Le président américain Donald Trump a promis lundi des "décisions majeures" sur la Syrie sous 48 heures. AFP / NICHOLAS KAMM
Donald Trump a promis lundi des "décisions majeures" sous 48 heures sur une possible action militaire américaine en Syrie, accentuant la pression sur le pouvoir de Bachar el-Assad et ses alliés russes et iraniens après une attaque chimique présumée qui a provoqué un tollé international.
Une réunion d'urgence de Conseil de sécurité de l'ONU, réclamée notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, a débuté vers 19H00 GMT. Le trio occidental devait s'afficher uni face à la Russie pour montrer qu'il a essayé toutes les options diplomatiques avant un éventuel recours aux armes.
Washington veut notamment réclamer une "enquête indépendante" sur l'attaque présumée de samedi aux "gaz toxiques" contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas, qui a été imputée au régime syrien. Et exiger que ses "auteurs" rendent des comptes.
Plus tôt à la Maison Blanche, le président américain a dénoncé une attaque "atroce, horrible". "Nous allons rencontrer les responsables militaires et tous les autres et nous prendrons des décisions majeures dans les 24/48 heures", a-t-il martelé, avant d'évoquer une décision "probablement d'ici la fin de la journée". Son ministre de la Défense Jim Mattis a assuré ne rien exclure quant à d'éventuelles frappes contre le régime.
Et la Maison Blanche a mis en cause la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran, estimant que le pouvoir syrien ne pouvait mener une attaque chimique "sans leur aide matérielle". Donald Trump avait déjà averti Damas, Moscou et Téhéran qu'ils pourraient "payer le prix fort".
(Lire aussi : Attaques chimiques contre Douma : comment peuvent réagir Washington et Paris)
"Spéculations"
Le président russe Vladimir Poutine a condamné pour sa part le caractère "inadmissible" des "spéculations" sur cette attaque chimique présumée. Selon Moscou, il est nécessaire d'élucider "de manière très minutieuse" ce qu'il s'est passé à Douma.
Les Etats-Unis ont fait circuler lundi un projet de résolution réclamant la création d'un nouveau "mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies" sur le recours aux armes chimiques en Syrie, mais un vote n'était pas attendu dans l'immédiat.
Dans ce contexte, le spectre d'une riposte militaire a aussi été ravivé lundi après des tirs de missiles contre la base militaire T-4 du régime, dans le centre de la Syrie. Mais c'est Israël qui a été accusé par Damas et ses alliés russe et iranien.
Après avoir menacé le régime d'une "réponse forte", Paris et Washington ont démenti être à l'origine de ces frappes. "En ce moment, les Etats-Unis ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie", a redit lundi après-midi la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders, en insistant bien sur le fait que cela ne présageait pas de l'avenir.
En avril 2017, Donald Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).
Selon les Casques Blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 personnes ont péri dans "l'attaque aux gaz toxiques" à Douma, dans la région de la Ghouta orientale que le régime est en passe de reconquérir intégralement.
Le régime Assad et la Russie qui intervient militairement à ses côtés ont démenti ces informations non vérifiées de source indépendantes. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de sources, n'était pas en mesure de confirmer une attaque chimique.
Le pouvoir d'Assad a toujours nié sa responsabilité dans les attaques chimiques qui lui ont été attribuées durant la guerre qui ravage le pays depuis 2011.
Une vidéo postée par les Casques Blancs et présentée comme tournée après l'attaque présumée à Douma a montré un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d'enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s'échappant de leur bouche. L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé l'ouverture d'une enquête.
(Lire aussi : Il y a un an, l'attaque au gaz sarin contre Khan Cheikhoun)
Frappe "israélienne", Iraniens tués
Grâce à l'appui militaire crucial de Moscou, le pouvoir de M. Assad a réussi à reprendre plus de la moitié du territoire syrien, au prix d'une guerre dévastatrice qui a fait plus de 350.000 morts en sept ans.
Fort de ce même soutien, le régime a finalement fait plier le dernier groupe rebelle présent à Douma, l'obligeant à commencer à évacuer la cité. Des semaines durant, en février et mars, l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale a été la cible de bombardements intenses qui ont tué plus de 1.700 civils, selon l'OSDH.
La crainte d'une riposte militaire a été accentuée avec le tir de missiles contre la base militaire T-4, connu sous le nom de Tiyas, dans la province de Homs, qui a coûté la vie à 14 combattants, dont trois officiers syriens, selon l'OSDH. Cette base accueille des forces russes et iraniennes, a indiqué l'ONG. Téhéran a confirmé la mort de quatre "conseillers militaires" iraniens dans cette attaque.
(Lire aussi : Les principaux raids israéliens en Syrie depuis 2013)
Le régime syrien a accusé Israël qui a mené de nombreux raids contre des cibles en Syrie ces dernières années. La Russie a elle aussi accusé Israël d'avoir bombardé la Syrie à partir de l'espace aérien libanais, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov dénonçant un "développement très dangereux".
Dans un communiqué publié lundi, l'armée libanaise a fait état de "violations israéliennes de l'espace aérien libanais". "Quatre avions de chasse israéliens ont violé l'espace aérien libanais à 3h25 au-dessus de la mer, à l'ouest de la ville de Jounieh, en direction de l'est, jusqu'à atteindre la ville de Baalbeck, avant de quitter l'espace aérien (libanais) à 3h35, au-dessus de la mer à l'ouest de Jounieh", peut-on lire dans ce communiqué. L'armée libanaise ne mentionne toutefois pas des frappes de missiles à partir de l'espace aérien libanais.
L'armée israélienne s'est, elle, refusée à tout commentaire. "Cette attaque n'aurait pas été possible sans le feu vert américain", a toutefois asséné le ministère syrien des Affaires étrangères.
Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien : le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais, deux autres alliés de M. Assad. En février, Israël a visé cette même base en affirmant qu'un drone avait été envoyé par l'Iran sur son territoire depuis cet aéroport présenté comme une "base iranienne".
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Il promet il promet. ....la seule promesse qu'il a tenu pour le moment c'est reconnaître Jérusalem capitale de l usurpie. Pour le reste on attend tjrs de voir depuis son élection à janvier 2017 avril 2017 à ce jour. Braire braire braire ça va quoi ....
20 h 47, le 09 avril 2018