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Cinéma, musique : le "soft power" français s'étend au royaume saoudien

Annonce de la première participation du cinéma saoudien au Festival de Cannes et la contribution de Paris au premier orchestre symphonique du royaume ultraconservateur.

OLJ/AFP/Rana MOUSSAOUI
10/04/2018

La France va étendre son "soft power" en Arabie saoudite, avec l'annonce de la première participation du cinéma saoudien au Festival de Cannes et la contribution de Paris au premier orchestre symphonique du royaume ultraconservateur qui mène une offensive de charme auprès de l'Occident.

Au premier jour officiel de la visite à Paris du prince héritier Mohammad ben Salmane, Saoudiens et Français ont multiplié les annonces culturelles, remettant à la fin de l'année les sujets économiques et les signatures de contrats, lors d'une visite du président Emmanuel Macron en Arabie.

Au-delà de ses sphères d'influence traditionnelles - Afrique, Levant -, la France veut s'investir culturellement dans des pays avec qui elle avait peu de rapports culturels : les Emirats arabes unis où elle a inauguré fin 2017 le Louvre d'Abu Dhabi et aujourd'hui le royaume saoudien.

Lundi "a été signé un accord avec l'Opéra de Paris pour aider l'Arabie saoudite dans l'élaboration d'un orchestre national et d'un opéra", a annoncé la ministre française de la Culture Françoise Nyssen aux côtés de son homologue saoudien Awwad al-Awwad. La prestigieuse institution assurera "une mission d'audit des installations musicales", selon un communiqué du ministère, sans toutefois donner de précisions sur l'opéra envisagé.


(Lire aussi : Les Saoudiens goûtent à l'opéra et au jazz)



Formation de jeunes cinéastes  
En février, l'Arabie saoudite, pays régi par une version rigoriste de l'islam, a annoncé des investissements à des milliards de dollars dans des projets de construction de cinémas et d'un opéra. Celui-ci sera construit à Jeddah, grande ville de l'ouest saoudien située en bordure de la mer Rouge.

Riyad, acteur majeur au Proche-Orient, veut resserrer les liens avec Paris après des tensions liées aux crises au Proche-Orient où le royaume est un acteur majeur, et tente de persuader les pays occidentaux en général d'accompagner la modernisation du pays.
"C'est par la culture que les peuples peuvent se comprendre", a affirmé Mme Nyssen.

En plus de la musique, un accord a été signé avec la Femis, la grande école française du cinéma, pour la formation de jeunes professionnels saoudiens du 7e Art, et avec l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) pour la numérisation des archives saoudiennes.
En matière culturelle, la coopération pourrait encore s'élargir, a expliqué Mme Nyssen, soulignant l'importance de la formation des jeunes, "dans un pays où 75% de la population a moins de 30 ans".

Son homologue saoudien s'est dit "très heureux" de ces accords et de cette coopération avec "la France, capitale de la culture et des arts". "Ces accords sont au cœur de la vision 2030 de l'Arabie saoudite (...) pour que la culture devienne un secteur économique à part", a affirmé M. Awwad en référence au programme de MBS visant à diversifier l'économie du royaume.


(Lire aussi : Visite diplomatique et culturelle à Paris pour le prince héritier saoudien)


"Partager les histoires saoudiennes" 
Autre annonce, plus symbolique : la première participation de l'Arabie saoudite au Festival de Cannes, avec notamment une sélection de neufs courts-métrages et l'organisation de rencontres professionnelles dans le cadre de la 71e édition (8-19 mai).

Cette participation permettra au royaume de "nourrir ses talents dans l'industrie du cinéma et de partager des histoires saoudiennes avec le monde", s'est félicité Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, cité dans un communiqué de l'Autorité générale de la Culture saoudienne. Les autorités saoudiennes ont annoncé début mars être prêtes à délivrer des autorisations d'ouverture de salles de cinéma, trois mois après l'annonce de la levée de l'interdiction frappant ce secteur depuis 35 ans dans le royaume.

Un volet archéologique est également au menu de la visite du jeune prince héritier saoudien, qui a dîné dimanche soir avec M. Macron au Louvre : les deux pays doivent signer mardi un accord pour le développement de la région d'Al-Ula (nord-ouest) particulièrement riche en vestiges archéologiques et paysages d'exception et très semblable à la célèbre Pétra en Jordanie. Cet accord, d'une durée de dix ans, prévoit la création d'une agence dédiée sur le modèle de l'agence France Museum, qui a piloté la mise sur pied du Louvre Abu Dhabi.
Les premiers touristes pourraient être accueillis dans la région "d'ici à 3 à 5 ans".

Lire aussi 
Une plainte contre Mohammad ben Salmane déposée en France


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