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Économie - Électricité

Clap de fin pour le navire-centrale Esra Sultan

Les coupures vont augmenter de plusieurs heures dans les foyers du Kesrouan et des quelques villages du Metn qui étaient directement alimentés par la troisième barge de l’opérateur turc.

L’Esra Sultan, entré en activité le 8 août 2018, s’en est allé. Photo Karpowership

La centrale flottante Esra Sultan, qui appartient à la société turque Karadeniz, a cessé de produire du courant hier, à 17 heures, après moins de trois mois de mise en service effective dans l’enceinte de la centrale de Zouk (Kesrouan). Cet arrêt avait été annoncé jeudi dans un communiqué de Karpowership, la filiale de l’opérateur turc. Il a été confirmé hier après-midi par Électricité du Liban (EDL), l’établissement public qui détient le monopole de la production dans le pays. La barge devrait bientôt lever l’ancre pour quitter le pays.

La mobilisation de cette barge d’une capacité maximale de 235 mégawatts (MW) avait été négociée au printemps par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, en même temps qu’une baisse de production du kilowattheure. Elle s’inscrit dans le cadre de la prolongation pour trois ans des contrats des deux autres centrales flottantes qui opèrent au Liban depuis 2013 : le Fatmagül Sultan (à Zouk) et l’Orhan Bey (à Jiyeh), qui déploient chacune 370 MW. Ces centrales produisent du courant pour compenser – en principe temporairement – le déficit de production d’EDL. La mise en service d’Esra Sultan a en outre été gratuite, hors factures de fuel.

De Jiyeh à Zouk

Partie de Turquie, la troisième barge avait d’abord accosté à Jiyeh aux alentours du 18 juillet avant d’être relocalisée à Zouk pour être branchée au réseau entre le 6 et le 7 août. Plusieurs explications ont été avancées pour expliquer ce changement. Tandis que Karadeniz l’a attribué aux limites techniques des infrastructures à Jiyeh, qui ne permettaient pas à la barge de déployer plus de la moitié de ses capacités sur ce site, d’autres sources concordantes ont pointé du doigt la fronde d’une partie des habitants du Chouf qui ont refusé qu’une deuxième centrale flottante soit branchée pour des raisons d’impact sur l’environnement.

Enfin, l’hypothèse d’une fronde menée par des propriétaires de générateurs du Liban-Sud – des exploitants illégaux mais tolérés qui produisent du courant pendant les pannes depuis des années – a également été envisagée par certains médias locaux pour expliquer le départ de la barge vers le centre du pays. Le ministère avait d’ailleurs envisagé la centrale de Zahrani, près de Saïda, comme l’un des sites possibles. « Le choix des zones qui allaient profiter du navire-centrale dépendait du site où il serait branché. Or, le rationnement au Liban-Sud est plus important qu’à Beyrouth ou dans le Kesrouan. Branchée à Zahrani ou à Jiyeh, la barge aurait donc davantage profité aux abonnés du Liban-Sud », affirme à L’Orient-Le Jour une source proche du dossier.

De fait, la mise en service d’Esra Sultan a d’abord bénéficié à une majorité d’abonnés du Kesrouan ainsi qu’à quelques villages du Metn (dont Bickfaya), qui ont reçu plusieurs heures de courant supplémentaire par jour durant la majeure partie de la période pendant laquelle la barge a été branchée à Zouk. Cette amélioration de la production n’a toutefois pas été constante. Début septembre, elle a été ralentie en raison d’un problème d’approvisionnement de fuel lié à un retard dans l’ouverture des crédits nécessaires par le ministère des Finances – un épisode qui a fait couler beaucoup d’encre, alors que le pays est sommé par ses soutiens et ses créanciers de redresser ses finances publiques. La distribution du courant produit par Esra Sultan a également été ponctuellement interrompue dans certaines régions en raison de failles sur le réseau, qui ont été réparées au fur et à mesure.

Flou sur les heures de coupure

Selon la direction d’EDL, le départ d’Esra Sultan va donc et surtout impacter les régions qui en ont bénéficié et qui subiront un rationnement équivalent à celui d’avant le 6 août. Lors de l’annonce de l’arrivée d’Esra Sultan en mai, le ministre de l’Énergie, César Abi Khalil, avait expliqué que les 235 MW d’Esra Sultan devaient permettre aux Libanais de bénéficier de deux heures de courant en plus. En septembre, Karpowership indiquait que le retrait de la barge allait provoquer une baisse d’environ 4 heures de fourniture d’électricité dans les régions directement alimentées.

Contactée par L’Orient-Le Jour, la direction d’EDL n’a pas fourni de chiffres exacts, expliquant qu’ils allaient dépendre des fluctuations de la production et de la demande. « La capacité réelle d’EDL est de 1 900 MW actuellement pour une demande encore élevée à un peu plus de 3 000 MW en journée, et de 1 800 à 2 000 MW pendant la nuit », a expliqué une source à EDL. À noter que les capacités installées répertoriées sur le site internet d’EDL ne correspondent pas à ses capacités réelles. Selon les chiffres du ministère de l’Énergie, la moyenne du rationnement – hors Zahlé et ses environs, qui bénéficient d’un statut particulier (voir encadré) – a dépassé 10 heures par jour en moyenne en septembre avec la barge, mais avec plusieurs jours impactés par le retard de livraison de carburant. Elle oscillait généralement entre 8 et dix heures avant août, avec d’importantes disparités, les régions proches de la capitale étant généralement mieux loties. La vie ne devrait pas en revanche changer pour les Beyrouthins qui subissent un nombre d’heures fixe de coupures d’environ 4 heures par jour – une situation qualifiée de « privilège injustifiable » par le géographe Éric Verdeil, dans une tribune publiée le 22 septembre dans les colonnes de L’Orient-Le Jour.

Enfin, si le passage d’Esra Sultan n’aura pas permis de faire avancer le débat, très houleux au sein de la classe politique, sur la pertinence sur le plan financier du choix des barges comme palliatif au déficit de production d’électricité du pays, son départ devrait au moins ravir les propriétaires de générateurs privés dont les factures ont mécaniquement baissé pendant toute la durée de sa mise en service.

La centrale flottante Esra Sultan, qui appartient à la société turque Karadeniz, a cessé de produire du courant hier, à 17 heures, après moins de trois mois de mise en service effective dans l’enceinte de la centrale de Zouk (Kesrouan). Cet arrêt avait été annoncé jeudi dans un communiqué de Karpowership, la filiale de l’opérateur turc. Il a été confirmé hier après-midi par...
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ELLE REVIENT LA BARGE POUR S,IMMOBILISER LA OU ELLE ETAIT AVEC SES AUTRES SOEURS... A ELEFSSIS EN GRECE... FAUTE D,OCCUPATION AUTRE QUE CELLE DE SES SOEURS AU LIBAN (?)...

LA LIBRE EXPRESSION

20 h 52, le 20 octobre 2018

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Commentaires (1)

  • ELLE REVIENT LA BARGE POUR S,IMMOBILISER LA OU ELLE ETAIT AVEC SES AUTRES SOEURS... A ELEFSSIS EN GRECE... FAUTE D,OCCUPATION AUTRE QUE CELLE DE SES SOEURS AU LIBAN (?)...

    LA LIBRE EXPRESSION

    20 h 52, le 20 octobre 2018

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