Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé mercredi soir que le désaccord portant sur la formation du gouvernement portait sur "la part des FL et du parti socialiste progressiste". Photo Ani.
Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé mercredi soir que le désaccord concernant la formation du gouvernement portait sur "la part des FL et du Parti socialiste progressiste" et qu'il n'était au courant "d'aucun autre obstacle". Lors d'une émission télévisée, M. Geagea a décrit le différend portant sur le gouvernement comme des "calculs d'épicier", tout en affirmant que le problème était "interne et non externe".
Le chef des FL a également indiqué avoir conseillé au Premier ministre, Saad Hariri, désigné le 24 mai pour former le futur gouvernement, de "proposer une première mouture au président Michel Aoun". "Chose qu'il a refusé de faire avant de se mettre d'accord avec le président, a-t-il dit. Si j'étais à sa place je n'aurais pas agi de cette façon, j'aurais fait une proposition au chef de l'Etat".
Toujours sur la question du gouvernement, M. Geagea a affirmé que le "Hezbollah n'avait pas d'objection à ce que les FL détiennent un portefeuille régalien". "La question est soumise à l'accord du Premier ministre désigné et du président de la République". a-t-il noté. M. Geagea a toutefois accusé lors de l'émission le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, de s'opposer à ce que les FL obtiennent un portefeuille régalien.
Concernant la part des FL au sein du futur cabinet, Samir Geagea a souligné que "selon l'accord de Meerab (conclu avec le CPL et qui avait permis l'accession de Michel Aoun à la tête de la République), les FL et leurs alliés devaient bénéficier de 6 portefeuilles ministériels, mais certains ne veulent pas respecter cela". "D'après Gebran Bassil, le poids politique des FL est de 31%, ce qui voudrait dire que notre part est de cinq ministres, mais M. Bassil n'est pas non plus satisfait de cela et il empêche la formation du gouvernement en s'appuyant sur la signature du chef de l'Etat", a affirmé le chef des FL.
Et de poursuivre : "Si on part du principe d'un portefeuille ministériel pour 4 députés, alors il ne faut pas négliger le fait que le bloc parlementaire du 'Liban fort' est le bloc du mandat et qu'il a conduit les législatives sur cette base et que sa part est de sept ministres. En ce qui nous concerne, nous devons obtenir 4 portefeuilles et les autres seront distribués aux autres formations. Or ils ne veulent appliquer cette formule (du un pour 4) qu'aux FL et refusent de considérer que le nombre des députés membres du CPL est de 17 ou 18, alors que le bloc du 'Liban fort' est en fait le bloc du CPL et de la présidence".
En ce qui concerne la répartition des portefeuilles, le leader maronite a souligné que "dans le cas où les FL ont quatre ministres, il faut qu'un de ces portefeuilles soit un ministère d'Etat. Sauf que Saad Hariri nous a proposé d'avoir quatre grands portefeuilles, afin que nous renoncions à un portefeuille régalien". "Nous avons accepté afin de faciliter la formation du gouvernement mais le CPL refuse de nous donner quatre portefeuilles".
Samir Geagea a par la suite affirmé qu'il ne pouvait y avoir de gouvernement sans son parti. "Les pays donateurs qui ont participé à la CEDRE sont rassurés par la présence des FL au gouvernement", a-t-il indiqué. Lors de cette conférence qui s'était tenue à Paris en avril dernier, la communauté internationale s’était engagée à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars, dont plus de 9 milliards de prêts à des taux bonifiés, et 860 millions de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts.
M. Geagea a par ailleurs indiqué que "la position des FL en ce qui concerne les réfugiés est similaire à celle du chef du CPL dans le fond". "Mais le fait que ce dernier prenne des initiatives à grande échelle court-circuite les prérogatives du Premier ministre désigné", a souligné M. Geagea. Le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, s’est formellement invité lundi dans le travail de mise en œuvre de l’initiative russe pour le retour des réfugiés. Il a été reçu à cette fin à Moscou par son homologue russe Sergueï Lavrov, en présence des deux délégations russe et libanaise – une visite dont Saad Hariri n’aurait pas été notifié officiellement par le ministre sortant, avaient confié les milieux du courant du Futur à L’Orient-Le Jour.
"Nous nous entendons avec le président Michel Aoun sur toutes les grandes politiques nationales, a également assuré M. Geagea. Le président de la République est le chef de l'Etat, il n'est pas le chef du CPL. Ils essaient de le diminuer pour qu'il soit le chef d'un petit parti au lieu d'être le président du grand Liban".
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21 h 39, le 23 août 2018