Des soldats de l’armée libanaise inspectent le site de l’explosion qui a visé leur véhicule dans la localité de Mansouri, près de Tyr, dans le sud du Liban, le 18 juillet 2026. Photo Kawnat Haju/AFP
En pleine visite historique du président libanais Joseph Aoun à Washington, le département d’État américain a annoncé lundi le lancement des « opérations » dans trois « zones pilotes » : Froun, Srifa et Zaoutar el-Gharbiyé. Il s’agit du premier test de l’accord visant à obtenir le retrait de l’armée israélienne du Liban-Sud et le désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise.
Selon le département d’État, ces opérations sont menées « sous l’égide du Groupe de coordination militaire pour le Liban », une entité dont la création est prévue par l’annexe sécuritaire de l’accord-cadre conclu fin juin entre Beyrouth et Tel-Aviv sous médiation américaine. Conformément à ce texte, l’armée libanaise doit, dans ces « zones pilotes », « prendre les mesures opérationnelles nécessaires pour assurer le désarmement du Hezbollah et de tous les autres groupes armés non étatiques ». Dans une volonté claire de dissocier le dossier libanais de l’influence iranienne, le communiqué indique que ce développement est une « conséquence directe des discussions de la semaine passée entre Israël et le Liban à Rome », la sixième session menée entre les deux pays sous l’égide de Washington depuis avril.
Zaoutar el-Gharbiyé au centre de l’attention, Kfartebnit ciblée
Cependant, l’armée libanaise ne s’est pas encore déployée à Zaoutar el-Gharbiyé (caza de Nabatiyé), qui, contrairement à Froun (Bint Jbeil) et Srifa (caza de Tyr), fait partie de la « zone tampon » unilatéralement instaurée et occupée par Israël au Liban-Sud.
Dans un communiqué publié en soirée, l’armée libanaise a affirmé « poursuivre l’exécution de ses missions dans les régions du Sud, notamment dans les localités de Froun et de Srifa ». Selon nos informations, l’administration américaine juge le village de Srifa stratégique, car il abriterait des dépôts d’armes importants du Hezbollah. La troupe a toutefois indiqué mener des « discussions avec le Groupe de coordination militaire pour le Liban afin de permettre le début du déploiement de l’armée libanaise dans la localité de Zaoutar el-Gharbiyé, après le retrait de l’armée israélienne ». « En conséquence, le commandement de l’armée appelle les citoyens à ne pas se rendre à Zaoutar al-Gharbiyé et à se conformer aux instructions des unités militaires déployées, afin de préserver leur sécurité », conclut le message de la troupe.
De son côté, citant une source israélienne et une autre au fait du dossier, le quotidien israélien Haaretz a affirmé que l’armée israélienne était « en train de se retirer de l’un des trois villages libanais mentionnés par le département d’État américain », sans préciser lequel. « Aucun soldat » israélien ne se trouvait dans les deux autres villages, mais l’armée israélienne y exerçait un « contrôle par le renseignement » au moyen de drones de surveillance, précisent les sources.
Le président du conseil municipal, Abdel Ezzeddine, a affirmé, peu avant la publication du communiqué de l’armée libanaise, à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, n’avoir reçu, à ce stade, « aucune notification officielle concernant un déploiement de l’armée libanaise » dans la localité. Plus encore, il relate des attaques israéliennes contre la localité. Selon lui, les soldats restent positionnés aux abords du village et y pénètrent ponctuellement, procédant « à des pillages, à des destructions par l’explosif et à l’incendie d’habitations, avant de se replier hors de la localité ». Il ajoute que le village est également visé par des opérations de ratissage et des tirs d’armes automatiques.
Zaoutar el-Gharbiyé reste accessible à l’armée israélienne depuis Zaoutar el-Charqiyé, qui est toujours occupée par ses forces. Cette dernière considère cet axe comme sa principale voie de ravitaillement vers les positions qu’elle occupe dans la région de Nabatiyé, notamment à Arnoun et Yohmor, ainsi que vers l’axe logistique menant à la colline de Ali el-Taher.
En outre, dans la même région de Nabatiyé, l’armée israélienne a provoqué lundi à Kfartebnit, ainsi que dans ses environs, cinq fortes détonations. Les explosions ont été menées dans différents secteurs du village et se sont succédé pendant une trentaine de minutes. L’armée israélienne a également tiré quatre obus d’artillerie en direction de cette localité. Et un peu plus tard, elle y a incendié des habitations. Elle y avait déjà procédé à des détonations dans la matinée ainsi que pendant la nuit précédente. Par ailleurs, de petits drones israéliens ont largué des grenades assourdissantes dans la plaine de Khiam (caza de Marjeyoun) et au-dessus de Mansouri (caza de Tyr). Et l’armée israélienne a procédé à une importante explosion dans le village de Taybé (caza de Marjeyoun).



Israël veut le déploiement de la troupe , alors que le hezbollah que certains prennent pour Libanais, s’y est toujours opposé ! De quoi être certain que le voisin est bien moins pire que naïm et sa bande.
07 h 00, le 21 juillet 2026