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Politique - cessez le feu au liban 2026

Négociations Liban-Israël : Aoun promet la fin de « toutes les tutelles étrangères », et reçoit un appel de Rubio et Vance

Les deux hommes forts de la diplomatie américaine ont remis en avant la « cellule de déconfliction », à laquelle devrait prendre part l'Iran.

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d’affichage portant le portrait du président libanais Joseph Aoun et le slogan « La diplomatie est la voie pour mettre fin à la guerre au Liban », le long de l’autoroute de la ville côtière de Saïda, tandis que des familles déplacées regagnent leurs villages du sud du Liban, le 15 juin 2026. Photo Fadel Itani / AFP

Alors que s'est ouvert mardi à Washington un nouveau cycle de pourparlers de trois jours entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l'égide des États-Unis, la présidence s'active depuis Baabda pour remettre en selle l'État libanais dans les discussions autour du cessez-le-feu et du retrait israélien du Sud. Le président Joseph Aoun a ainsi défendu au cours d’une réunion mardi après-midi avec le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, et les membres de l’équipe consultative chargée d’accompagner les pourparlers « le choix des négociations directes » avec Israël, et promis la fin « des tutelles étrangères », selon un message sur le compte X de la présidence libanaise.

Le chef de l’État a également reçu dans la foulée un appel téléphonique du vice-président américain JD Vance et du secrétaire d’État Marco Rubio, au cours duquel les deux hommes forts de la diplomatie américaine ont réaffirmé le « soutien des États-Unis aux prises de positions du président de la République et du gouvernement libanais dans leur démarche visant à étendre l’autorité de l’État légitime et à renforcer sa souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire national », selon un autre message de la présidence libanaise.

« Les négociations, seul moyen »

Devant le commandant en chef de l'armée, M. Aoun a affirmé que les « développements des derniers jours ont démontré la justesse de notre choix d’opter pour la négociation » avec Israël, en allusion au cessez-le-feu précaire observé depuis dimanche au Liban-Sud, bien que violé à plusieurs reprises dans la journée. À l'heure où le Hezbollah s'enorgueillit du cessez-le-feu obtenu par son parrain iranien, et des discussions autour dossier libanais entre la République islamique d'Iran et les États-Unis, le chef de l’État a ajouté que le Liban « n’acceptera rien de moins que la fin de l’occupation israélienne du Liban-Sud et la disparition, dans le même temps, de toutes les tutelles étrangères ». « Nous avons entamé aujourd’hui, et poursuivrons dans les deux prochains jours, un nouveau cycle de négociations que nous espérons décisif sur la voie de la réalisation de ce que nous voulons pour notre patrie et notre peuple », a-t-il dit.

Selon lui, les négociations sont « le seul moyen reconnu à l’échelle mondiale pour atteindre les objectifs nationaux et recouvrer tous les droits ». « Notre seul choix est notre souveraineté nationale, et notre unique pari est l’État libanais qui, seul et nul autre, protège tous les citoyens, préserve les libertés et la dignité de chacun, valorise les sacrifices consentis et dissipe pour tous toutes les formes de peur et d’injustice. Telle est la leçon de notre histoire contemporaine, telle est la volonté de notre peuple, et nous avons juré de l’incarner dans l’intérêt du Liban et pour le bien de tous les Libanais », a poursuivi le président.

La cellule de déconfliction

MM. Vance et Rubio ont de leur côté remis en avant pendant l'entretien téléphonique la « cellule de déconfliction » qui doit prévenir toute nouvelle escalade entre le Hezbollah et l'armée israélienne, et qui avait été annoncée pour la première fois dans un communiqué conjoint publié après les négociations tenues dimanche en Suisse entre l'Iran et les États-Unis. MM. Vance et Rubio ont ainsi souligné que les États-Unis « poursuivaient le suivi de la mise en œuvre de ce qui a été convenu lors des réunions de Suisse, notamment la création d’une cellule regroupant les États-Unis, le Liban et la République islamique d’Iran afin de consolider le cessez-le-feu au Liban et de surveiller l’application des mesures qui y sont liées ». Ils ont indiqué que « les modalités de fonctionnement de cette cellule ainsi que son mode de constitution faisaient actuellement l’objet d’étude ». Des informations de presse font néanmoins état d’une divergence entre MM. Vance et Rubio, ce dernier considérant cette cellule comme un « piège iranien » visant à passer outre les négociations directes entre Israël et le Liban.

De son côté, le chef de l'État a remercié les deux responsables américains « pour l’intérêt que les États-Unis portent au Liban en vue de mettre fin à la guerre sur son territoire, et de renforcer l’autorité de l’État et l’indépendance de sa décision, en tant que seule instance responsable de la préservation de la souveraineté nationale, de la dignité des Libanais et de leur sécurité ». Joseph Aoun a tenu informé de l'entretien téléphonique le Premier ministre Nawaf Salam, ainsi que le président du Parlement et allié du Hezbollah Nabih Berry.

Le même Rubio a affirmé à son arrivée à Abou Dhabi, en réponse à des questions de journalistes, que le « dossier libanais » était « distinct » de celui de l’Iran. « C’est un processus séparé parce que l’État libanais est souverain », a-t-il dit, dans des propos retransmis par des chaînes de télévision locales. « Nous traitons directement avec le gouvernement libanais, j’ai parlé avec (le président) Aoun aujourd’hui (mardi) et vendredi », a-t-il rappelé.

Il a cependant indiqué qu'il y avait un « problème iranien par rapport au Liban, qui est le financement et soutien au Hezbollah », et que cela sera « discuté dans le cadre de nos négociations avec l’Iran ». Il a ajouté qu’ « il n’est pas possible de mettre fin aux hostilités dans la région si les mandataires de l’Iran continuent de tirer des roquettes ».

Le dossier libanais a progressé dans le cadre des négociations irano-américaines, avant même d’avancer dans les pourparlers libano-israéliens menés sous parrainage américain. Les négociations de Washington, qui ont repris mardi, apparaissent désormais comme un prolongement du dialogue irano-américain, selon certains observateurs.

Alors que s'est ouvert mardi à Washington un nouveau cycle de pourparlers de trois jours entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l'égide des États-Unis, la présidence s'active depuis Baabda pour remettre en selle l'État libanais dans les discussions autour du cessez-le-feu et du retrait israélien du Sud. Le président Joseph Aoun a ainsi défendu au cours d’une réunion mardi après-midi avec le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, et les membres de l’équipe consultative chargée d’accompagner les pourparlers « le choix des négociations directes » avec Israël, et promis la fin « des tutelles étrangères », selon un message sur le compte X de la présidence libanaise. Le chef de l’État a également reçu dans la foulée un appel téléphonique du vice-président américain JD Vance...
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