Ces initiatives qui changent le monde

Piipee, la chasse d’eau... sans eau

Brésil
Gabriel Alves | Folha de São Paulo
16/06/2018

Ezequiel Vedana en était à son quatrième jour de jeûne. C’était en 2010, et cet entrepreneur brésilien avait décidé de ne recommencer à s’alimenter que lorsqu’il aurait eu une brillante idée d’entreprise à créer. Qui aurait pensé que les toilettes seraient sa source d’inspiration ?
Pour Ezequiel Vedana, le jeûne était une quête d’inspiration quasi divine pour ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. Après avoir possédé une société de graphisme, il voulait changer de direction.
Sa révélation ne fut pas religieuse, mais plutôt d’ordre technologique et écolo : elle lui a permis de contribuer à économiser des milliards de litres d’eau qui s’écoulent, littéralement, dans les égouts.

Jusqu’alors, la manière la plus courante de réduire les volumes d’eau utilisés dans les toilettes était d’avoir recours à une chasse d’eau au mécanisme moderne. Les toilettes dites écologiques consomment de trois à six litres par chasse d’eau, contre 10 à 15 pour les toilettes plus anciennes, comme celles avec réservoir en hauteur, actionnées par un cordon.
Ezequiel Vedana estimait néanmoins que les toilettes écologiques ne l’étaient pas assez. L’entrepreneur et ses collègues, dont son épouse Ariane Pelicioli da Rosa, ont donc cherché une solution qui réduirait le gaspillage d’eau de près de 100 %. C’est là qu’est venue l’idée de Piipee.

L’objectif des entrepreneurs était simple : mettre au point un produit qui neutralise l’odeur et la couleur de l’urine, éliminant ainsi la nécessité de s’en débarrasser. De test en test, ils ont abouti à une formule essentiellement naturelle, à base d’extraits de plantes et de bicarbonate de soude.
Il fallait également concevoir un distributeur qui diffuse le produit à chaque passage. Pour des toilettes ordinaires, un simple spray ferait l’affaire, puisque Piipee rafraîchit également l’air. Pour les toilettes d’une entreprise, grande ou moyenne, l’équipe recommande l’installation d’un distributeur dans chaque urinoir et cuvette de W.-C.

Le coût, de 80 ou 85 réaux brésiliens (22 ou 24 dollars), peut sembler élevé. Mais, et c’est le point fort du système, les recharges sont bon marché : 25 réaux pour un demi-litre, 50 réaux pour un litre, 250 réaux pour cinq litres. Chaque utilisation ne consommant qu’un millilitre de produit, le coût unitaire revient à 0,05 réal par chasse d’eau évitée. Cette dernière aurait coûté de 0,06 à 0,35 réal, selon la région et l’infrastructure.


Réduction de la facture d’eau
Prenons une grande entreprise industrielle ou commerciale de 1 000 employés, avec une moyenne de deux chasses d’eau par personne et par jour. En installant Piipee, elle peut économiser jusqu’à 132 000 litres d’eau par mois, soit 2 640 réaux (718 dollars). « Très peu de gens savent combien coûte une chasse d’eau. Peu savent combien de litres d’eau sont utilisés, ou combien ils paient pour chaque litre écoulé chez eux. Quand ils l’apprennent, ils sont stupéfaits », affirme Ezequiel Vedana.
Ainsi, un restaurant de Brasilia qui a testé Piipee a réduit sa facture d’eau de 4 172 à 2 720 réaux en quatre mois. Un tel impact a valu à l’entreprise 12 grands prix internationaux. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a reconnu l’idée comme une innovation climatique mondiale, et le Brésil a présenté le dispositif lors de sommets sur le climat tels que la COP 21 à Paris, en 2015.

Les entreprises pilotes comprennent le pétrochimiste Braskem, partenaire du projet, la banque Itaú, le fabricant d’électroménager Whirlpool, la chaîne de magasins Renner et l’éditeur de magazines Grupo Abril.

La production a débuté selon un système de précommandes, l’entreprise s’engageant à livrer le produit dans les 60 jours. Ezequiel Vedana est fier que le premier lot de distributeurs Piipee ait été fabriqué et livré en 30 jours seulement. Selon ses estimations, le dispositif a déjà permis d’économiser huit millions de litres d’eau.
L’entrepreneur ne souhaite pas révéler le montant des ventes, mais affirme que le chiffre d’affaires de Piipee a presque quadruplé de 2016 à 2017 et que des records devraient être atteints en 2018, si la tendance se confirme. À la recherche de partenaires internationaux, il s’est récemment rendu en Afrique du Sud.

L’entrepreneur prévoit en outre de bientôt vendre Piipee selon un modèle comparable à celui des cosmétiques, avec des représentants indépendants pour commercialiser l’appareil en porte-à-porte.

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Merci.

 

roger abdelnour

Piipee sur pipi , c est du gaspillage d argent.. Pourquoi pas eau de javel qui serait de loin plus economique? Et que faire des germes et des bactéries qui s accumulent dans la la cuve?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE INNOVATION TRES INTERESSANTE ET PROFITABLE AUX CONSOMMATEURS ET TRES ECOLO !

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Piipee, la chasse d’eau... sans eau

Brésil
Gabriel Alves | Folha de São Paulo
16/06/2018

Ezequiel Vedana en était à son quatrième jour de jeûne. C’était en 2010, et cet entrepreneur brésilien avait décidé de ne recommencer à s’alimenter que lorsqu’il aurait eu une brillante idée d’entreprise à créer. Qui aurait pensé que les toilettes seraient sa source d’inspiration ?
Pour Ezequiel Vedana, le jeûne était une quête d’inspiration quasi divine pour ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. Après avoir possédé une société de graphisme, il voulait changer de direction.
Sa révélation ne fut pas religieuse, mais plutôt d’ordre technologique et écolo : elle lui a permis de contribuer à économiser des milliards de litres d’eau qui s’écoulent, littéralement, dans les égouts.

Jusqu’alors, la manière la plus courante de réduire les volumes d’eau utilisés dans les toilettes était d’avoir recours à une chasse d’eau au mécanisme moderne. Les toilettes dites écologiques consomment de trois à six litres par chasse d’eau, contre 10 à 15 pour les toilettes plus anciennes, comme celles avec réservoir en hauteur, actionnées par un cordon.
Ezequiel Vedana estimait néanmoins que les toilettes écologiques ne l’étaient pas assez. L’entrepreneur et ses collègues, dont son épouse Ariane Pelicioli da Rosa, ont donc cherché une solution qui réduirait le gaspillage d’eau de près de 100 %. C’est là qu’est venue l’idée de Piipee.

L’objectif des entrepreneurs était simple : mettre au point un produit qui neutralise l’odeur et la couleur de l’urine, éliminant ainsi la nécessité de s’en débarrasser. De test en test, ils ont abouti à une formule essentiellement naturelle, à base d’extraits de plantes et de bicarbonate de soude.
Il fallait également concevoir un distributeur qui diffuse le produit à chaque passage. Pour des toilettes ordinaires, un simple spray ferait l’affaire, puisque Piipee rafraîchit également l’air. Pour les toilettes d’une entreprise, grande ou moyenne, l’équipe recommande l’installation d’un distributeur dans chaque urinoir et cuvette de W.-C.

Le coût, de 80 ou 85 réaux brésiliens (22 ou 24 dollars), peut sembler élevé. Mais, et c’est le point fort du système, les recharges sont bon marché : 25 réaux pour un demi-litre, 50 réaux pour un litre, 250 réaux pour cinq litres. Chaque utilisation ne consommant qu’un millilitre de produit, le coût unitaire revient à 0,05 réal par chasse d’eau évitée. Cette dernière aurait coûté de 0,06 à 0,35 réal, selon la région et l’infrastructure.


Réduction de la facture d’eau
Prenons une grande entreprise industrielle ou commerciale de 1 000 employés, avec une moyenne de deux chasses d’eau par personne et par jour. En installant Piipee, elle peut économiser jusqu’à 132 000 litres d’eau par mois, soit 2 640 réaux (718 dollars). « Très peu de gens savent combien coûte une chasse d’eau. Peu savent combien de litres d’eau sont utilisés, ou combien ils paient pour chaque litre écoulé chez eux. Quand ils l’apprennent, ils sont stupéfaits », affirme Ezequiel Vedana.
Ainsi, un restaurant de Brasilia qui a testé Piipee a réduit sa facture d’eau de 4 172 à 2 720 réaux en quatre mois. Un tel impact a valu à l’entreprise 12 grands prix internationaux. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a reconnu l’idée comme une innovation climatique mondiale, et le Brésil a présenté le dispositif lors de sommets sur le climat tels que la COP 21 à Paris, en 2015.

Les entreprises pilotes comprennent le pétrochimiste Braskem, partenaire du projet, la banque Itaú, le fabricant d’électroménager Whirlpool, la chaîne de magasins Renner et l’éditeur de magazines Grupo Abril.

La production a débuté selon un système de précommandes, l’entreprise s’engageant à livrer le produit dans les 60 jours. Ezequiel Vedana est fier que le premier lot de distributeurs Piipee ait été fabriqué et livré en 30 jours seulement. Selon ses estimations, le dispositif a déjà permis d’économiser huit millions de litres d’eau.
L’entrepreneur ne souhaite pas révéler le montant des ventes, mais affirme que le chiffre d’affaires de Piipee a presque quadruplé de 2016 à 2017 et que des records devraient être atteints en 2018, si la tendance se confirme. À la recherche de partenaires internationaux, il s’est récemment rendu en Afrique du Sud.

L’entrepreneur prévoit en outre de bientôt vendre Piipee selon un modèle comparable à celui des cosmétiques, avec des représentants indépendants pour commercialiser l’appareil en porte-à-porte.

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roger abdelnour

Piipee sur pipi , c est du gaspillage d argent.. Pourquoi pas eau de javel qui serait de loin plus economique? Et que faire des germes et des bactéries qui s accumulent dans la la cuve?

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