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Liban

Liban : Pour les chiens errants, des solutions « scientifiques »

Animaux

Le directeur général du ministère de l’Agriculture a tenu une conférence de presse conjointe avec Animals Lebanon pour faire le point sur une question qui angoisse l’opinion publique.

01/03/2018

Deux événement liés aux chiens ont marqué l’actualité de ces derniers mois : fin décembre, des images de chiens empoisonnés, agonisants et jetés sans ménagement par des employés municipaux dans une camionnette à Chiyah (banlieue sud) ont fait le tour du Net et suscité l’indignation générale. En février, le jeune Élie Nafaa est mort de la rage après avoir combattu le virus durant des semaines, contracté suite à la morsure du chien non vacciné de son ami à Chekka. Entre l’indignation suscitée par une pratique récurrente et de moins en moins acceptée et la panique causée par la morsure mortelle d’un chien (même pas errant), le débat autour de cette population canine échappe dorénavant à toute rationalité.

Or la gestion de cette population est une affaire de science et de réglementation, ainsi que l’ont répété hier le directeur général du ministère de l’Agriculture, Louis Lahoud, et Lana el-Khalil, présidente de l’association Animals Lebanon (AL), au cours d’une conférence de presse conjointe au ministère. D’autant plus que, selon Jason Mier, directeur exécutif d’AL, une proportion infime de chiens dans le monde serait atteinte de la rage (aucune preuve n’a été apportée qu’un nouvel animal ne l’est actuellement au Liban), une maladie qui peut être contractée par n’importe quel mammifère par ailleurs.
Les interventions étaient axées sur plusieurs points servant autant la sécurité publique que le traitement de la question : l’éducation, l’application de la nouvelle loi sur la protection animale, votée en 2017 (et dont un des chapitres est intitulé « le contrôle de la population de chiens errants ») et les réglementations figurant dans une stratégie du ministère de l’Agriculture et qui doit être prête dans les 36 mois à venir.

Administrativement, M. Lahoud a précisé que la question des animaux errants fait l’objet d’une commission au ministère, en collaboration avec l’Organisation internationale des épizooties (OIE) et les associations, insistant sur la nécessaire coordination entre plusieurs ministères (sans oublier les vétérinaires) pour venir à bout de cette épineuse question. Pour lui, les municipalités ont un rôle prépondérant dans la réglementation des chiens errants. « Tuer ces chiens n’est pas une solution, nous avons des directives claires à ce propos, a-t-il dit. Même si un chien a mordu et contaminé une personne, s’en débarrasser sans la supervision d’un vétérinaire pour une euthanasie en règle prive l’enquête d’éléments importants. » À une question de L’Orient-Le Jour sur les mesures prises en cas d’empoisonnement au Lanet, comme cela a été le cas à Chiyah et ailleurs, M. Lahoud a assuré que la justice sera saisie à chaque fois.



Enregistrer les animaux domestiques
Comment donc régler ce problème de chiens errants ? M. Lahoud a précisé que le ministère s’est pourvu en milliers de vaccins sous forme de boulettes qui peuvent être déposées sur les routes pour être accessibles aux chiens, sachant que ces vaccins seront mis gratuitement à la disposition des municipalités et de propriétaires d’animaux domestiques s’ils le demandent. Des vaccins ont également été déposés près des bois pour atteindre la faune sauvage exposée au virus, depuis début 2018, a-t-il ajouté. Il assure également que les municipalités, du moins les plus grandes, devront créer à terme des chenils afin de recueillir les chiens errants.

Pour mieux combattre le phénomène des chiens errants, il faut tout d’abord comprendre d’où ils viennent. Lana el-Khalil désigne trois coupables principaux : les reproducteurs peu scrupuleux à des fins commerciales, les pet shops non réglementaires et les propriétaires qui abandonnent leurs animaux. « À quoi sert de traiter les symptômes tant qu’on n’a pas été à la source du problème ? dit-elle à L’OLJ. Il convient de prendre des mesures pour réduire le nombre de chiens errants en les empêchant d’arriver à la rue. Pour cela, la loi, dans une future phase d’application, prévoit que les animaux domestiques doivent être enregistrés et dotés de micropuces pour les rendre identifiables et améliorer leur traçabilité. »
La militante assure qu’une question aussi complexe que les animaux errants n’a pas de solution simple et doit faire l’objet d’une stratégie qui prévoit des solutions pour les différents besoins des municipalités. « Mais cela prendra du temps », insiste-t-elle.

Quoi qu’il en soit, il faut se souvenir qu’un chien errant n’est en rien synonyme d’animal atteint de la rage, et que la panique n’a jamais été bonne conseillère.



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