Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, lors du lancement de la machine électorale de son parti au Forum de Beyrouth, le 4 février 2018. Photo An-Nahar/Philippe Hassal
Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a réaffirmé dimanche son opposition au pouvoir en place, dénonçant les "concessions" faites par ce pouvoir et la priorité qu’il accorde aux intérêts particuliers".
Donnant le coup d’envoi de la campagne électorale de son parti, M. Gemayel a déclaré devant une foule de partisans et responsables Kataeb : "Les calculs d'épicier ont conduit à livrer le pouvoir de décision hors du contrôle de l'Etat et en dehors des frontières au nom de la realpolitik qui justifie tous les reculs", a déclaré M. Gemayel lors du meeting organisé au Forum de Beyrouth. "Nous sommes là pour lutter contre cela car, en vérité, il s'agit de renoncements et d'intérêts particuliers", a-t-il ajouté, dénonçant à ce titre le "scandale" des décharges côtières de Costa Brava et de Bourj Hammoud, au sud et au nord de Beyrouth.
"Ils utilisent des slogans communautaires et attisent les tensions pour diviser les gens au profit des leaders politiques", a lancé le leader des Kataëb, faisant référence au conflit opposant le président du Parlement, Nabih Berry et le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil. Des partisans du mouvement Amal se sont déchaînes dans les rues de Beyrouth et sa banlieue en réaction aux propos de M. Bassil ayant fuité dimanche dans lesquels ce dernier a qualifié M. Berry de "voyou". Le chef de l'Etat, Michel Aoun, qui avait lancé un appel au pardon, le Premier ministre Saad Hariri et le président de la Chambre doivent se réunir mardi.
(Lire aussi : Gemayel : La responsabilité incombe à ceux qui sont au pouvoir)
"Affamer les gens"
M. Gemayel a poursuivi sa charge contre le pouvoir politique, l'accusant d'"affamer les gens" et de "destruction méthodique de la classe moyenne", en référence aux hausses de taxes et d'impôts votées par le Parlement pour financer la grille des salaires pour la fonction publique.
"Pour qu'ils soient tranquilles, ils interdisent l'expression de l'opinion publique", a-t-il déclaré, en référence aux poursuites judiciaires contre des personnalités de la télévision comme le célèbre journaliste Marcel Ghanem ou, plus récemment, l'humoriste Hicham Haddad.
"Un service en vaut un autre. Concrètement, c'est +une décharge pour toi, une décharge pour moi, un navire pour toi, un navire pour moi, un bloc pour toi, un bloc pour moi, un juge pour toi, un juge pour moi, un ambassadeur pour toi, un ambassadeur pour moi, un ministère pour toi, un ministère pour moi, un député pour toi, un député pour moi, une présidence pour toi, une présidence pour moi, une prorogation pour toi, l'autre pour moi, la rue pour toi, une autre pour moi, les armes pour toi, mais pas d'armes pour moi", a martelé M. Gemayel.
La réponse du ministre de la Justice, Salim Jreissati, ne s'est pas fait attendre.
"Honte à vous, député de la nation, lorsque vous dites +un juge pour toi, un juge pour moi+. Et honte à vous lorsque vous dites +ils ont utilisé la justice pour nous faire taire et faire taire les journalistes+. La justice est un pouvoir indépendant, pour vous et pour les autres. Il est important que vous ayez recours à la justice pour défendre vos droits et porter vos accusations. Que des atteintes sont commises envers la nation en raison des élections législatives prévues", a regretté M. Jreissati.
"Face à cette réalité, nous avions plusieurs choix, dont ceux d'entrer dans ce jeu ou d'abandonner la partie, mais cela ne fait partie de notre identité", a affirmé le chef des Kataëb. Il ne nous reste qu'à faire face, à rester fidèles à nos martyrs et à impulser une dynamique de changement dans la vie politique", a conclu le candidat dans le caza du Metn.
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La politique c’est l’ art D’extraire de l’argent Des riches et des suffrages des pauvres tout en faisant croire aux uns que nous les protégeons des autres ( Larochefoucauld )Sauf que dans notre cher pays ce n’est pas seulement les suffrages qui sont pris mais tout .
22 h 52, le 04 février 2018