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Liban

À l’AIB, le scandaleux shut down

Aviation civile

Hariri promet d’œuvrer à assurer les 88 millions de dollars + TVA nécessaires au développement des capacités d’accueil de l’aéroport.

08/09/2018

Dans un hall surbondé, les voyageurs en partance viennent régulièrement grossir les interminables files d’attente qui avancent à pas de fourmi vers le premier poste de scanner des bagages. Il est 11 heures 30 du matin en ce vendredi 7 septembre à l’aéroport de Beyrouth. Mais les voyageurs ont pris leurs précautions. Plusieurs heures les séparent de leurs vols. Nul ne se doute que, quelques heures plus tôt, un véritable chaos régnait ici même, que des milliers de passagers ont raté leurs vols et leurs connexions. Que des voyageurs ont perdu leurs nerfs à force d’attendre. Que d’autres ont préféré rentrer chez eux. Des travailleurs migrants se préparent à rentrer au Bangladesh. Un groupe de jeunes gens partent pour l’Arabie saoudite. Ils ne savent même pas que leur vol risque d’être reporté de quelques heures parfois. Car le retour à la normale nécessite encore quelques heures.

Et pour cause, un « shut down » généralisé a paralysé le système opérationnel informatique de l’aéroport, dans la nuit de jeudi à vendredi, entre 23 heures et 4h30 du matin. Géré par la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA) qui opère dans 70 % des aéroports du monde, ce système est subitement tombé en panne, jeudi en fin de soirée. Résultat, non seulement les scanners des bagages étaient paralysés, mais également l’ensemble du système d’enregistrement et de gestion des passagers. « À tel point que, pour permettre aux passagers d’embarquer, les agents au sol de la MEA ou d’autres compagnies aériennes ont effectué les opérations nécessaires à la main, sans ordinateur », raconte une source de l’aéroport, qui tient à garder l’anonymat. Inévitablement, les arrivées sont aussi touchées par le bug et d’importants retards toujours enregistrés.


La SITA invitée à indemniser les compagnies aériennes
À quelques mètres de là, dans l’un des bureaux de l’aéroport Rafic Hariri, une cellule sécuritaire de crise est réunie. Elle regroupe notamment les directeurs généraux de l’aéroport, Fady el-Hassan, de l’Aviation civile, Mohammad Chehabeddine ; le chef de la sécurité de l’aéroport, Ahmad Beitamouni ; le directeur des aéroports, Ibrahim Abou Alawa ; le directeur de la SITA, Ibrahim Saleh… Une réunion à l’issue de laquelle on apprend qu’une mauvaise manipulation serait à l’origine du shut down du système informatique de l’aéroport de Beyrouth.

Selon Fady el-Hassan et Mohammad Chehabeddine, contactés séparément par L’Orient-Le Jour, « la SITA a opéré un changement de système informatique, dans la nuit de jeudi à vendredi, en pleine période d’affluence estivale ». « Lorsqu’ils ont remplacé l’ancien programme par le nouveau, ce dernier n’a pas démarré. Les techniciens de la société ont bien essayé de faire marche arrière et de retourner à l’ancien système, mais ce dernier ne répondait plus, d’où le shut down », explique Fady el-Hassan, qui précise que « la direction de l’aéroport n’était pas informée de ce changement », et que « la panne a touché le réseau de communication entre la SITA, le Cloud et l’entreprise internationale Orange ».

Même explication de Mohammad Chehabeddine qui soutient que « le programme de rechange a été lancé, sans même avoir été testé, à une période de pic estival, alors qu’il aurait dû être lancé en période creuse, au mois d’octobre notamment ». Regrettant « le chaos à l’aéroport provoqué par la panne », et « les retards imposés aux voyageurs », il fait assumer l’entière responsabilité de la panne informatique à la SITA et invite l’entreprise à « indemniser les compagnies aériennes, afin que ces dernières indemnisent à leur tour les passagers lésés ». « Nous avons aussi réclamé à la SITA un rapport détaillé de ce qu’il s’est exactement passé », conclut-il, assurant que l’aéroport devrait retrouver son activité normale, vendredi dans l’après-midi. Il note au passage que « l’AIB a dépassé sa capacité maximale de 6 millions de passagers, avec 9 millions de voyageurs annuels ».


(Lire aussi : L’affreuse attente des voyageurs à l’aéroport de Beyrouth)


Bloquée pour 24 heures à Athènes
14h dans le hall de départ de l’AIB. Les files d’attente sont encore longues. Sur les écrans télévisés, nombre de vols en partance affichent des retards. « Nous attendons depuis 5 heures du matin. Notre vol était prévu à 8h30. Et ce n’est que maintenant, à 14 heures, que nous décollons enfin pour Istanbul, après une heure trente d’attente dans l’avion », raconte à L’Orient-Le Jour une femme, par téléphone. « Nous avions réservé un vol MEA. Nous nous retrouvons sur un vol de la Qatar Airways. Je ne vous raconte pas le chaos à l’aéroport, ce vendredi matin : les voyageurs par milliers agglutinés devant les bureaux des compagnies aériennes, sans respect de la file d’attente bien sûr ; les enfants qui pleuraient ; les personnes qui hurlaient devant les bureaux des compagnies d’aviation. Nous sommes épuisés et éprouvés. Et personne pour nous expliquer la cause de ce retard », souligne-t-elle. Les voyageurs ont juste été informés d’une panne technique. On leur a même annoncé que tout allait rentrer dans l’ordre au bout de 10 minutes. « Nous pensions que c’était juste le retour des vacances. Mais nous avons finalement compris par les réseaux sociaux qu’une panne est à l’origine de cette paralysie », conclut-elle.

Au même moment à Londres, des passagers libanais attendent aussi, ils ne savent pas vraiment pour combien de temps. « Tous les vols vers Beyrouth sont retardés à cause du bug informatique, rapporte Asma Andraos, cofondatrice de l’agence d’événementiel Stree et activiste politique. On nous a annoncé une heure et demie de retard, tout en nous invitant à nous renseigner. » Dans le flou le plus total, la jeune femme prend son mal en patience. « Je suis vraiment embêtée. Mais comme j’ai décidé de ne pas m’énerver, je sirote un verre. Malheureusement, l’aéroport de Beyrouth ressemble à ce qu’est devenu le pays », déplore-t-elle.

Sur les réseaux sociaux, chacun raconte son histoire. Comme cette dame âgée, bloquée à l’aéroport d’Athènes pour avoir raté sa correspondance vers les États-Unis. Elle devra attendre le prochain vol, non moins de 24 heures, assise au lounge, la MEA ne lui ayant pas proposé de chambre d’hôtel pour se reposer.


Mobilisation officielle
Face à ce chaos ambiant, le directeur de l’Inspection centrale, Georges Attieh, a convoqué hier à son bureau le directeur de l’AIB et le directeur général de l’Aviation civile afin d’enquêter sur ce qu’il s’est passé. « Le parquet s’est mobilisé afin de savoir si un acte criminel a causé la panne en question », a pour sa part annoncé le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati.

De son côté, le Premier ministre désigné Saad Hariri a présidé une réunion élargie à la Maison du centre, en présence des ministres sortants des Finances Ali Hassan Khalil, des Travaux publics Youssef Fenianos et de l’Intérieur Nouhad Machnouk, du directeur des Forces de sécurité intérieure le général Imad Osman, de la Sûreté générale le général Abbas Ibrahim, du président du Conseil du développement et de la reconstruction Nabil Jisr et du président du conseil d’administration de la MEA, Mohammad el-Hout. À l’issue de la réunion, il a promis « d’œuvrer à trouver les fonds nécessaires, 88 millions de dollars plus TVA, pour augmenter la capacité d’accueil de l’aéroport de Beyrouth qui est arrivé à saturation ». M. Fenianos a affirmé « attendre un communiqué de la part de la société SITA ». « Les responsabilités seront définies et les mesures nécessaires prises », a-t-il dit. Et d’ajouter qu’« à partir du 15 septembre, la baisse d’affluence devrait permettre d’entamer les travaux d’élargissement de l’aéroport ».

Dans la nuit de vendredi, la SITA a publié un communiqué dans lequel elle appelle les responsables libanais à "attendre les résultats de l'enquête avant de lancer des accusations". 


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Wlek Sanferlou

La situation de l'AIB ce jour là est celle du Liban depuis des décennies...
Ici on blâme la société allemande Sita et là bas on blâme le monde entier...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AUCUNE EXCUSE N,EST VALABLE... LE CHAOS Y REGNE DEPUIS LONGTEMPS !

George Khoury

on est des animaux en cage, les politiciens sont a nous traires et du sang et des larmes en sortent

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