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Liban

Amateurs de randonnée et de fêtes foraines, cap sur Dhour Choueir !

Que faire ce week-end
10/08/2018

Si vous aimez les escapades dans la nature verdoyante pour profiter de l’air pur et frais de la montagne, et si dans le même temps vous êtes fans de l’atmosphère qu’offrent les festivals et les fêtes foraines dans les villages, votre destination est toute trouvée pour ce week-end : cap sur Dhour Choueir, une bourgade nichée aux confins du Mont-Liban, au Metn-Nord, à 1 200 mètres d’altitude et à une trentaine de kilomètres de Beyrouth.

Cette localité, accessible en empruntant la route de Bickfaya à partir d’Antélias, respire le bien-être et la sérénité. Depuis plusieurs années, elle organise son traditionnel Festival des émigrés. Aujourd’hui, vendredi, et demain, samedi, une soirée de dégustation de vin est prévue à partir de 20 heures, sur fond de concert musical (entrée libre). Elle sera suivie dimanche après-midi, à partir de 14 heures, d’une course à bicyclette dans les espaces forestiers de la localité. Une soirée de musique orientale suivra à 20 heures devant l’église Mar Abda.

L’une des pinèdes les plus importantes du Liban
Mais pour ceux qui préfèrent le calme et la sérénité des grands espaces verts, une randonnée à l’ombre de la forêt de pins permet de serpenter les quelques kilomètres de descente qui mènent de Choueir à Dhour, les deux zones du village : « Dhour » signifiant le « dos », et « Choueir », la vallée. « En syriaque, “choro” signifie muraille. Dhour est le pluriel de “dahr”, c’est-à-dire colline, en référence aux sept collines qui encerclent le village. Dans le temps, le village s’appelait Merhata, c’est-à-dire courant d’air », explique Nisrine Ataya Bou Zeid, chargée de la communication et des activités à la municipalité de Dhour Choueir. Les espaces verts qui font la fierté du lieu ont conduit le conseil municipal à aménager, dès 2010 et avec la coopération de l’armée, des sentiers pour les amoureux de randonnée. Sur le flanc de la montagne, les constructions sont formellement interdites, ce qui préserve le village de l’urbanisation sauvage. Tapissé de sable par endroits, le chemin balisé et bien délimité traverse l’une des pinèdes les plus importantes du Liban. Introduits au XIXe siècle par les Ottomans, les pins de Choueir constituaient jadis une source de bois considérable. « Gare à celui qui ne plantait pas de pins, il voyait son jardin confisqué ! » explique Habib Khalil Moujaès, président du conseil municipal du village. Dhour Choueir abrite aussi le plus grand sapin du monde arabe qui, à chaque fête de Noël, se pare de mille feux (250 000 lampes).

Jusqu’au début du XXe siècle, le village était également connu pour sa fabrication ancestrale de soie. « La soie a été introduite par l’émir Bachir Chéhab II au XIXe siècle, relève M. Moujaès. Nous avions des terrasses de framboisiers partout où étaient déposés des vers à soie. Malheureusement, avec le monopole chinois, la fabrique a dû fermer, mais nous projetons de relancer l’activité. »




La ville des artisans
L’histoire de Dhour Choueir remonte au VIIIe siècle. Les maisons en pierre aux toits en tuiles rouges et aux triples arcades, caractéristiques de l’architecture libanaise traditionnelle, témoignent de ce passé ancien. Même les nouvelles bâtisses sont pour la plupart érigées avec le savoir-faire et les pierres d’antan. « Les Choueiriotes maîtrisaient la ferronnerie, assure le président de la municipalité. « Ils étaient réputés pour la fabrication des épées et des boucliers, ce qui leur a permis de développer les outils nécessaires pour tailler la pierre ». Un art qui les a menés aux quatre coins du pays... jusqu’à Beiteddine. La population de la région étant exclusivement chrétienne, de nombreux lieux saints chrétiens parsèment le périmètre. Les couvents Saint-Jean-el-Sayegh et Saint-Élie sont réputés pour leurs manuscrits du XVIIe siècle, date de création d’une des premières imprimeries du pays. L’église Notre-Dame des Lamentations vieille de près de 500 ans (elle a été bâtie en 1525), dont le clocher était l’un des plus grands de toute la région englobant le Liban et la Syrie, renferme un chêne du même âge. Une fois sur les lieux, il ne faut surtout pas manquer d’admirer le chir, la muraille en pierres qui a donné au village son nom.

La promenade reste toutefois incomplète sans un détour du côté du célèbre hôtel Kassouf, l’un des plus importants hôtels du Liban d’avant-guerre, qui avait accueilli rois, princes et grands artistes arabes comme Oum Kalsoum, Mohammad Abdel Wahab et tant d’autres. Déserté depuis, l’hôtel se prépare à reprendre vie grâce à un investissement de plus de 30 millions de dollars.

Chaque année, le festival de Dhour Choueir est clôturé par l’élection de Miss Émigrés. « Près de 50 % de notre population ont quitté le village pendant la guerre. Moi-même je suis parti aux États-Unis pendant près de vingt ans, mais je suis revenu », confie le président du conseil municipal. Dhour Choueir, l’un des points de départ pour l’exil, est donc aussi une terre de retour. « Nous sommes “accros” à notre village », souligne avec enthousiasme Nisrine Ataya Bou Zeid.



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Stes David

Ca a l'air très beau et intéressant; le 'chir', la muraille en pierres qui a donné au village son nom - Choueir ; ce qui est aussi intéressant c'est que pinèdes sont rélativement nouveaux du XIXe siècle donc je me demande quels arbres il y avait avant - si j'ai bien compris le pin parasol ou pin pignon est en fait une importation italienne ottomane et non pas indigène donc.

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