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Mira Toufaily, la volonté de changer les choses

Rencontre

Certains la donnaient gagnante, elle n’a pas remporté le titre suprême mais a reçu tous les honneurs. Émouvante, elle a capté les cœurs.

20/10/2018

Sélectionnée première dauphine lors du dernier concours Miss Liban, Mira Toufaily, 26 ans, se prépare aujourd’hui pour représenter au mieux le Liban, en décembre prochain, à la compétition de Miss World 2018 qui se tiendra à Sanya en Chine. Miss Liban, Maya Reaidy, sera elle à Bangkok, en décembre, pour prendre part à la compétition de Miss Univers. Mira Toufaily n’est pas uniquement une jolie femme, à la peau brune et aux cheveux noirs, elle a surtout une histoire peu ordinaire, un parcours qui touche et dont on se souviendra : elle a été élevée au village d’enfants SOS. C’est là, dans cette « famille d’accueil », qu’elle a appris à transformer ses difficultés en belles victoires et faire de sa différence un moteur pour réussir.


Une enfance difficile
La belle est originaire de Baalbeck. Elle avait moins de deux ans quand elle est arrivée au village SOS de Kfarhay, dans le caza de Batroun. Elle confie, comme dans une fière affirmation : « Mes parents se sont mariés très jeunes et ont divorcé, également jeunes. Quand ma mère a renoncé à son droit de garde, mon père et ma grand-mère paternelle, n’ayant pas les moyens de s’occuper de moi, m’ont placée au village SOS, dans une famille où une femme, Sabah Loutfi, m’a élevée. Pour moi, c’est elle qui était ma mère et c’est un peu grâce à cette femme que je suis devenue la personne que je suis. »

« Sabah me répétait que j’étais belle comme une princesse. Elle m’a donné confiance en moi. Elle m’a appris la générosité et la compassion en m’ouvrant les yeux sur la situation des enfants plus défavorisés que moi. Pour Noël par exemple, quand mes frères et sœurs et moi, dans la famille SOS, recevions plusieurs cadeaux, elle nous obligeait à choisir parmi les objets que nous avions reçus et nous emmenait rendre visite à des familles en difficulté pour qu’à notre tour, nous offrions nos cadeaux aux enfants », se souvient-elle.

Peut-être pour compenser le manque de véritable famille et probablement grâce à sa mère d’adoption, Mira Toufaily s’est construit très jeune une forte personnalité. Plus elle grandissait, plus elle avait confiance en elle-même. « À l’école, j’étais tout le temps la déléguée de classe et toujours classée parmi les premiers », dit-elle.

À quinze ans, elle quitte sa famille SOS de Kfarhay et s’installe dans le foyer de l’association à Jeita. « J’étais triste de partir. De plus, c’est à ce moment-là que j’ai été, pour la première fois, confrontée à la discrimination », raconte-t-elle, expliquant que « dans les villages SOS, il n’existe aucune différence entre chrétiens et musulmans, entre blancs et personnes de couleur. Dans ma famille de Kfarhay, nous appartenions à toutes les confessions, de toutes les races. Nous célébrions Noël et le Fitr avec la même ferveur. Il m’a fallu du temps pour m’habituer ».

Outre l’affection et l’amour qu’elle lui offre, l’association SOS s’est chargée de financer les études universitaires de la jeune femme. Elle a suivi des cours d’architecture d’intérieur à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) et travaillé en été pour se faire de l’argent de poche. « C’est à cette époque, poursuit-elle, que je me suis fixé l’objectif de réussir ma vie. Je ne voulais pas me sentir différente des autres. Et j’ai compris que rien n’était possible sans des études. » Lorsque Mira Toufaily décroche son diplôme, elle travaille en tant que courtière d’assurances. Aujourd’hui, elle est responsable marketing d’une station balnéaire en cours de construction à Kaslik.

Mais surtout, elle veut mobiliser des fonds pour SOS, servir les causes charitables et permettre aux enfants accueillis par l’association d’avoir, comme elle, une belle vie. Et ainsi, réunir toutes les chances d’avoir un avenir meilleur. Bien évidemment, elle utilisera son titre de première dauphine pour faire avancer les choses et braquer les projecteurs là où on ne les voit pas assez...

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Khoury mona

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