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En Arabie, un mouvement de modernisation autoritaire

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OLJ/AFP
22/06/2018

L'Arabie saoudite, où le décret royal autorisant les femmes à conduire doit entrer en vigueur le 24 juin, a lancé d'importantes réformes sociétales et économiques, mais une campagne récente de répression contre des militantes des droits de la femme a montré les limites de cette ouverture.

"Détruire l'extrémisme" 
En octobre 2017, le jeune prince héritier Mohammad ben Salmane affirme que son pays va renouer avec un islam "modéré et tolérant". "Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant".

L'Etat moderne saoudien est née au XVIIIe de l'alliance de la dynastie Saoud avec le prédicateur Mohammad Ibn Abdel Wahhab, fondateur du wahhabisme, version rigoriste de l'islam qui régit jusqu'à aujourd'hui le royaume.
Dans les années 1960-1970, l'Arabie saoudite avait connu une période d'importantes réformes, malgré la résistance de milieux religieux conservateurs, avec l'ouverture de l'enseignement aux jeunes filles ou l'introduction de la télévision.
Mais en novembre 1979, un événement secoue la monarchie saoudienne: un groupe de plus de 400 extrémistes islamistes occupent la Grande mosquée de La Mecque, révoltés par l'"immoralité" de la société qui, selon eux, s'occidentalise. L'Arabie saoudite voit alors la montée en puissance de courants religieux extrémistes.


(Lire aussi : Purges, réformes, ruptures : l'Arabie saoudite sous le règne du roi Salmane)


Réformes économiques 
Les réformes sociétales engagées au cours des derniers mois découlent d'un vaste plan lancé en avril 2016 et destiné à diversifier l'économie, trop dépendante du pétrole.
Initié par Mohammad ben Salmane, ce plan, appelé "Vision 2030", prévoit notamment la vente en Bourse d'une partie du géant pétrolier Aramco, ainsi qu'une série de méga-projets : cité de divertissements à Riyad, gigantesque zone de développement présentée comme l'équivalent de la Silicon Valley.

Tourisme 
Riyad annonce le lancement d'un projet touristique consistant à transformer une cinquantaine d'îles de la mer Rouge en stations balnéaires de luxe.
Le prince héritier dévoile en octobre 2017 un méga-projet de zone de développement futuriste dans le nord-ouest du royaume nécessitant des investissements de 500 milliards de dollars.


(Lire aussi : Arabie : un an d'emprise de Mohammad ben Salmane sur le pouvoir)



Divertissement
L'Arabie saoudite prévoit d'investir 64 milliards de dollars (environ 52 mds EUR) dans le divertissement avec notamment des projets de construction de cinémas et d'un opéra. Après des premiers concerts en décembre, les amateurs de musique goûtent au jazz en février 2018 à l'occasion d'un festival, et un opéra attire des foules à l'Université de Riyad.
En avril, le pays accueillait sa toute première "Semaine de la Mode", dans une version réservée à un public féminin. Et pour la première fois depuis 35 ans, des Saoudiens assistent à une séance de cinéma ouverte au grand public à Riyad.

Statut des Saoudiennes
En septembre 2017, l'Arabie saoudite, dernier pays au monde interdisant aux femmes de conduire, annonce qu'elles pourront prendre le volant à compter de juin 2018.
En janvier, celles-ci peuvent pour la première fois assister à un match de football dans un stade.
Les Saoudiennes sont autorisées à créer leurs propres entreprises sans solliciter le consentement d'un tuteur masculin, afin de stimuler le secteur privé.
En février 2018, un des membres de la plus haute instance religieuse du pays estime que les Saoudiennes ne devraient pas être contraintes de porter en public l'abaya, une robe ample destinée à masquer leurs formes. Il s'agit des premiers propos de ce type de la part d'un dignitaire d'un tel rang.
En mai, l'Arabie saoudite adopte une nouvelle loi qui pénalise le harcèlement sexuel.
Mais les femmes sont encore confrontées à de nombreuses restrictions. Elles doivent ainsi obtenir la permission d'un homme de leur famille pour leurs études ou leurs voyages.

Arrestations
En mai, une dizaine de militants, principalement identifiés comme des femmes défendant le droit de conduire et demandant la fin du système de tutelle masculine imposé aux Saoudiennes, sont arrêtés.
Les autorités les accusent d'entretenir des "contacts suspects avec des parties étrangères" et de saper "la sécurité et la stabilité" du royaume.



Lire aussi

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rayelie

c'est très bien, il va falloir du temps certes, mais c'est déjà un grand pas vers l'avant. peu importe les raisons, l'essentiel c'est d'y arriver.

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