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Économie

Hydrocarbures offshore : le Conseil des ministres autorise la signature des contrats

Liban

Les contrats devant lier l'État au consortium Total-ENI-Novatek pour les blocs 4 et 9 devraient être signés avant février 2018.

15/12/2017

Le Conseil des ministres a autorisé hier le ministre de l'Énergie, César Abi Khalil, à procéder à la signature de deux contrats d'exploration et de production des hydrocarbures offshore avec le consortium mené par le géant français Total, et composé de l'italien ENI et du russe Novatek. Le consortium, qui était le seul candidat en lice dans le cadre de la première phase d'attribution des licences d'exploration et de production, avait déposé le 12 octobre deux offres distinctes pour le bloc 4 (au centre) et le bloc 9 (au sud) de la zone économique exclusive (ZEE) libanaise.
Cette décision du Conseil des ministres intervient une dizaine de jours seulement après le renoncement du Premier ministre Saad Hariri à démissionner. La crise politique provoquée par sa démission début novembre avait fait craindre un nouveau blocage du processus d'attribution des licences pour une durée indéterminée, similaire au retard de près de quatre ans provoqué par la démission du gouvernement Mikati en 2013.

Suite à cet accord du Conseil des ministres, « le consortium disposera d'un mois, à compter de la notification officielle du ministre de l'Énergie, pour fournir les versions complétées des contrats-types d'exploration et de production pour chacun des blocs, ainsi qu'une garantie de la maison mère. Le consortium devra également déposer une garantie bancaire pour leurs engagements de travail », a indiqué à L'Orient-Le Jour le président de l'Autorité de l'énergie (LPA), Walid Nasr. « Cette garantie bancaire pourra être réclamée par l'État libanais si le consortium ne respecte pas ses engagements de travail », a expliqué à L'Orient-Le Jour la directrice régionale du Natural Resource Governance Institute (NRGI), Laury Haytayan. Le montant de cette garantie, qui doit être déterminé par le consortium, n'a pas encore été divulgué mais devrait atteindre, selon nos informations, quelques dizaines de millions de dollars. Contactés par L'Orient-Le Jour, M. Abi Khalil et Total Liban n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour réagir à ce sujet. M. Abi Khalil a néanmoins fait savoir par voie de communiqué qu'il s'exprimera aujourd'hui à 13 heures lors d'une conférence de presse.

 

(Lire aussi : Pétrole offshore : Berry réclame une "accélération" des procédures)

 

Publication des contrats
Une fois ces documents remis à la LPA, le consortium et l'État libanais pourront procéder à la signature des contrats. « Compte tenu du fait que le Liban est candidat depuis janvier à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) et qu'une proposition de loi sur la transparence dans le secteur des hydrocarbures est en préparation au Parlement, nous espérons que ces contrats, ainsi que les offres du consortium et le rapport d'évaluation de la LPA seront publiés », a insisté Laury Haytayan. Outre le volet technique des contrats qui renseigne notamment sur le nombre de puits que le consortium compte creuser dans chacun des blocs, les contrats déterminent aussi la part de l'État dans le partage des revenus (profit oil). Celle-ci devrait être au minimum de 30 % selon le contrat-type, et constituera une des principales sources de revenus de l'État dans le secteur, avec les royalties (4 % pour le gaz) et l'impôt sur les bénéfices des compagnies pétrolières (20 %).

Après la signature des contrats, « le consortium aura 60 jours pour proposer à la LPA un plan d'exploration », a confié Walid Nasr. « La première phase d'exploration dure trois ans, et une seconde phase de deux ans supplémentaires est prévue si le consortium ne réalise pas des découvertes commercialisables lors de la première phase. Ensuite, une fois ces découvertes réalisées, le consortium présentera un plan de production », a détaillé Laury Haytayan. « Les activités d'exploration débuteront en 2018, et en 2019 le consortium creusera un puits dans chacun des deux blocs », a assuré Walid Nasr.
Total et ENI sont déjà présentes dans la région. ENI détient déjà les droits d'exploitation de six blocs dans les eaux chypriotes, dont deux en partenariat avec Total. La compagnie italienne est également présente en Égypte, où elle a découvert l'énorme champ gazier Zohr. Quant à Novatek, elle fait pour la première fois son entrée dans l'espace est-méditerranéen. Novatek est le premier producteur de gaz indépendant en Russie, actif surtout dans l'Arctique et dans le nord de la Russie. C'est aussi une compagnie avec laquelle Total a noué une alliance stratégique début 2011.

 

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Wlek Sanferlou

Moumanaa, distanciation, na'i bil Nafs, triptyque, koulouna Lil, concertation, un pays à deux ailes, ... Et autres formules érodées par les âges....
Voilà que survient le pétrole... il Trump tout... Voilà la raison d'un gouvernement apparement stable et uni.

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