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Aoun : Le Liban n'exerce pas de pression sur les réfugiés syriens

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"Le prochain gouvernement va entreprendre des réformes et lutter contre la corruption, ce qui permettra au Liban de se remettre sur les rails de la croissance économique", a affirmé le chef de l'Etat.

OLJ
29/06/2018

Le président libanais Michel Aoun a assuré vendredi que le Liban, qui accueille plus d'un million de déplacés ayant fui la guerre en Syrie, n'exerçait pas de pression sur les réfugiés syriens installés sur le territoire libanais afin qu'ils retournent chez eux.

"Malgré ses difficultés économiques, le Liban continue à prendre en charge les déplacés syriens, tout en appelant la communauté internationale à faciliter leur retour temporaire dans des zones sûres en Syrie", a déclaré le chef de l'Etat qui a reçu dans la journée à Baabda le secrétaire d'Etat britannique chargé du Proche-Orient, Alistair Burt. "Le retour volontaire de Syriens, même en petit nombre, illustre la volonté de la majorité des déplacés à revenir dans leur pays après avoir obtenu les garanties nécessaires pour leur sécurité", a-t-il ajouté. Niant toute pression exercée sur un retour des réfugiés, M. Aoun a assuré qu'ils reviennent en Syrie de leur plein gré.

Jeudi, un convoi a transporté dans le Qalamoun-Ouest, en Syrie, près de 300 réfugiés syriens installés à Ersal, bourgade sunnite située dans le nord-est de la Békaa qui en accueille 36.000 selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), après avoir reçu l'aval du régime syrien, en présence de soldats de l'armée libanaise, d'agents de la Sûreté générale et de la Croix-rouge libanaise.

Ce retour, annoncé il y a deux semaines, a en effet été à l’origine d’une confrontation sans précédent entre le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil et le HCR. Au début du mois, M. Bassil avait accusé l'agence onusienne d'entraver le retour volontaire des réfugiés syriens dans leur pays, puis gelé les procédures de renouvellement des permis de séjour de ses employés. Le HCR estime pour sa part que tout retour en Syrie est prématuré, mais ne s'oppose pas à des retours volontaires.

Les responsables libanais, notamment le président de la République, appellent depuis plusieurs mois à organiser leur retour vers des zones sûres contrôlées par le régime syrien, sans attendre une solution politique au conflit. Une position réitéré lors la récente visite au Liban de la chancelière allemande Angela Merkel.

En avril, la coopération entre le Liban et Damas avait déjà permis d'assurer le retour de quelque 500 réfugiés syriens et un haut responsable de la sécurité avait évoqué fin mai le prochain départ de "milliers" d'autres.

Si près de 90% des Syriens au Liban souhaitent à terme rentrer chez eux, selon un récent sondage du HCR, l'écrasante majorité est toutefois consciente qu'il faudra attendre en raison de la situation sécuritaire et économique d'un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière ayant fait plus de 350.000 morts.


(Reportage : Rentrer en Syrie ou rester au Liban ? Des réfugiés syriens s’expriment)


Croissance économique
Sur un autre plan, le président Aoun a affirmé qu'il œuvrera avec le prochain gouvernement à "entreprendre des réformes et lutter contre la corruption". "Ceci permettra au Liban de se remettre sur les rails de la croissance économique et de capitaliser sur les décisions prises lors de la conférence dite CEDRE", a-t-il indiqué.

Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, planche depuis plusieurs semaines sur la composition du futur cabinet, mais il est confronté à plusieurs obstacles, dont la part attribuée au Courant patriotique libre et aux Forces libanaises. Dans le cadre de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), tenue le 6 avril à Paris, la communauté internationale s’était engagée à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars, dont plus de 9 milliards de prêts à des taux bonifiés, et 860 millions de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts. Ces aides sont néanmoins conditionnées à la mise en œuvre de réformes par le Liban.

Par ailleurs, le chef de l'Etat a affirmé que le Liban était attaché à la trêve avec Israël et à l'application de la résolution 1701, mais qu'il était dans le même temps tenu de se défendre si Israël s'en prenait à son territoire. Les tensions ont récemment été exacerbées par le litige concernant les ressources pétrolières libanaises offshore et, plus précisément, le bloc maritime 9 de la zone économique exclusive libanaise, dont une partie se trouve dans une zone revendiquée par Israël. 

Jeudi soir, M. Brut avait été reçu par M. Hariri, accompagné de l'ambassadeur britannique au Liban Hugo Shorter, en présence du ministre Ghattas Khoury et du conseiller de Hariri pour les affaires des déplacés, Dr. Nadim Mounla.



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MAIGRE PERFORMANCE QUE LE RETOUR DE 280 REFUGIES SELECTIONNES D,ENTRE 3000 PROPOSES AU REGIME SYRIEN. A CE STADE LE RETOUR DES REFUGIES SYRIENS S,ACHEVERA PEUT-ETRE ET SI TOUT VA BIEN AU SIECLE PROCHAIN !

Irene Said

Merci, Monsieur Michel Aoun !

On vous prend au mot et on attend avec impatience ces réformes et votre lutte contre la corruption, -en attendant un gouvernement
-en attendant que vous sachiez vous entendre sur la composition de celui-ci
-en attendant que vous cessiez de vous chamailler entre vous pour un OUI ou pour un NON
-en attendant que vous cessiez de vouloir contenter tout le monde, ce qui est impossible
-en attendant que vous vous souveniez que vous êtes le chef d'un ETAT INDENPENDANT ET SOUVERAIN qui se nomme le LIBAN, et qui n'a rien à voir avec la Syrie, l'Iran, l'Arabie Séoudite, les USA etc. etc.
Donc, nous Libanais...attendons !
Irène Saïd

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