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Moyen Orient et Monde

Le régime a-t-il décidé d’en finir vite avec l’EI près de Damas ?

Conflit

Des renforts envoyés en vue d’une opération militaire à Qadam, Yarmouk, Hajar al-Assouad et Tadamon.

06/04/2018

C’est de manière presque inaperçue que le mardi 20 mars, l’État islamique, déjà établi dans le camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas, a pris le contrôle du quartier périphérique de Qadam dans la capitale. Les projecteurs sont alors braqués sur la Ghouta orientale, sous le feu du régime depuis le 18 février. Depuis, ce dernier tente de déloger les combattants de l’EI, pour l’instant sans grand succès. Hier, des renforts militaires gouvernementaux ont été envoyés au sud de la capitale. « Les renforts militaires, incluant des combattants palestiniens alliés du régime, se poursuivent depuis dimanche autour de cette zone, en prélude à une opération visant à mettre fin à l’EI dans la capitale », a indiqué hier le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « Les combattants palestiniens seront à l’avant-garde de toute attaque militaire contre le camp de Yarmouk », a ajouté M. Abdel Rahmane. Selon le journal prorégime al-Watan, « les mouvements actuels révèlent une préparation » pour une opération militaire pour en finir avec l’EI dans la capitale.

« Les renforts sont envoyés seulement pour empêcher une attaque éventuelle par l’EI et pour répondre au mécontentement croissant des soldats loyalistes, alors que plus de 100 de leurs frères d’armes ont été tués par l’EI en quelques jours » au mois de mars, lors de l’avancée du groupe à Qadam, tempère un analyste militaire syrien bien informé, sous couvert d’anonymat. Alors que la zone est plutôt calme depuis trois ans – l’EI préfère attaquer les factions rebelles et les groupes islamistes, usant même de véhicules kamikazes contre ces cibles plus faciles compte tenu de leur manque de moyens alors que le régime et ses alliés jouissent d’une force de frappe aérienne intense – le groupe ose s’attaquer directement au régime en décembre 2017 dans le quartier damascène de Tadamon, une attaque inédite repoussée dès le lendemain, avant de retenter le 20 mars, avec succès cette fois-ci. Dans la foulée, l’EI prend de vitesse le régime, qui veut lui aussi combler le vide laissé par Hay’at Tahrir al-Cham. Ce groupe dominé par le Front Fateh al-Cham (ancien Front al-Nosra, la branche syrienne d’el-Qaëda), vient de quitter la capitale et ses environs, suite à des négociations avec Moscou portant entre autres sur l’évacuation de la région vers Idleb.


(Lire aussi : Comment l’Arabie saoudite a perdu la bataille en Syrie)


Avant que les violences n’éclatent en 2011, plus de 150 000 personnes habitent le camp de Yarmouk. Quand, en 2012, des combats font rage entre le régime et des groupes rebelles, les violences poussent des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Aujourd’hui, il resterait entre 3 000 et 4 000 personnes à Yarmouk et, d’après l’OSDH, plusieurs centaines de combattants de l’EI. En 2015, les groupes rebelles sont pris d’assaut par l’EI, qui contrôle actuellement la plus grande partie du camp, laissant le reste à Hay’at Tahrir al-Cham jusqu’à leur départ récent. Depuis plus de trois ans donc, l’EI contrôle une grande partie du camp et de larges pans des quartiers damascènes de Hajar al-Assouad et Tadamon, à la périphérie de la capitale et limitrophes du camp. Quand l’EI s’empare de Qadam en mars, il profite de ce que le régime est en pleine offensive contre les groupes armés de la Ghouta orientale pour gagner du terrain. Comment le gouvernement de Bachar el-Assad a-t-il laissé, à sa porte, des quartiers sous contrôle de l’EI ? Question de priorité, semble-t-il. « Le régime a préféré reprendre d’abord d’autres régions dans la province de Damas, des régions plus importantes, plus symboliques ou stratégiques, comme Daraya, Wadi Barada, Beit Jin, Qaboun et maintenant la Ghouta orientale. Reprendre chacune de ces poches a nécessité beaucoup de ressources. Seul Qaboun, un petit district, a pris trois mois d’offensive, ce qui est déjà pas mal », explique l’analyste syrien. Et d’ajouter : « Au sud de Damas, les rues sont très étroites : une offensive signifierait beaucoup de pertes pour l’attaquant. Le régime cherchera donc à obtenir un accord, comme presque partout ailleurs : l’évacuation pour éviter une guerre urbaine sanglante. » Non pas que le régime rechignerait à utiliser l’artillerie lourde, qu’il a déjà utilisée dans d’autres localités de la région, comme à Qaboun, où plusieurs milliers de roquettes anti-char de style IRAM ont été utilisées durant les trois mois nécessaires pour reprendre la ville. « Le problème, pour le régime, vient du fait que l’EI a eu le temps de renforcer ses positions et de faire autant de fortifications souterraines, comme des tunnels etc., que nécessaire », avance l’analyste syrien.


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MUS PAR LA CRAINTE DU SECOND TOUR DU MATCH OU ILS N,ONT PLUS LE PRETEXTE DE COMBATTRE L,E.I. ET LA NOSRA, ILS VEULENT CLORE URGEMMENT LE PREMIER TOUR !

LA TABLE RONDE

Tout ce qui ne vous tue pas vous rend fort .

L'armée du héros BASHAR se renforce et vole de victoire en victoire .
ON assiste aux derniers soubresauts des bacteries wahabites version virulente, que certains " spécialistes " voient comme des héros d'une nouvelle guerre que les bensaouds vont remporter . Lol lol.. .

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