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Une blogueuse koweïtienne sous le feu des critiques pour des propos "esclavagistes"

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Des internautes dénoncent le racisme de Sondos al-Qattan et appellent au boycott de ses vidéos.

OLJ
20/07/2018

Une blogueuse koweïtienne, réputée pour ses vidéos de maquillage, a provoqué des remous vendredi sur la toile, non pas pour ses astuces esthétiques mais pour ses commentaires concernant la nouvelle loi encadrant le travail des employées de maison étrangères. Ce texte a été adopté en mai dernier après la grave crise diplomatique ayant opposé les Philippines au Koweït suite au meurtre d'une ressortissante philippine par ses employés. 

Dans une vidéo postée le 14 juillet, la Koweïtienne Sondos al-Qattan s'offusque des nouvelles règles prévues par cette législation, notamment le fait que les employeurs sont désormais obligés d'accorder un jour de congé par semaine aux employées de maison. Elle se plaint de ces "contrats de travail ridicules qu'il faut désormais signer" et du droit accordé aux ressortissantes philippines de garder leur passeport. "Hormis le fait qu'il faut leur donner une pause toutes les cinq heures, ce qui est normal, comment peut-on avoir une servante à la maison qui peut garder son passeport ? Dans quel monde vit-on ? Et si elle s'enfuit et rentre dans son pays, qui va me rembourser ?" s'interroge Mme Qattan dans une vidéo. 

"Et en plus elles ont droit à un jour de congé par semaine ? Qu'est-ce qu'il nous reste ? Sincèrement, avec ce contrat, je ne veux plus prendre de bonne philippine, renchérit-elle. Elle ne travaillerait que six jours par semaine et aurait quatre jours de congé par mois !"


Cette tirade de la blogueuse lui a valu une volée de réactions d'internautes en colère qui ont dénoncé le racisme de ses propos et "l'esclavagisme moderne" que reflète son point de vue. La terminologie utilisée par Mme Qattan dans ses vidéos a également fait l'objet de dizaines de critiques, alors que plusieurs internautes ont appelé au boycott de ses vidéos.



"Les travailleurs domestiques aussi sont parfois débordés. Elle pense vraiment qu'UN JOUR DE CONGÉ par semaine est un problème ? Vous ne pouvez pas vous occuper de vous-même pendant une seule journée ? Quelle honte", a commenté cette internaute.


"Un exemple parfait d'esclavagisme moderne", souligne cet autre internaute.



Prenant Sondos al-Qattan à partie, cet utilisateur lui demande : "Saviez-vous que l'esclavage a été aboli il y a très longtemps ?".


En février, une grave crise diplomatique avait éclaté entre le Koweït et les Philippines, après le meurtre d'une employée de maison philippine dont le corps avait été trouvé dans le congélateur de son employeur dans cet émirat du Golfe. Le président philippin Rodrigo Duterte avait alors accusé les employeurs koweïtiens de violer régulièrement leurs employées de maison philippines, de les forcer à travailler 21 heures par jour et de les sous-alimenter. La crise avait semblé s'apaiser quand la justice koweïtienne avait condamné à mort par contumace un Libanais et son épouse syrienne pour le meurtre de Joanna Demafelis. M. Duterte avait alors exprimé l'intention de se rendre au Koweït. Puis, en avril, le Koweït avait ordonné l'expulsion de l'ambassadeur des Philippines et rappelé son ambassadeur à Manille, après la diffusion de vidéos montrant des équipes de l'ambassade philippine en train d'organiser la fuite d'employées de maison des résidences de leurs employeurs soupçonnés de les maltraiter. M. Duterte avait alors interdit à ses concitoyens d'aller travailler au Koweït.  Le 16 mai, les Philippines ont levé l'interdiction pour leurs ressortissants d'aller travailler au Koweït, mettant fin à cette crise diplomatique. Cette mesure est intervenue après la signature le 11 mai entre les deux pays d'un accord réglementant le travail des immigrés philippins qui travaillent au Koweït et leur accordant des protections.


Environ 262 000 Philippins travaillent au Koweït, dont près de 60% comme employés de maison, selon le ministère philippin des Affaires étrangères. Des groupes de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement les conditions de travail dans le Golfe, où sont employés plus de deux millions de Philippins.


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Liberté de Penser

Qu'elle s'occupe de ses lèvres gonflées et de son tatouage des sourcils plutôt que de débiter ces paroles d'esclavagiste du 21eme siècle.

Talaat Dominique

Elle dit ce qu'elle pense
mais ce n'est pas la seule

Le Faucon Pèlerin

Sandos al-Qattan est mignonne, elle n'a par la tête d'une esclavagiste des temps anciens. Elle est en retard d'un siècle seulement la belle blogueuse.

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