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Moyen Orient et Monde

Les choix limités de Trump face à l’accord nucléaire iranien

Repère

Le locataire de la Maison-Blanche doit, dans les prochains jours, choisir de certifier, ou pas, une nouvelle fois, l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

10/01/2018

C'était l'une des promesses de campagne de Donald Trump, sortir son pays de « l'un des pires » accords jamais conclus par les États-Unis. Celui-ci est, depuis quelques semaines, au centre des préoccupations internationales tant à Téhéran qu'au sein des pays de l'Union européenne, acteurs de la négociation de l'accord avec la Russie, la Chine et les États-Unis. Le président américain doit, en effet, prendre la décision à la mi-janvier de certifier, ou pas, cet accord. C'est-à-dire valider que l'Iran respecte bien ses engagements, à savoir, restreindre ses activités nucléaires en échange de la suspension des sanctions internationales qui pèsent sur le pays. Une décision que le président américain doit prendre tous les 90 jours. Il peut soit certifier l'accord, soit le « décertifier », et, dans ce cas, remettre en cause l'accord, ou alors le renvoyer au Congrès afin qu'il prenne les mesures nécessaires.

Quand il a été confronté, pour la première fois, à la date limite sur la question de la certification, Donald Trump a choisi de certifier l'accord. Mais, la deuxième fois, il a préféré ne pas le certifier, renvoyant cette décision au Congrès le 13 octobre dernier. Le Congrès n'a cependant pas réussi à prendre de décision dans le délai qui lui était imparti, et a choisi de ne rien faire, malgré la majorité républicaine. En dépit de sa décertification, M. Trump avait cependant accepté le renouvellement de la suspension des sanctions américaines contre l'Iran. Mais à la veille de la nouvelle décision américaine, et compte tenu du contexte politique agité en Iran où ont eu lieu début janvier des manifestations contre le régime, on peut se demander si les États-Unis peuvent sortir de l'accord et quels pourraient être les scénarios américain, iranien et des autres pays parties prenantes à l'accord :

 

(Lire aussi : Les dangers de la grandiloquence nucléaire)

 

l Le fait que le Congrès n'ait pas trouvé de solution semble révéler plus ou moins les difficultés auxquelles fait face Donald Trump. Même si ses choix sont limités et ne tournent en effet pas en sa faveur, le président américain pourrait à nouveau renvoyer le dossier au Congrès, quitte à ce que cela se révèle sans résultat et que le Congrès ne parvienne pas à trouver de solution. « Même s'il renouvelle la non-certification de l'accord, ça sera un coup d'épée dans l'eau, puisque cette non-certification n'a d'intérêt que si le Congrès prend à son tour des mesures contre l'Iran. Or, il n'a rien fait la dernière fois. Et, même si les élus américains sont très hostiles à l'Iran, ils considèrent qu'il y a un fait accompli, qu'il faut vivre avec et continuer de l'appliquer », estime François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran de 2001 à 2005, interrogé par L'Orient-Le Jour.

l Une sortie définitive des États-Unis de l'accord sur le nucléaire paraît donc peu probable. Donald Trump fait en effet face à de nombreuses oppositions de la part du Congrès malgré la majorité républicaine. Celle-ci semble avoir mis de l'eau dans son vin par rapport à son hostilité initiale à l'égard de cet accord. Ceci est vrai même au niveau du gouvernement lui-même. Le secrétaire d'État Rex Tillerson, tout comme le secrétaire à la Défense James Mattis ont récemment montré qu'ils étaient favorables au maintien de cet accord. « Finalement, il y a beaucoup de pressions sur lui pour qu'il n'en sorte pas. Il y a des pressions du Congrès, y compris des républicains qui étaient au départ très opposés à l'accord et qui considèrent désormais qu'il vaut mieux l'appliquer, et de son entourage proche », confirme François Nicoullaud. Mais, ayant fait de la sortie de cet accord une promesse de campagne, on peut se demander si M. Trump ne va pas continuer à mener une campagne d'hostilité de façade envers l'Iran, pour tenter de convaincre son électorat qu'il est toujours méfiant à l'égard des agissements de la République islamique.

l L'Iran a été obligé de repenser sa stratégie diplomatique et politique face à la possibilité d'un retrait américain de l'accord. « Nous nous sommes préparés à tous les scénarios », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l'agence de presse officielle iranienne IRNA. Mais que feraient les Iraniens si Washington sortait de l'accord ? « Soit ils en sortent eux aussi, et récupèrent la liberté de faire ce qu'ils veulent en matière nucléaire sans aller jusqu'à faire une bombe. Ils pourraient notamment aller au-delà des limites d'enrichissement d'uranium qu'ils ont prescrites dans l'accord (3,65 %). Soit ils n'en sortent pas, et si les autres participants veulent continuer à appliquer l'accord avec l'Iran, les Iraniens les suivront. Dans ce cas, les Américains prendraient des sanctions en tout genre contre les Iraniens, mais les Européens, les Chinois et les Russes demeureraient liés à l'accord », conclut le diplomate.

 

 

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