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À La Une - Polémique

Employés de maison étrangers : une blogueuse koweïtienne estime ne pas avoir à s'excuser

"J'ai le droit en tant que kafil (sponsor) de garder le passeport de mon employé. J'en suis responsable après avoir payé une caution qui peut atteindre les 1.500 dinars", insiste Sondos al-Qattan, célèbre pour ses tutoriels de maquillage sur Internet.

La blogueuse koweïtienne Sondos al-Qattan. Capture d'écran Twitter

Une star koweïtienne des réseaux sociaux a maintenu lundi auprès de l'AFP sa position controversée contre l'amélioration des conditions des Philippins employés dans son pays.
Sondos al-Qattan, célèbre pour ses tutoriels de maquillage sur Internet, s'était opposée dans une vidéo postée sur Instagram aux décisions prises en mai pour améliorer les conditions des quelque 262.000 Philippins travaillant au Koweït, une position qui a créé la polémique. Selon elle, la vague d'indignation provoquée sur le réseau social, où elle est suivie par plus de 2,3 millions de personnes, est "injustifiée" et elle n'a pas à s'en "excuser".



Dans la vidéo postée sur Instagram, Sondos al-Qattan déclarait notamment : "Hormis le fait qu'il faut leur donner une pause toutes les cinq heures, ce qui est normal, comment peut-on avoir une servante à la maison qui peut garder son passeport ? Dans quel monde vit-on ? Et si elle s'enfuit et rentre dans son pays, qui va me rembourser ?". "Et en plus elles ont droit à un jour de congé par semaine ? Qu'est-ce qu'il nous reste ? Sincèrement, avec ce contrat, je ne veux plus prendre de bonne philippine, renchérissait-elle. Elle ne travaillerait que six jours par semaine et aurait quatre jours de congé par mois !"


"Tout ce que j'ai dit, c'est que l'employeur était en droit de garder le passeport de l'employé. Et de nombreux Koweïtiens et ressortissants du Golfe sont d'accord avec moi", a affirmé la jeune femme à l'AFP par téléphone après la polémique. "Je n'ai pas fauté, je suis convaincue de ma position et je n'ai fait de mal à personne", a-t-elle assuré. "J'ai le droit en tant que kafil (sponsor) de garder le passeport de mon employé. J'en suis responsable après avoir payé une caution qui peut atteindre les 1.500 dinars (environ 4.200 euros)", a insisté Mme Qattan. Selon elle, ces pratiques "ne portent pas atteinte à la dignité de l'employé et n'ont rien à voir avec l'humanisme ni les droits de l'Homme, du moment que le salaire de cet employé n'est pas retenu et qu'il n'est pas battu".

Le 11 mai, Koweït et Manille ont signé, au terme d'une crise diplomatique, un accord encadrant le travail des employés de maison qui peuvent désormais bénéficier d'un jour de repos hebdomadaire, garder leurs passeports et recourir à l'aide des autorités de Manille si nécessaire.

En février, une grave crise diplomatique avait éclaté entre le Koweït et les Philippines, après le meurtre d'une employée de maison philippine dont le corps avait été trouvé dans le congélateur de son employeur dans cet émirat du Golfe. Le président philippin Rodrigo Duterte avait alors accusé les employeurs koweïtiens de violer régulièrement leurs employées de maison philippines, de les forcer à travailler 21 heures par jour et de les sous-alimenter. La crise avait semblé s'apaiser quand la justice koweïtienne avait condamné à mort par contumace un Libanais et son épouse syrienne pour le meurtre de Joanna Demafelis. M. Duterte avait alors exprimé l'intention de se rendre au Koweït. Puis, en avril, le Koweït avait ordonné l'expulsion de l'ambassadeur des Philippines et rappelé son ambassadeur à Manille, après la diffusion de vidéos montrant des équipes de l'ambassade philippine en train d'organiser la fuite d'employées de maison des résidences de leurs employeurs soupçonnés de les maltraiter. M. Duterte avait alors interdit à ses concitoyens d'aller travailler au Koweït.  Le 16 mai, les Philippines ont levé l'interdiction pour leurs ressortissants d'aller travailler au Koweït, mettant fin à cette crise diplomatique. Cette mesure est intervenue après la signature le 11 mai entre les deux pays d'un accord réglementant le travail des immigrés philippins qui travaillent au Koweït et leur accordant des protections.

Environ 262 000 Philippins travaillent au Koweït, dont près de 60% comme employés de maison, selon le ministère philippin des Affaires étrangères. Des groupes de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement les conditions de travail dans le Golfe, où sont employés plus de deux millions de Philippins.


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Une star koweïtienne des réseaux sociaux a maintenu lundi auprès de l'AFP sa position controversée contre l'amélioration des conditions des Philippins employés dans son pays.Sondos al-Qattan, célèbre pour ses tutoriels de maquillage sur Internet, s'était opposée dans une vidéo postée sur Instagram aux décisions prises en mai pour améliorer les conditions des quelque 262.000...
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La notion fondamentale dans les études de l’électricité c’est la différence de potentiel. Chez les humains c’est aussi vraie ; le potentiel négatif et fortement ressenti quand une personne économiquement faible baignant dans un milieu riche et aisé. La même personne avec le même potentiel qui se trouve dans un milieu plus pauvre, va ressentir un potentiel positif. C’est le cas de tous les travailleurs émigrés venant d’un pays pauvre dans un pays riche. D’où toute la problématique de l’émigration. Inversement la volonté de la plupart des expatriés venant des pays riches dans les pays où leur ressenti d’un puissant pouvoir d’achat, de vouloir y rester.

DAMMOUS Hanna

10 h 57, le 24 juillet 2018

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Commentaires (1)

  • La notion fondamentale dans les études de l’électricité c’est la différence de potentiel. Chez les humains c’est aussi vraie ; le potentiel négatif et fortement ressenti quand une personne économiquement faible baignant dans un milieu riche et aisé. La même personne avec le même potentiel qui se trouve dans un milieu plus pauvre, va ressentir un potentiel positif. C’est le cas de tous les travailleurs émigrés venant d’un pays pauvre dans un pays riche. D’où toute la problématique de l’émigration. Inversement la volonté de la plupart des expatriés venant des pays riches dans les pays où leur ressenti d’un puissant pouvoir d’achat, de vouloir y rester.

    DAMMOUS Hanna

    10 h 57, le 24 juillet 2018

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