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Liban

Un loris lent sauvé des mains de ses tortionnaires

Animaux

Le Liban a fait d’importants progrès dans l’application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages.

01/09/2018

Nora est une femelle de l’espèce des loris lents, un petit primate du genre Nycticebus, figurant sur la liste des espèces en danger d’extinction dans le monde. Son ADN montre qu’elle vient du Vietnam. Et pourtant, c’est dans un sordide pet-shop du Liban qu’elle a été secourue par l’association Animals Lebanon (AL), il y a peu.

L’histoire de Nora et de deux de ses congénères avait circulé sur les réseaux sociaux, ce qui a mis l’association de protection des animaux au courant de cette affaire. « Dans l’une des photos de l’animal, nous avons pu déceler le nom du pet-shop, raconte Maggie Chaaraoui, vice-présidente d’AL. Nous avons vérifié l’information sur place et avons tout de suite alerté le ministère de l’Agriculture qui a réagi en transférant le dossier à la justice. »

Une décision judiciaire permettant de saisir le primate a été prise. La femelle, que les militants allaient appeler Nora, était en piteux état. « Elle ne pesait plus que 130 grammes, raconte Maggie Chaaraoui. Les personnes qui la détenaient et espéraient la vendre à bon prix ne savent pas du tout comment s’occuper d’un tel animal sauvage, qui n’aurait jamais dû quitter la jungle. Nora était continuellement exposée à la lumière, alors que c’est un animal nocturne. On la nourrissait d’une bouillie pour bébé, alors qu’elle se nourrit de vers dans la nature. De plus, si nous avions tardé à la sortir de là, on allait lui retirer ses dents parce qu’elles contiennent du venin ! »

Nora est donc hors de danger, AL a réussi à la faire admettre dans un sanctuaire pour primates, « Monkey World », au Royaume-Uni. Mais elle n’était de toute évidence pas seule lorsqu’elle a été infiltrée au Liban. AL a pu obtenir les noms de deux autres pet-shops qui détiennent les deux loris lents, mais comme la saisie de Nora avait déjà eu lieu, les deux établissements avaient probablement été notifiés et les primates ont disparu.


(Lire aussi : Un bébé dauphin retrouvé mort au large de Tabarja)


La loi à l’œuvre

Dans cette sordide histoire de contrebande d’êtres vivants, tout n’est cependant pas si noir. Si une action aussi prompte a pu être prise à l’encontre d’un propriétaire de pet-shop qui vendait un spécimen d’une espèce en danger, c’est, d’une part, parce qu’il y a désormais une loi sur la protection des animaux, votée au Liban il y a un an, et, d’autre part, parce que le public est beaucoup plus sensibilisé à cette cause et qu’il a réagi aux photos sur les réseaux sociaux.

Qu’encourt le propriétaire du pet-shop dans ce cas ? « La loi dit qu’il risque trois mois à deux ans de prison et une amende allant de 3 000 à 33 000 dollars, précise Maggie Chaaraoui. Mais le juge n’a toujours pas rendu son verdict dans cette affaire. »

L’application de la loi, favorisée par la vigilance des associations, fait en sorte que le Liban est actuellement un bien meilleur élève dans l’application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (Cites). « Nora va faire l’objet d’un reportage par une grande chaîne de télévision internationale, qui va mettre en avant le fait que la convention est désormais appliquée au Liban, ce qui est positif pour l’image du pays », insiste la vice-présidente d’AL.

En attendant qu’il en soit bientôt de même pour la chasse illégale d’oiseaux migrateurs…


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Le Faucon Pèlerin

Une nouvelle qui n'a rien à voir : Le journal An-Nahar signale que des oiseaux"common myna" ont été observés à Batroun. En cherchant, cet oiseau passereau omnivore s'appelle "Martin triste", on le trouve au Sud-Est asiatique, en Afrique du Sud, aux Hawaïi, en Australie, Nouvelle Calédonie, en Afrique de l'Est et en ISRAËL. C'est ce dernier pays qui nous l'envoie sans aucun doute. Je demande aux ministères de la Défense, de l'Intérieur, de l'Energie et de l'Environnement qui vient de tolérer la chasse des rossignols, d'entreprendre des recherches pour voir si ces "martin triste" ne portent pas des microbes israéliens pour exterminer le peuple libanais. On ne sait jamais.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SANS CONNIVENCE AUX DOUANES DES ANIMAUX INTERDITS ET QUI DEMANDENT DES PERMIS CITES D,EXPORTATION ET D,IMPORTATION DES MINISTRES DU PAYS D,ORIGINE ET DU PAYS DE DESTINATION NE PASSERAIENT PAS !

Stes David

C'est en effet une histoire triste ; le traffique d'animaux sauvages reste apparement lucratif. Pourtant c'est grâce à des articles comme celle ci qu'on apprend de l'absurdité de ce traffique ...

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ANIMAL EN DANGER D,EXTENTION SAISI CHEZ UN PRIMATE !

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