des sanctions collectives, c’est-à-dire de ne pas sanctionner les Libanais dans leur ensemble » au nom des sanctions contre le Hezbollah, fait remarquer M. Jaber. Pour M. Allouche en revanche, c’est le Hezbollah qui entraîne tous les Libanais dans ses problèmes en « s’entêtant » à participer au gouvernement. Contrairement à l’avis du député du bloc Amal, il estime que la participation du Hezbollah au prochain cabinet engage celui-ci aux côtés du Hezbollah. « Plutôt que d’épargner au cabinet le bras de fer irano-américain, le Hezbollah a choisi de le réintégrer, peu importe que ce soit en la personne de partisans ou de sympathisants : cela veut dire que la décision a été prise depuis Téhéran d’affronter Washington, en utilisant notamment le terrain libanais à cette fin », estime M. Allouche, pour qui le Hezbollah aurait pu facilement se faire représenter par Amal au sein du cabinet. La naissance du gouvernement, pour vitale qu’elle soit, devient paradoxalement, à cause de la présence du Hezbollah, « une aventure dangereuse au ressort très incertain », dit-il. Le Premier ministre désigné Saad Hariri a lui-même formulé une réserve sur la participation du Hezbollah. « Tant pis pour eux », avait-il commenté, en référence au Hezbollah sous l’angle de cette participation au lendemain de la promulgation des sanctions américaines.

Une inconnue demeure : l’étendue que le président américain entend donner à ces sanctions. « Tout est affaire du sérieux de Washington dans son engagement contre le Hezbollah », relève M. Allouche. La désignation des personnes sujettes à ces sanctions sont laissées à sa discrétion et c’est à lui d’optimiser ou de réduire leur mise en œuvre. Ira-t-il par exemple jusqu’à sanctionner de hauts responsables du parti chiite, déjà répertoriés par le Trésor américain comme soutien du « terrorisme » pratiqué par le Hezbollah, y compris en Syrie ? Même réduite à sa portée morale, la politique de distanciation risquera de ne plus suffire pour sauver la face du prochain cabinet…



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Irene Said

Y'a-t-il encore seulement UN = 1...!!!

parmi nos soi-disant responsables libanais qui sache la signification du mot

I N D E P E N D A N C E ?

ou s'en souviendront-ils quand ce sera trop tard, et iront-ils pleurer chez Macron...ou chez Trump...ou aux Nations Unies ?

Y-a-t-il encore un Libanais patriote prêt à "résister" à l'occupation rampante irano-syrienne via le Hezbollah, et à se battre pour sauver sa patrie le Liban ?
Irène Saïd


Sarkis Serge Tateossian

Sans avoir la volonté de heurter qui que ce soit. Il est bon de rappeler certaines vérités par moment.

Dans chaque démocratie il existent trois pouvoirs, le legislatif, l'exécutif et le judiciaire. Vous ajoutez à ceci l'armée unique institution garantissant la défense des frontières (et accessoirement maintien de l'ordre dans certains cas extrêmes), sous les ordres du chef de l'armée.

Nous avons au Liban une sorte d'exception (Hozballa) pour des raisons comprehensibles par certains et inadmissibles par d'autres...

Dans l'intérêt supérieur de la nation libanaise on à tout intérêt de revenir à une normalité acceptable par tous, y compris par la communauté internationale, car cet état de fait est unique dans le monde et est source de conflits et dincomprehensions au niveau national et international.

Solution ?

Chaque formation ou projet (Hozballa en est un), se resume par deux constantes.

1- Identification ... Du projet, motif, objet de son existence ... Etc

2- Quantification... De ses resdources, ses moyens logistiques et financières et surtout sa durée.

Qu'en est il du Hozballa ? À quel moment va se plier aux exigences de la republique, la nation libanaise...
Dans l'intérêt de tous.

Tout doit se résumer dans cette question cruciale.

Saliba Nouhad

Mais c’est clair que la finalité de toute l’aventure Hezbollah au Liban est la mainmise militaire et politique sur le pays...
Le premier volet étant atteint depuis longtemps, il restait le second dont le dénouement avec la formation du gouvernement se fait attendre heureusement à cause de la résistance nationale contre une mainmise totale du tandem CPL -Hezbollah, via l’influence iranienne et syrienne sur la décision nationale!
S’ils arrivent à leurs buts, faillite économique garantie ainsi qu’une guerre dévastatrice avec Israël!
On ne veut pas se l’avouer, mais c’est la vérité toute crue

Gebran Eid

QUI A CETTE FORCE D'ÉCARTER LE HEZBOLLAH HORS GOUVERNEMENT ? MAIS C'EST LE HEZBOLLAH LUI MÊME QUI FORME LE GOUVERNEMENT VIA SES MERCENAIRES QUI EXÉCUTENT À LA LETTRE LES ORDRES.

Eleni Caridopoulou

Amal et Hezbollah c'est comme on dit Bonnet blanc et Blanc bonnet

gaby sioufi

puisqu'il ne s'agit pas d'appliquer la constitution ,
puisqu'il ne s'agit que d'exiger presque manu militari l'application des caprices des uns et des autres- SURTOUT DES UNS - sous des appellations aussi mensongeres & hypocrites l'une que l'autre ,
alors que le bal continue comme ca.

Hariri aura enfin exprime ce que tout citoyen avait deja accepte comme etant son "pauvre destin " :
QU'ILS SE DEBROUILLENT !

AIGLEPERçANT

Un général israélien estime que les missiles du Hezb sont capables de viser toute cible en Israël.

Tout en qualifiant le Hezb de « groupe bien cohérent, doté d’une grande puissance balistique », un ancien général de l’armée israélienne a souligné : « Aujourd’hui, des milliers de missiles du Hezb de haute précision sont en mesure de frapper n’importe quelle cible en Israël. »

Selon le journal Rai al-Youm, Eitan Dengot l’ex-général de l’armée de Tel-Aviv a souligné qu’ « aujourd’hui, le Hezbollah constitue la plus sérieuse menace pour la sécurité d’Israël ».

Dans ce droit fil, l’adjoint du chef d’état-major de l’armée israélienne Uzi Dayan a souligné que Hassan Nasrallah maîtrisait entièrement la situation intérieure en Israël et prononçait des discours bien influents et efficaces.

« De nos jours, le Hezb dispose de missiles sol-mer par lesquels il peut viser les gisements de gaz israéliens, si nécessaire », a-t-il indiqué.

Un site d’information israélien a par ailleurs fait allusion aux capacités balistiques de la Résistance libanaise et écrit : « À l’heure actuelle, le Hezbollah dispose de plus fortes forces militaires présentes à proximité des frontières d’Israël. »

Auparavant, le magazine Atlantic se penchant sur les capacités balistiques du Hezb, avait écrit que le mouvement chiite libanais s’était doté, ces dernières années, de missiles avec de précision bien supérieure à ceux de l’an 2006 et qu’il était capable de rendre inefficace le Dôme de fer.

AIGLEPERçANT

Comment le Liban , plus petit pays du Proche Orient , avec une armée de résistant encore plus petite armée du Proche Orient par rapport aux grands états autour , peut il faire autant peur aux états les plus puissants comme l'usurpation et l'amérique du clown américain ?????

C'EST FOU NON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC LES SANCTIONS QUI LE CONCERNENT IL VA RENDRE DIFFICILE LA VIE SURTOUT ECONOMIQUE DES LIBANAIS !

Bustros Mitri

Le Liban coincé entre le marteau et l’enclume , depuis les années 90 d’ailleurs, est devenu le champion des déclarations creuses, des promesses triomphantes totalement vides, en totale contradiction avec les faits et la réalité.
Un espèce de déni inévitable , forcé et permanent: l’élève , dernier de classe, qui applaudit sa performance , à chaque fois un peu plus, et s’attribue des super-notes de succès..

Yves Prevost

Comment peut-on accepter qu'un parti qui entretient une milice illégale puisse participer au gouvernement? Voilà ce qui, pour moi, dépasse l'entendement.

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