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Liban - Crise Berry/Bassil

Après le coup de fil « magique » de Aoun à Berry, une détente en vue

Les menaces de Lieberman contre le Liban ont fourni le prétexte idéal au rapprochement

Michel Aoun et Nabih Berry ont eu un entretien téléphonique hier. Mohammad Azakir/Reuters

Les menaces lancées mercredi par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, contre le Liban au sujet de l’exploitation de ses ressources offshore, ont fourni un prétexte en or pour un rapprochement entre les deux locataires de Baabda et de Aïn el-Tiné, engagés de longue date dans un bras de fer dont le dernier épisode a été celui de la vidéo fuitée, dimanche, montrant Gebran Bassil, chef du CPL et gendre du chef de l’État, qui qualifie de « voyou » le président de la Chambre, Nabih Berry.

Après quatre jours de crise aiguë qui a failli dégénérer, mettant gravement en péril la paix civile dans le pays, le président a fini par prendre l’appareil téléphonique pour appeler M. Berry, même si l’excuse apparente avancée était les propos du ministre israélien considérés comme une « menace » pour le Liban.

Ce simple geste aura donc suffi à déclencher un processus mettant un terme à la confrontation née dans le contexte des propos de M. Bassil et de l’« insulte » qui a provoqué des dérapages dans la rue. Si la crise politique, qui a fini par prendre un tournant dangereux causant au passage la paralysie des institutions, n’est pas encore complètement réglée, la tension semble du moins être retombée.
« Les défis auxquels nous faisons face nous imposent de tourner la page de ce qui s’est passé récemment et d’œuvrer main dans la main dans l’intérêt du Liban », a dit le président Aoun à M. Berry, lors de cet entretien téléphonique qualifié d’ « amical », selon un communiqué de la présidence.
Vraisemblablement satisfait, M. Berry a remercié le chef de l’État pour avoir pris l’initiative de le contacter.


(Lire aussi : « Si nous, chrétiens, ne nous défendons pas, nous n’existerons plus »)


M. Aoun s’est également mis d’accord avec M. Berry pour tenir une réunion mardi prochain afin de « prendre les mesures nécessaires pour contrer les menaces israéliennes récurrentes ». On apprenait également que le Premier ministre, Saad Hariri, sera également présent à ces retrouvailles.

Si la reprise des contacts entre MM. Berry et Aoun s’est déroulée hier en présence du Premier ministre qui rendait visite au chef de l’État, il n’en reste pas moins que « ce n’est pas le passage du chef du gouvernement à Baabda qui est à l’origine » de cet heureux dénouement, affirme une source proche de Aïn el-Tiné. De l’avis de plusieurs sources concordantes et des milieux proches de M. Berry, cette issue à la crise est le fruit d’une série de médiations et de contacts entamés depuis le début de la semaine par plusieurs intermédiaires, dont Ibrahim Kanaan, député du bloc aouniste, et Abbas Ibrahim, le directeur général de la Sûreté.

Reprenant la chronologie des médiations entamées depuis lundi dernier, après l’appel au calme lancé par M. Aoun, une source ministérielle proche de Baabda a affirmé à L’OLJ que les contacts entrepris sitôt après « ont été avortés par une série d’événements qui ont saboté les tentatives de conciliation en cours ». Tout d’abord, dit la source, l’éditorial enflammé de la chaîne aouniste OTV le même soir, « qui était hors contexte », comprendre qu’il est venu rajouter de l’huile sur le feu.
En second lieu, les mouvements de rue menés par les sympathisants d’Amal, sachant que les hauts responsables du mouvement ainsi que les milieux de Aïn el-Tiné continuent de nier à ce jour avoir incité à ce type de mobilisation qui a généré le chaos dans le pays.


(Lire aussi : Le congrès LDE à Abidjan devrait bénéficier de la détente interne)


« Les contacts n’ont pas cessé depuis. Bien au contraire, ils se sont intensifiés pour culminer aujourd’hui », poursuit la source, qui reconnaît que les propos de Lieberman survenus entre-temps « ont tout de même servi la cause ». Commentant ce concours favorable de circonstances, une source proche du Hezbollah affirme que « pour une fois, les Israéliens font quelque chose de mal certes, mais qui en définitive se révèle positif pour nous, autant s’en réjouir ».
Dans les milieux de Aïn el-Tiné, on affirme d’ailleurs que le président de la Chambre était déjà au courant de l’appel qu’allait effectuer un peu plus tard le président, « soit avant l’arrivée de M. Hariri ». Ce dernier aurait encouragé le chef de l’État en ce sens, sachant qu’il avait lui aussi mis la main à la pâte en tentant, tout au long de la semaine, de rapprocher les points de vue.


(Lire aussi : Têtes de cultes, le billet de Gaby NASR)


Suspension des mouvements de protestation
Autre facteur qui a contribué à atténuer les tensions, précise la source ministérielle proche de Baabda, le communiqué publié hier par le mouvement Amal, appelant sa base à suspendre les manifestations de rue « spontanées ». La veille, des sources proches de Aïn el-Tiné avaient attribué les heurts survenus à Hadeth à l’irruption d’une « cinquième colonne », une thèse reprise hier par M. Berry devant un groupe de journalistes pour se laver les mains des débordements qui ont eu lieu.

Enfin, le mot d’ordre donné par M. Berry à la NBN, une chaîne qui relève directement de lui, exhortant ses journalistes à atténuer le discours enflammé des derniers jours, a également joué en faveur de la détente.
 « Ce sont autant de facteurs qui paveront la voie à la tenue, mardi prochain, de la rencontre tripartite à Baabda, destinée à examiner les sujets conflictuels et à assainir la relation non seulement entre MM. Aoun et Berry, mais également entre ce dernier et le Premier ministre, avec lequel la communication est également interrompue depuis un certain temps », confie la source de Baabda. À ce sujet, une source ministérielle du 8 Mars va jusqu’à dire que les griefs entre MM. Berry et Hariri sont encore plus profonds, à cause de l’affaire du décret d’avancement des officiers de la promotion de 1994, approuvé par M. Hariri sans l’aval du ministre des Finances. Ce décret avait contribué à envenimer un peu plus la relation entre le chef du législatif et le président Aoun, avant que n’éclate la querelle des insultes entre MM. Berry et Bassil.


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Les menaces lancées mercredi par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, contre le Liban au sujet de l’exploitation de ses ressources offshore, ont fourni un prétexte en or pour un rapprochement entre les deux locataires de Baabda et de Aïn el-Tiné, engagés de longue date dans un bras de fer dont le dernier épisode a été celui de la vidéo fuitée, dimanche, montrant...

commentaires (6)

et voila encore un preuve que les libanais ne sont pas murs pour se gouverner proprement seuls ! C encore une fois l'etranger - cette fois- honnis- Israel donc qui LES AIDE a se rabibocher, d'autres fois C israel ou un autre pays qui LES DIVISE. S& S, I & I , je ne sais pas moi.

gaby sioufi

14 h 39, le 02 février 2018

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Commentaires (6)

  • et voila encore un preuve que les libanais ne sont pas murs pour se gouverner proprement seuls ! C encore une fois l'etranger - cette fois- honnis- Israel donc qui LES AIDE a se rabibocher, d'autres fois C israel ou un autre pays qui LES DIVISE. S& S, I & I , je ne sais pas moi.

    gaby sioufi

    14 h 39, le 02 février 2018

  • Encore une fois, il faut remercier Israel. Si Israel n'existait il aurait fallut l'inventer puisque cest c'est lui qui reussit a replatrer (pas cimenter) la soit disant unite nationale....Une bonne blague!

    IMB a SPO

    12 h 21, le 02 février 2018

  • Tournons la page. L'histoire s'écrit avec les grands hommes... Les querelles à répétition ne font que dégrader l'image du pays et empêche tout progrès.

    Sarkis Serge Tateossian

    09 h 55, le 02 février 2018

  • Ils dansent sur le feu.

    FAKHOURI

    09 h 06, le 02 février 2018

  • ils feront leurs interets pour rester au pouvoir et qu'on continue a se laver et se brosser les dents avec une eau chargee d'excrements

    George Khoury

    07 h 42, le 02 février 2018

  • PUISQU,IL SUFFIT D,UN COUP DE FIL POUR QUE TOUT RENTRE DANS L,ORDRE ET LES AMOURS PROPRES SATISFAITS C,EST QU,IL N,Y AVAIT PAS PEAU DE BANANE... MAIS FRAICHE BANANE CONSOMABLE PAR TOUS ET CHEZ TOUS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 29, le 02 février 2018

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