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Liban - Législatives 2018 - Portrait

Carole Babikian, femme de dialogue et de paix

Carole Babikian.

De son père, Khatchig Babikian, elle a hérité ses origines arméniennes qu’elle garde précieusement, mais aussi ses valeurs, son intérêt pour la chose publique, son amour du Liban. Un amour tel qu’elle ne quitterait le pays pour rien au monde, mue par un fort sentiment d’appartenance, malgré la guerre et les crises successives qu’elle a endurées. Cet héritage, elle a toujours voulu le traduire pratiquement, en faire quelque chose de positif au service des gens, car elle aime « se rendre utile ». C’est aujourd’hui chose faite. Carole Noura Babikian est candidate à l’un des trois sièges arméniens-orthodoxes de Beyrouth I. Membre de la liste « Beyrouth n° 1 », qui regroupe le trio Pharaon-FL-Kataëb, elle revendique son statut d’indépendante. « Je me considère comme étant la voix de la société civile dans une liste consistante, qui porte les principes du 14 Mars », explique-t-elle à L’Orient-Le Jour. La candidate annonce d’emblée la couleur : « L’armement doit être exclusivement aux mains de l’armée libanaise. »


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Pourquoi l’arsenal du Hezbollah

Mais elle se veut surtout « femme de dialogue et de paix », « déterminée », soucieuse de poursuivre la mission de son père, plusieurs fois ministre et député. « Durant la guerre libanaise, alors connu pour sa neutralité positive, il jouait le rôle de trait d’union entre les différentes parties en conflit », rappelle-t-elle. À son tour, celle qui se présente comme « une médiatrice née », « qui aime amener les gens à la raison » se déclare prête à se jeter à l’eau. « On peut compter sur moi pour dialoguer avec tous les partenaires libanais, même les adversaires politiques », assure l’ambassadrice de paix de la World Peace Federation. « Car il y a toujours une solution. » C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elle se penche sur « le pourquoi de l’arsenal du Hezbollah », tout en insistant sur la nécessité de mettre en garde les jeunes générations contre la violence et les dangers de la guerre. Mais pour ce faire, les différentes communautés doivent « cohabiter » harmonieusement. « Une bonne gestion du pays est primordiale, dans le respect de l’équilibre confessionnel, de l’équité et du mérite », note celle qui prône également « la décentralisation administrative élargie, pour chaque quartier de la capitale ».

À 55 ans, Carole Babikian se présente à la députation au terme de plusieurs années de préparation : formation à la chose politique, bénévolat sur le terrain au service des habitants d’Achrafieh auprès du député Nadim Gemayel en tant que présidente de l’association « Achrafieh 2020 », engagement auprès des populations défavorisées de Bourj Hammoud au sein de l’association Jebid, promotion du musée Aram Bezikian des orphelins du génocide arménien, en sa qualité de membre du comité de gestion. Après aussi des moments d’hésitation et de déception, à l’issue notamment de la prorogation du mandat du Parlement, en 2013. Forte de sa conviction qu’il est possible d’améliorer le quotidien des citadins en initiant des campagnes « pour une ville meilleure », plus verte, moins polluée, plus propre ou même piétonne, cette ancienne élève du Collège Notre-Dame de Nazareth, diplômée en sciences politiques de l’AUB après une première maternité, est convaincue que « tout commence au sein de la famille, pour s’élargir au quartier, à la ville, au pays, au monde ».


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Éducation vs délinquance

Ses priorités, si elle est élue, outre le dialogue et la médiation entre les différentes composantes politiques libanaises ? Travailler « pour une meilleure gouvernance, pour moins de corruption, pour davantage de transparence et d’honnêteté dans la gestion des affaires du pays ». Un dossier auquel elle est souvent confrontée, en tant que citoyenne qui fait elle-même toutes ses formalités administratives. Elle n’hésite d’ailleurs pas à mettre la main à la pâte, lorsqu’il le faut… quitte à « ramasser les papiers qui traînent dans la rue ». « J’invite tout électeur à prendre sa chance et à voter pour moi, à voter utile », dit-elle.

Mme Babikian, épouse Kokoni, veut s’engager aussi pour « donner à chaque enfant l’accès à l’éducation gratuite, pousser les élèves à aller jusqu’au bac, aider les étudiants à financer leurs études universitaires ». « Non seulement les enfants des villes, mais toute la jeunesse du Liban. » Car elle demeure convaincue que « l’éducation améliore les chances de l’enfance démunie d’échapper à la délinquance », que « la culture et l’art sont un moyen de connecter tout le monde ensemble », que « l’Université libanaise doit avoir des branches dans toutes les régions ». Également au menu des préoccupations de la candidate à la députation, « le congé maternité » dont elle veut porter la durée à six mois, et « le droit au logement des citadins défavorisés » qui subissent les effets dévastateurs de la nouvelle législation sur les loyers.

Soutenue par les siens et par ses colistiers, Carole Babikian prépare minutieusement sa bataille depuis son bureau électoral à Achrafieh, où elle répond aux questions des électeurs soucieux de mieux connaître son programme.




De son père, Khatchig Babikian, elle a hérité ses origines arméniennes qu’elle garde précieusement, mais aussi ses valeurs, son intérêt pour la chose publique, son amour du Liban. Un amour tel qu’elle ne quitterait le pays pour rien au monde, mue par un fort sentiment d’appartenance, malgré la guerre et les crises successives qu’elle a endurées. Cet héritage, elle a toujours...

commentaires (2)

Quelque chose de touchant dans sa demarche. Grande sincérité, inspiration et une grande force apaisée. Typiquement Babikian. Bonne chance

Sarkis Serge Tateossian

21 h 54, le 12 avril 2018

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Commentaires (2)

  • Quelque chose de touchant dans sa demarche. Grande sincérité, inspiration et une grande force apaisée. Typiquement Babikian. Bonne chance

    Sarkis Serge Tateossian

    21 h 54, le 12 avril 2018

  • Voilà une candidate en qui l'on peut avoir entièrement confiance. Bonne chance

    Shou fi

    15 h 08, le 12 avril 2018

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