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Pence poursuit en Jordanie une première tournée sous tension au Proche-Orient

Diplomatie

Initialement prévu fin décembre, ce déplacement avait été repoussé après la décision unilatérale du président Trump sur Jérusalem.

OLJ/AFP
20/01/2018

Le vice-président américain Mike Pence est arrivé samedi soir en Jordanie après une visite en Egypte lors de son premier déplacement au Proche-Orient, une tournée sous tension après la décision controversée de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

Initialement prévu fin décembre, ce déplacement avait été repoussé après la décision unilatérale du président Trump sur Jérusalem, un choix qui a rompu avec des décennies de diplomatie américaine et avec le consensus de la communauté internationale sur cette question épineuse du conflit israélo-palestinien. Cette fois, malgré la persistance des crispations doublée d'un contexte politique explosif aux Etats-Unis, la tournée, qui comprend également Israël, a été maintenue.

Selon des journalistes de l'AFP, M. Pence est arrivé en soirée à Amman où il doit rencontrer dimanche le roi Abdallah II.

Le vice-président s'est rendu plus tôt samedi en Egypte où il a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi, à qui il a souligné le "partenariat stratégique" entre les deux alliés, selon un communiqué de son bureau. Lors d'une conférence de presse conjointe, les deux dirigeants n'ont cependant pas voulu répondre aux questions pressantes des journalistes qui voulaient savoir s'ils avaient parlé de la décision américaine de reconnaître Jérusalem et du gel de fonds américains à l'agence de l'ONU pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Le président Sissi a affirmé lors de la rencontre "son soutien au droit du peuple palestinien à établir un Etat indépendant avec pour capitale Jérusalem-Est", a indiqué de son côté la présidence égyptienne dans un communiqué.

La visite de M. Pence au Caire survient au lendemain de l'annonce par M. Sissi, un allié des Etats-Unis qui dirige l'Egypte d'une main de fer, de son intention de briguer un nouveau mandat en mars 2018. M. Sissi avait destitué en 2013 le président islamiste Mohamed Morsi démocratiquement élu.


(Lire aussi : Comment Trump a isolé les États-Unis du reste du monde)


Boycott palestinien
En réaction à l'annonce américaine sur Jérusalem, qui a provoqué un tollé général dans la région, les Palestiniens clament que les Etats-Unis ne peuvent plus prétendre à un rôle de médiateur dans le processus de paix que Donald Trump rêvait de relancer. Ils ont fait savoir qu'ils boycotteraient la visite de Mike Pence, qui ne rencontrera pas le président Mahmoud Abbas, contrairement à ce qui était initialement prévu en décembre.

Le statut de Jérusalem est l'une des pierres d'achoppement du processus de paix avec Israël, au point mort depuis 2014. Les Palestiniens entendent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. La partie orientale de la ville sainte est occupée par Israël qui l'a annexée, une annexion jugée illégale par l'ONU.

Les relations entre Washington et les Palestiniens ont encore été aggravées par la décision des Etats-Unis, cette semaine, de "geler" plus de la moitié de leurs versements prévus à l'UNRWA. Cette agence aide les plus de cinq millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, depuis la création de l'Etat d'Israël et les conflits qui ont suivi.


(Lire aussi : Le gel de l’aide américaine sonne l’alarme dans les territoires palestiniens)


Prudence égyptienne
La décision américaine sur Jérusalem avait provoqué des manifestations dans de nombreux pays arabes et musulmans, dont l'Egypte, où le grand imam d'Al-Azhar a annoncé en décembre son refus de recevoir M. Pence. Le pape des coptes (chrétiens) d'Egypte, Tawadros II, a lui aussi refusé de rencontrer le vice-président américain, arguant que M. Trump a "fait fi des sentiments de millions d'Arabes".

Mais les régimes arabes alliés de Washington sont tiraillés entre leur opinion publique hostile et leur puissant partenaire américain. C'est le cas notamment de l'Egypte et de la Jordanie, qui ont établi des liens géopolitiques ou de dépendance financière vis-à-vis de Washington.

L'Egypte qui a connu la destitution de deux présidents depuis 2011 se trouve en proie à une crise économique aiguë. L'aide militaire américaine, qui atteint 1,3 milliard de dollars par an, est jugée cruciale par le régime de M. Sissi d'où la réaction prudente du Caire à l'annonce d'un futur transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem: l'Egypte avait alors estimé que ce choix risquait de "compliquer" la situation.

Après l'Egypte, et la Jordanie, M. Pence doit se rendre en Israël lundi et mardi pour des entretiens qui s'annoncent chaleureux avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin. Toutefois, son discours au Parlement israélien sera boycotté par une coalition des partis arabes qui le qualifient d'homme "dangereux et messianique"



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUE VIENT-IL PROPOSER... L,INHUMATION DE LA PALESTINE ?

Marionet

La porte-parole de Pence est Alyssa Farah, fille de Joseph Francis Farah, figure de l'extrême-droite américaine, d'origine libanaise (mais nous aurions pu nous en passer) Pour en savoir plus à son sujet: https://www.huffingtonpost.com/entry/pences-press-secretary-is-daughter-of-right-wing-conspiracy_us_5a3af470e4b0df0de8b06225

LA TABLE RONDE

Il vient signifier aux pauvres palestiniens usurpés que leurs sponsors wahabites et chrétiens d'occident les ont bel et bien vendus.

Avec l'acte signé par ces derniers.

Dieu merci les RÉSISTANTS n'ont pas eu les mêmes fréquentations.

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