Le président du syndicat des écoles privées, Rodolphe Abboud, a assuré hier le maintien de la grève prévue les 5, 6 et 7 février prochain, et appelé à une manifestation le 30 janvier, alors que les enseignants du privé ont observé une journée de grève, hier. Ces actions s’inscrivent dans le cadre des protestations face à la non-application, par les écoles privées, de la loi 46 sur la nouvelle grille des salaires.
« Les atermoiements dans la mise en œuvre de la loi 46 constituent un pas négatif », a lancé hier M. Abboud lors d’une conférence de presse tenue en présence de Béchara Asmar, président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL ), venu apporter son soutien aux enseignants. « Il n’est pas demandé de modifier cette loi ou d’en voter une autre », a-t-il ajouté. M. Abboud a appelé les enseignants à se rendre à la manifestation du 30 janvier pour demander le paiement des salaires des enseignants retraités, gelés depuis septembre dernier, et participer à la grève les 5, 6 et 7 février.
Au terme de la médiation qu’il avait engagée dans le cadre de ce dossier, le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé, a présenté au Premier ministre un projet d’amendement de la loi 46, mais ce projet n’a pas été examiné jeudi dernier en Conseil des ministres.
M. Abboud a par ailleurs indiqué que le syndicat a demandé à avoir accès aux budgets des écoles, accusant certains établissements de tirer profit de la situation. « Les budgets des écoles sont envoyés au département de l’enseignement privé au sein du ministère de l’Éducation (…). Le syndicat a demandé d’avoir accès à ces budgets pour connaître la situation des écoles, a-t-il souligné.
(Pour mémoire : Au Liban, l'école privée en crise aiguë depuis l'adoption de l'échelle des salaires)
Certains établissements n’ont pas besoin d’augmenter les scolarités, tandis que d’autres ont besoin de mettre en place une augmentation étudiée. Certaines écoles ont profité de la grille des salaires pour imposer des hausses des écolages qui dépassent ce qui est imposé par la loi. Il s’agit d’une exploitation des élèves et de leurs parents. » Et de tempérer : « Nous savons qu’il y a des écoles qui font face à des problèmes et nous ne voulons pas qu’elles mettent la clé sous la porte, mais nous allons dénoncer celles qui contreviennent à la loi. »
Rodolphe Abboud a par ailleurs indiqué que le syndicat était prêt à poursuivre le dialogue avec le ministre de l’Éducation, tout en déclarant que « le prochain Conseil des ministres consacré à l’éducation ne portera pas ses fruits sans une rencontre directe avec le Premier ministre, Saad Hariri ». « Le président de la République, Michel Aoun, a montré une compréhension du problème », a-t-il ajouté.
Béchara Asmar a pour sa part insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la loi 46. « La CGTL se tient aux côtés des enseignants pour l’application de la loi 46 (…). Si la hausse des écolages est inévitable, qu’elle soit raisonnable et travaillée en coopération avec le ministre de l’Éducation », a-t-il dit.
« Nous avons rendu visite au ministre, dans une tentative de trouver des points communs, et j’ai appelé hier (avant-hier) le secrétaire général des écoles catholiques, le père Boutros Azar, pour tenter de trouver une solution », a souligné M. Asmar. Il a par ailleurs demandé à M. Hamadé de parrainer le dialogue « pour que les parents et les élèves ne paient pas le prix ».
L’ancien président du syndicat des enseignants du privé, Nehmé Mahfoud, a appelé les responsables des écoles ainsi que l’État à régler l’affaire « le plus vite possible, afin de préserver l’année scolaire, le travail éducatif et l’école privée, ainsi que les élèves ». « Nos collègues dans les écoles publiques sont rémunérés selon la nouvelle grille des salaires depuis 5 mois », a-t-il dit lors d’un sit-in des enseignants à Tripoli.
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