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Liban

Quand Greenpeace s’en va-t-en guerre contre le plastique

Environnement

#plastacna – « Nous sommes du plastique » – est une campagne qui a été lancée par l’ONG Greenpeace le 5 juin dernier au Liban, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Le but : convaincre toutes sortes d’infrastructures d’arrêter ou de réduire sa consommation de plastique.

19/10/2018

Un soir de semaine à Beyrouth, Stéphanie et Salwa, deux bénévoles de l’ONG Greenpeace, font la tournée des bars du quartier très en vogue de Badaro. Leur mission : sensibiliser les restaurateurs au sujet des effets néfastes de l’usage du plastique, et notamment de la paille, élément dit « indispensable » pour les cocktails beyrouthins. « C’est de la folie, on distribue des pailles systématiquement, alors que c’est inutile ! » s’indigne Salwa.


(Lire aussi : Alerte au plastique, l’édito de « L’Orient-Le Jour »)


Pas de leçon de morale

Restaurants, bars, écoles et même hôpitaux, les bénévoles de Greenpeace partent ainsi à l’assaut du grand public pour mettre en garde contre les conséquences négatives de l’utilisation du plastique sur l’environnement. Une campagne en ce sens a été lancée en juin dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement (célébrée le 5 juin). Une compétition a été organisée sur ce plan, mettant à contribution des équipes de volontaires qui devaient récolter, chacune de son côté, des points obtenus en fonction du type d’engagement que la structure approchée (restaurant, bar, école, etc.) aurait pris contre la consommation de plastique. Il peut s’agir de soutenir la campagne sur les réseaux sociaux comme de bannir définitivement la paille de sa structure : il n’y a pas de petite victoire.

« Nous ne sommes pas là pour donner une leçon de morale, mais simplement pour sensibiliser et tenter de changer les habitudes, confie Stéphanie. Il ne s’agit plus simplement de favoriser le recyclage, il est urgent de réduire notre consommation de plastique dans ce contexte de crise écologique majeure. » La campagne est menée à un rythme soutenu, « il n’y a pas vraiment de pause », assure Salwa.

À chaque fois que les volontaires, même s’ils ne sont pas en groupe, sont confrontés à un établissement qui utilise du plastique, la discussion s’engage. « On bavarde autour d’un verre et, souvent, une bonne ambiance se crée, les gens autour de nous sont intéressés et se joignent à nous », raconte Salwa, enthousiaste. Si les volontaires obtiennent des promesses intéressantes pour la campagne, la bataille n’est pas encore gagnée : il faut encore s’assurer qu’elles seront tenues! « Il y a toujours un autre volontaire qui revient dans l’établissement pour vérifier », glissent les deux jeunes femmes.


(Lire aussi : Le plastique, un casse-tête aussi bien national que mondial)


Les pailles

Au-delà d’une simple pollution visuelle – déchets jonchant les rues, les plages et les montagnes –, les conséquences du plastique sur la faune et la flore sont beaucoup plus inquiétantes. Ingestion, asphyxie, empoisonnement : beaucoup d’espèces subissent directement la négligence et la démesure de l’homme et sont menacées d’extinction. Pendant sa décomposition, qui peut durer un demi-siècle, le plastique se transforme en microplastique et impacte notre écosystème pour des milliers d’années. Or les objets en plastique inondent notre quotidien, sans pour autant que leur usage nous choque. Assiettes, gobelets, couverts ou encore pailles, autant d’ustensiles jetables et polluants qui peuvent facilement être supprimés ou remplacés par d’autres, lavables ou compostables.

« Lorsque nous sommes confrontés à des gérants sceptiques à l’idée de ne plus utiliser des pailles en plastique, nous leur proposons des alternatives raisonnables et écologiques comme des pailles en bambou », poursuit Stéphanie. La bénévole raconte aussi avoir mené une guerre de plusieurs mois à une grande entreprise de livraison à domicile. « Je leur demandais de me livrer ma commande sans plastique, mais il n’y avait rien à faire, je recevais toujours des tonnes de plastique inutiles en complément.

Avec le temps, et après les avoir un peu menacés, je reçois aujourd’hui mes commandes sans supplément plastique ! » De ce fait, avec un peu d’insistance et de volonté, rien n’est impossible… Encore faut-il que le citoyen se montre responsable...


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Antoine Sabbagha

Pourrions retourner un jour aux papiers et sacs en papier comme avant ?Espérons .

Sarkis Serge Tateossian

Tout est vrai... et tout est possible.

Il suffit de "vouloir" (le vouloir des industriels, voir les gouvernements des pays industrialisés), et dans les mois qui suivent les solutions seront trouvées.

La "paille" ne doit pas cacher la forêt...

Des récentes études démontrent, que le verre reste le matériau le plus propre et de très loin (par rapport au plastique), pour notre santé. (utilisation pour les coupes, les assiettes et même pour la conservation des aliments...(mieux que les "tupperware" ou autres plastiques

En plus le verre, est facile à recycler.

Stes David

L'idée de boire des boissons alcoholiques avec une paille est apparement déjà très ancienne: en français il y a le mot chaume du latin culmus ou calamus = tige du roseau. Donc on utilisait dans le passé au lieu de plastique ou bambou on utilisait des tiges de roseau ce qui serait donc a priori l'alternative classique parfaitement écologique pour la paille en plastique :-)

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL FAUT RETOURNER AU VERRE DONT ON PEUT FACILEMENT EN DISPOSER APRES !



Stes David

Je pense que l'écrivain grecque Xenophon s'étonne dans son livre Anabase que les Arméniens boivent de la bière avec une paille , donc il y a plus que 2000 ans (398 avant JC) le grecque habitué à boire du vin s'étonnait que les arméniens buvaient du "vin à la base de l'orge avec une paille" ... Heureusement que c'était encore sans plastique ni bambou ...

Tony BASSILA

Le Liban est très en retard par rapport à la plupart des pays d'Europe voire certains pays du Moyen-Orient, en matière de protection de l'environnement. Aucune mesure sérieuse n'existe pour sensibiliser la population au tri des déchets (entre les recyclables et les autres) ou bien à éviter l'utilisation massive du plastique (sacs, pailles etc...) et des pesticides qui pour la plupart d'entre eux sont nuisibles à notre santé (notamment le risque de cancer).

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