X

À La Une

Plus de cinq millions d'enfants menacés de famine au Yémen en guerre

conflit

Le conflit s'aggrave et les prix de la nourriture et du carburant s'envolent.

OLJ/AFP
19/09/2018

Plus de cinq millions d'enfants sont menacés de famine au Yémen, a indiqué mercredi l'ONG Save the Children, alors que le conflit s'aggrave et que les prix de la nourriture et du carburant s'envolent. Dans un rapport, l'organisation britannique Save the Children a mis en garde contre "une famine d'ampleur sans précédent" dans ce pays qui connaît la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

Le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie Saoudite, combat les rebelles houthis, appuyés par l'Iran, dans une guerre qui a déjà entraîné la mort de 2.200 enfants, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Save the Children a estimé qu'un million d'enfants supplémentaires risquaient de souffrir de la famine alors que les prix des denrées alimentaires et des moyens de transport augmentent, portant à 5,2 millions le nombre total d'enfants menacés par la famine dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.

La reprise lundi d'une offensive des forces progouvernementales sur le port stratégique de Hodeida --principal point d'entrée des importations et de l'aide internationale-- met en péril l'accès à l'aide humanitaire et a déjà un impact économique sur les civils, notent des experts.
"Le temps commence à manquer" pour empêcher "une famine dévastatrice" au Yémen et "nous ne pouvons permettre la moindre perturbation" dans la distribution de l'aide aux "victimes innocentes du conflit", a déclaré mercredi le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), le prix des denrées alimentaires a augmenté de 68% depuis 2015, date à laquelle une coalition sous commandement saoudien est entrée en guerre aux côtés du gouvernement pour combattre les houthis qui contrôlent de vastes territoires, dont la capitale Sanaa et le port de Hodeida.

Selon l'Ocha, le coût d'un panier alimentaire de produits de base a augmenté de 35%, tandis que les prix de l'essence, du diesel et du combustible pour la cuisine ont augmenté de plus de 25% depuis novembre 2017. Dès octobre 2017, le PAM avait averti qu'au-delà des combats et des raids aériens, la nourriture était désormais "une arme de guerre" au Yémen.


Bataille de Hodeida
L'interruption de l'approvisionnement de la population en denrées alimentaires par le biais du port de Hodeida, sur la mer Rouge, "mettrait la vie de centaines de milliers d'enfants en danger immédiat, tout en poussant des millions d'autres vers la famine", a déclaré Save the Children. Des affrontements meurtriers ont repris autour de la ville portuaire après l'échec de pourparlers plus tôt ce mois-ci à Genève.

Les Nations unies ont averti que tout combat majeur dans la ville de Hodeida pourrait mettre un terme aux distributions de nourriture à huit millions de Yéménites qui en dépendent pour leur survie.

Sur vingt enfants de moins de cinq ans, au moins un souffre de malnutrition aiguë sévère à Hodeida, selon l'Unicef. Plus de 11 millions d'enfants, soit 80% des enfants du pays, ont "un besoin désespéré d'assistance humanitaire", d'après la même source.

L'Arabie saoudite et ses alliés accusent les rebelles de faire transiter clandestinement des armes venues d'Iran par Hodeida et ont imposé un blocus quasi-total au port. Les houthis et l'Iran nient ces accusations.

"Des millions d'enfants ignorent quand ou si leur prochain repas viendra", a déploré Helle Thorning-Schmidt, directrice générale de Save the Children. "Dans un hôpital que j'ai visité dans le nord du Yémen, les bébés étaient trop faibles pour pleurer, leur corps épuisé par la faim", a-t-elle raconté.

Depuis mars 2015, quelque 10.000 personnes ont été tuées, en majorité des civils, et plus de 56.000 blessés dans le conflit. Selon l'ONU, trois Yéménites sur quatre ont aujourd'hui besoin d'aide, notamment alimentaire, et le pays est menacé par une troisième vague de choléra.

Dans un rapport publié le 4 septembre, le Norwegian Refugee Council avait souligné que les bilans ne tenaient pas compte des conséquences économiques de la guerre. "Cet effondrement économique a le potentiel de tuer beaucoup plus de Yéménites que la violence", avait écrit Mohamed Abdi, directeur au Yémen de cette ONG.



Lire aussi

L’émissaire de l’ONU à Sanaa

Au Yémen, le cinéma veut prendre sa revanche sur la guerre

Discussions sur une reprise des pourparlers de paix au Yémen

La coalition met en œuvre sa stratégie d’étouffement contre les houthis à Hodeida

Au Yémen, les Sudistes veulent faire entendre leur voix

L’ONU épingle coalition et houthis, qui continuent comme si de rien n’était...

Plus de trois ans de guerre depuis l'intervention de la coalition arabe au Yémen

Raid ayant tué 40 enfants au Yémen : la coalition reconnaît des "erreurs"

Yémen: la coalition menée par Riyad accuse l'ONU de faire le jeu des rebelles

Aucune grande puissance ne veut parvenir à la paix au Yémen, selon un expert

L’appui du Hezbollah aux houthis

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Gouvernement : on tourne en rond !

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué