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Liban

A Tyr, un projet d’élargissement de la corniche sud suscite l’opposition

Liban

Le conseil municipal assure qu’il « n’imposera rien aux habitants de la ville ».

Nada MERHI | OLJ
03/08/2018

Un projet prévu sur la corniche sud de la ville de Tyr, au Liban-Sud, suscite l’hostilité, notamment chez les écologistes. Celui-ci consiste à élargir la promenade dans cette zone, qui passera de 2,5 mètres à 5 mètres, « pour aménager une voie à l’intention des personnes désireuses de faire du jogging ou de la marche », explique à L’Orient-Le Jour Salah Sabraoui, vice-président du conseil municipal de Tyr. « Ce projet est d’autant plus important que cette corniche est très prisée, poursuit-il. Les samedis après-midi, elle est transformée en une zone piétonne et accueille de ce fait entre 12 000 et 15 000 promeneurs. »
Tout a commencé, selon lui, « lorsque Nawaf Moussaoui (député du Hezbollah) a découvert que nous avons présenté au Conseil du développement et de la reconstruction un projet pour l’élargissement de la corniche sud de la ville de Tyr ». La colère des habitants de Tyr a monté d’un cran « à la suite d’une information publiée par le site électronique yasour.org selon laquelle le conseil municipal aurait autorisé une compagnie française à construire une plage privée dans la région de Jamal », poursuit-il.
 « Toutes ces rumeurs sont infondées », insiste M. Sabraoui, soulignant que plusieurs paillottes ont été érigées dans cette région. « Or l’eau usée est déversée directement dans la mer, constate-t-il. Nous avons présenté un projet auprès du CDR et de la Banque mondiale pour construire des stations d’épuration des eaux usées pour préserver le littoral. » Ce qui a été confirmé par des sources proches du projet.

Impacts culturel et environnemental
Les écologistes qui contestent l’élargissement de la corniche affirment que « ce projet aura des répercussions sur les plans culturel et écologique, d’autant qu’il nécessite le remblaiement d’au moins sept mètres de la plage, ce qui a déjà été fait sur deux étapes dans les années 1990 et au début des années 2000 dans le cadre des travaux de construction sur le site », comme le souligne à L’OLJ Hicham Younès, président de l’association Green Southern.
 « La ville de Tyr compte un grand nombre de sites archéologiques et patrimoniaux régis par la Convention pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel de l’Unesco, poursuit-il. Plusieurs sites archéologiques de la ville sont également considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle, selon l’Unesco. De plus, Tyr est classée depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. »
M. Younès précise que conformément à cette convention, « tout projet qui doit être entrepris dans la ville doit être précédé d’une étude d’impact patrimonial ». « De plus, selon le comité de l’Unesco chargé de contrôler l’état de conservation des sites patrimoniaux, le littoral de Tyr doit être protégé par une zone maritime, d’autant que la ville est une presqu’île, ajoute-t-il. Or ce projet constitue une violation à ces normes, d’autant que cette corniche est un prolongement du port phénicien dit le port égyptien, sachant que la mer de Tyr renferme des vestiges archéologiques qui ont été enfouis dans l’eau lors du tsunami qui a frappé le Liban au VIe siècle. »
Sur le plan environnemental, « ce site est un prolongement d’un côté de la réserve naturelle de la plage de Tyr et d’un autre côté de la région de Jamal (pic de la presqu’île) », note M. Younès. « C’est un site riche en biodiversité et qui constitue un habitat des tortues de mer qui sont menacées d’extinction, déplore-t-il. Conformément à la loi 444 pour la protection de l’environnement, tout projet qui doit être mené dans cette zone doit être accompagné d’une étude d’impact environnemental. Nous ignorons si de telles études ont été effectuées. Au cas où elles existent, nous aimerions les consulter. »
 « Ces études ont été menées, affirme M. Sabraoui. Le conseil municipal est prêt à répondre aux interrogations de tout le monde. Nous n’imposerons rien aux habitants de la ville. » Et de conclure : « La ville fait l’objet d’une campagne diffamatoire. Nous avons demandé au président du conseil municipal de tenir une conférence de presse pour tirer au clair toutes ces rumeurs. »


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gaby sioufi

ca pue ,et pas seulement le deversement des eaux sales !
les libanais du sud n'y sont pas encore aussi habitues que ceux de la capitale par ex.

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