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Trump reste dans l'accord sur le nucléaire mais lance un ultimatum

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Le président américain exigea un "accord" avec les Européens pour "remédier aux terribles lacunes" du texte.

 

OLJ/AFP
12/01/2018

Les États-Unis restent pour l'instant dans l'accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien mais Donald Trump a lancé vendredi un ultimatum aux Européens afin qu'ils l'aident à le durcir dans les prochains mois s'ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.

Le président américain a confirmé la suspension des sanctions économiques contre l'Iran levées dans le cadre de cet accord conclu avec Téhéran et les autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne et Royaume-Uni). Mais la Maison Blanche a prévenu qu'il s'agit "de la dernière suspension qu'il va signer".
"C'est la dernière chance", a lancé Donald Trump dans un communiqué, exigeant un "accord" avec les Européens pour "remédier aux terribles lacunes" du texte, dont il est un grand pourfendeur alors que tous les autres signataires le défendent mordicus car il est censé empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique.
"En l'absence d'un tel accord" avec les Européens, les États-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien, a-t-il prévenu, ce qui signerait la mort immédiate du pacte conclu il y a deux ans et demi à Vienne. "Et si à tout moment j'estime qu'un tel accord n'est pas à notre portée, je me retirerai de l'accord" de 2015 "immédiatement", a-t-il menacé.

Concrètement, cela laisse 120 jours, jusqu'à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens sur "un accord de suivi" visant à durcir les conditions du texte initial, a expliqué un haut responsable de l'administration américaine. Et ce, sans inclure dans le processus les Iraniens, pourtant signataires de l'accord de Vienne.

Donald Trump, qui juge que le pacte de 2015, conclu par l'administration de son prédécesseur démocrate Barak Obama, n'est pas assez sévère avec Téhéran, avait refusé mi-octobre de "certifier" devant le Congrès américain que le régime iranien en respectait les termes. Mais jusqu'ici, cette "non-certification" est restée symbolique et n'a pas entraîné le retour des sanctions américaines.

 

 

 


Sanctions sur les droits de l'homme
S'il a accepté, à contre-coeur, de signer une "dernière" fois leur suspension, le président a aussi choisi de maintenir la pression sur le régime iranien en imposant de nouvelles sanctions ciblées non liées au programme nucléaire.

Le Trésor américain a ainsi sanctionné vendredi 14 personnes ou entités iraniennes pour des "violations des droits de l'homme" ou en lien avec le programme balistique controversé de Téhéran.
Ces sanctions visent en premier lieu le chef de l'Autorité judiciaire Sadegh Amoli Larijani. Selon un autre haut responsable de l'administration Trump, sa présence sur la liste des personnes sanctionnées "aura des conséquences politiques sérieuses" car cela revient à frapper "le sommet du régime", mais les États-Unis assument ce "message fort".

La prison de Rajaee Shahr, où "sont emprisonnés de nombreux Iraniens qui ont récemment protesté contre leur gouvernement", dans une vague de manifestations qui ont fait 21 morts, est aussi visée par les nouvelles sanctions. Reste à connaître les conséquences des annonces américaines.

 

(Lire aussi : Les choix limités de Trump face à l’accord nucléaire iranien)

 

Jeudi, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait jugé par avance "inacceptable" tout "acte qui sape l'accord nucléaire".

Réunis jeudi à Bruxelles, les Européens avaient eux de nouveau fait bloc pour défendre l'accord de Vienne. Ce pacte "rend le monde plus sûr et empêche une course à l'armement nucléaire potentielle dans la région", a martelé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.
"Il n'y a pas aujourd'hui d'indication qui pourrait faire douter du bon respect par la partie iranienne de l'accord puisque l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement" sa "bonne mise en oeuvre", a fait valoir le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Mais les ministres européens ont aussi évoqué les nombreux autres sujets de contentieux --partagés avec Washington-- contre Téhéran. Ils ont fait part à Mohammad Javad Zarif de leurs "préoccupations sur d'autres sujets, comme le développement de missiles balistiques" par Téhéran, "les tensions dans la région" ou encore les récentes manifestations, a souligné Federica Mogherini.

 

(Lire aussi : Iran : les Européens veulent offrir une troisième voie à Trump)

 

Les Européens ont notamment évoqué le soutien iraniens au régime du président syrien Bachar el-Assad, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen. Une façon de montrer à l'administration Trump que ses critiques véhémentes sur ces sujets sont entendues de l'autre côté de l'Atlantique.

L'Allemand Sigmar Gabriel s'est prévalu d'un accord de principe de la part de Mohammad Javad Zarif pour commencer un "dialogue" sur "un changement de comportement dans la région". "Ceci n'a rien à voir avec l'accord sur le nucléaire (...) mais il y a un besoin urgent de le faire", a-t-il expliqué.

 

 

 

 

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