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Liban

Déchets : le centre de tri de Bickfaya partage son expérience avec d’autres municipalités

Déchets

Le tri et le traitement sont effectués dans le village depuis 2015, non sans défis constants à relever.

S. B. | OLJ
02/08/2018

Alors que le sujet des déchets ménagers revient au centre de l’actualité, notamment avec la quasi-certitude d’une sursaturation prochaine des deux décharges gouvernementales, le centre de tri et traitement Bi-Clean de Bickfaya a reçu hier des visiteurs intéressés à voir de plus près l’expérience du village en matière de tri et de traitement. Ces représentants de municipalités du Sud et certaines du Mont-Liban ont été conviés à cette tournée par l’ONG Acted en vue de s’enquérir de cette expérience municipale qui est l’une des plus réussies et durables sur le territoire entreprise depuis 2015.

Nicole Gemayel, présidente du conseil municipal de Bickfaya, relate ce parcours en dents de scie qui dure depuis la crise des déchets. « Nous sommes un centre avec 0 technologie, le tri des déchets se fait manuellement », explique-t-elle. Les déchets recyclables sont vendus intégralement. Quant aux matières organiques, elles ne sont pas soumises à un compostage traditionnel, étant donné la présence du centre dans un quartier résidentiel. « Nous sommes obligés de les hacher et de les mélanger à de la terre, dit-elle. De ce fait, nous les utilisons nous-mêmes, nous n’avons pas la possibilité de les vendre étant donné qu’elles sont mélangées à de la terre. »
Outre les recyclables et les matières organiques qui composent environ 60 % des déchets arrivant à l’usine, ce qu’on appelle les déchets ultimes, qu’il n’est plus possible de traiter ou recycler, est envoyé par la municipalité à l’usine de recyclage Sicomo. Celle-ci possède dans la Békaa une usine de « Waste to Energy » fonctionnant suivant une technologie hybride d’incinération et de gazéification anaérobie (absence d’oxygène). « Après cela, il n’y a plus de déchets dans le centre », souligne-t-elle.
Si ce centre fonctionne, c’est qu’un système de tri avec trois sacs est généralisé dans tout le village, et la collecte se fait séparément, d’où le fait que les déchets arrivent au centre non pollués, selon la présidente de municipalité.


(Lire aussi : « Il n’y aura pas d’incinérateurs, alors réfléchissez aux alternatives », lance Paula Yacoubian)



Un défi permanent
Toutefois, les choses n’ont pas toujours été faciles et ne le sont toujours pas. En 2015, en pleine crise, le tri a commencé sous une bâche, avant que le centre ne soit créé. « Nous ne sommes pas soutenus par l’État et en même temps nous ne sommes pas des experts, nous avons donc dû apprendre sur le tas, souligne Mme Gemayel. Et nous avons connu de multiples problèmes. Les matières organiques étaient d’abord envoyées dans des fermes d’animaux, qui ont décidé du jour au lendemain de ne plus les accueillir, non pour des raisons liées à leur qualité, mais pour une cause qui nous est inconnue. Nous avons ensuite décidé de les envoyer dans la Békaa, avant que cette voie ne se ferme elle aussi, d’où notre solution actuelle appliquée au sein même du centre. Dernièrement, nous avons découvert que de nombreux déchets hospitaliers finissaient chez nous, et il nous a fallu contacter l’ONG Arcenciel qui nous a envoyé des caisses spéciales pour les isoler. C’est un défi permanent. »

La tâche n’est pas facile, certes, mais la municipalité de Bickfaya a choisi de prendre les choses en main conformément à son rôle d’autorité locale, ce que tant d’autres ne remplissent pas. Selon Mme Gemayel, ces représentants de municipalité qui ont visité le centre hier et les autres qui s’y rendront aujourd’hui sont loin d’être les premiers, il y a eu plus de 150 autres par le passé, mais ont-ils pu ou su mettre en place un système de tri chez eux ?
Elle estime que l’exemple de son village peut être reproduit ailleurs, avec des variantes pour les grandes agglomérations bien sûr, qui ne peuvent compter sur un système simplement manuel. Elle plaide cependant pour un environnement où les autorités apporteront les solutions espérées afin de rendre ce genre de projets plus durable.

S. B.


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Irene Said

"...nous ne sommes pas soutenus paar l'Etat...nous avons dû apprendre sur le tas..."

(Ben oui, l'Etat est là pour soutenir ses copains et leurs intérêts personnels, nous les savons tous !)

Bon, en ce qui concerne cette formidable Municipalité de Bickfaya, c'est exactement ce que devraient faire toutes les autres municipalités:
apprendre petit à petit, "sur le tas", car chaque cas est différent.

Un grand B R A V O !

et bon courage et continuation à la Municipalité de Bickfaya
Irène Saïd


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