Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei et des drapeaux du Hezbollah tenus par des participantes à un rassemblement en mémoire du guide suprême iranien assassiné, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 8 juillet 2026. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
« Plus aucun avion n'atterrira à Beyrouth, et plus aucun ambassadeur ne restera au Liban ». Cette menace, lancée par le vice-président du bureau politique du Hezbollah Mahmoud Comati, qui critiquait dans un entretien télévisé les mesures prises par le Liban à l'encontre de l'Iran, a provoqué des réactions parmi les opposants au parti chiite. Les tensions s'étaient tendues depuis 2025 entre Beyrouth et Téhéran, avec l'arrivée au pouvoir du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam. La diplomatie libanaise accuse régulièrement la République islamique d'ingérence, en raison de son refus catégorique de tout désarmement du Hezbollah. Des mesures renforcées avaient ensuite été prises en mars 2026, après la reprise de la guerre par le parti chiite et les frappes israéliennes visant notamment des représentants des gardiens de la révolution présents au Liban.
Au cours d'un programme de la chaîne al-Manar, organe du Hezbollah, M. Comati avait critiqué l'interdiction depuis février 2025 de tout survol du Liban par les avions iraniens, et celle datant de mars 2026 d'imposer des visas aux ressortissants de ce pays. Il avait dénoncé des dispositions « inacceptables » et exigé que le gouvernement libanais revienne dessus rapidement. Il a aussi critiqué la décision du ministère des Affaires étrangères de déclarer l'ambassadeur d'Iran persona non grata. « Les autorités doivent comprendre : nous pouvons patienter, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée », a affirmé le responsable partisan.
Des mesures « pacifiques »
Sinon, « il existe de nombreux moyens, pacifiques à notre disposition, et plus aucun avion n'atterrira à Beyrouth et plus aucun ambassadeur ne restera au Liban », a-t-il lancé, tout en insistant sur « l'aspect pacifique » des mesures que pourrait envisager le Hezbollah. « Qu'ils se réconcilient avec l'Iran et rétablissent les relations, et comme avec n'importe quel autre pays, inspectent les avions » en provenance d'Iran, a-t-il réclamé, appelant la Sûreté générale à prendre les mesures nécessaires. « Lorsqu'on disait que nous contrôlions l'État, avons-nous utilisé le ministère des Affaires étrangères ou mobilisé l'État contre un autre pays ? Nous ne l'avons jamais fait, car nous respectons les autres. Eux, en revanche, ne respectent personne », a martelé Mahmoud Comati.
En réaction, Charles Jabbour, porte-parole des Forces libanaises, frontalement opposées au Hezbollah, a écrit sur X que « ce qui est attendu des autorités libanaises, c'est qu'elles mettent l'ambassade d'Iran sous scellés ». « L'Iran, à travers son soutien et son armement du Hezbollah au Liban, porte atteinte à la souveraineté du pays. L'Iran est un État ennemi », a-t-il ajouté. Pour sa part, le député Mark Daou, issu de la contestation et également connu pour son opposition au parti pro-iranien, a ironisé en soulignant que le Hezbollah n'a plus autant d'influence qu'auparavant, et en rappelant que « les affiches installées sur la route de l'aéroport ne tiennent que quelques heures. »
Le Hezbollah a menacé à plusieurs reprises ces dernières semaines le gouvernement libanais, qui a signé avec l’État hébreu un « accord-cadre » visant à mettre un terme aux attaques israéliennes et obtenir un retrait des troupes du Liban-Sud. Après avoir fait allusion à un recours possible à la rue et menacé le gouvernement Salam, le parti chiite avait par la suite nuancé ses avertissements, sous l'impulsion probable du président de la Chambre Nabih Berry, affirmant qu'il considérait l'accord comme étant « nul et non-avenu » et qu'il ne méritait pas d'agiter la situation intérieure. L'accord prévoit notamment un retrait israélien de « zones pilotes » au Liban-Sud, où se déploierait progressivement l'armée libanaise en vue démanteler les infrastructures militaires locales du Hezbollah, comme cela a été entamé lundi.




Le chien qui aboit ne mord pas , Yala choucher
15 h 49, le 21 juillet 2026