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Les rebelles renforcent leur emprise sur Sanaa

Yémen

Passe d'armes entre l'Iran et l'Arabie.

 

OLJ/Agences
05/12/2017

Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont renforcé leur emprise mardi sur la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l'élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Selon des sources sécuritaires, les houthis ont pris le contrôle de tous les sites qui étaient tenus par des partisans de Saleh quelques heures après sa mort.

Signe de la dimension régionale croissante du conflit, l'Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux "agresseurs", dans une allusion à l'Arabie saoudite, le grand rival régional de la République islamique. De son côté, le gouvernement saoudien a dit espérer voir le Yémen débarrassé "des milices terroristes soutenues par l'Iran".

La disparition à 75 ans d'Ali Abdallah Saleh, l'ancien homme fort du Yémen, tué lundi par des rebelles houthis au sud de Sanaa, a ouvert un boulevard aux insurgés qui partageaient jusqu'ici le contrôle de la capitale avec lui, estiment des experts.

D'allié des houthis, Saleh était devenu leur adversaire la semaine dernière en dénonçant leur volonté de le marginaliser et en tendant la main à l'Arabie saoudite, à la tête d'une coalition qui combats les rebelles depuis 2015.

Les combats entre rebelles ont été particulièrement violents. Mardi, une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné à l'AFP un bilan d'au moins 234 morts et 400 blessés depuis vendredi à Sanaa.

 

 

(Lire aussi : Saleh, ou l’art de danser avec les serpents)

 


'Saboteurs'
La capitale yéménite a passé la nuit sous les bombardements et les survols intensifs de l'aviation de la coalition menée par l'Arabie saoudite, ont rapporté des habitants.

Le palais de la République, dans le centre de Sanaa, a été visé par au moins sept raids aériens, selon des habitants. Aucune information n'a pu être obtenue sur des victimes éventuelles de ces frappes. La coalition avait exhorté lundi les civils à se tenir à "plus de 500 mètres" des zones sous contrôle des houthis, laissant supposer une intensification de ses raids.

Depuis l'annonce de la mort de Saleh, aucun affrontement majeur n'a eu lieu dans Sanaa, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief de ses partisans. Un haut responsable Houthi, Saleh al-Sammad, a annoncé tard lundi la fin des opérations de sécurité à Sanaa.
"Nous annonçons au monde la fin des opérations de sécurité et la stabilisation de la situation" dans la capitale, a-t-il déclaré, selon la chaîne de télévision al-Massira, contrôlée par les insurgés.
Il a en même temps confirmé implicitement une campagne de répression contre des proches d'Ali Abdallah Saleh, en déclarant avoir ordonné aux services de sécurité de "prendre des mesures contre les saboteurs et tous ceux qui ont collaboré avec eux".

Des rumeurs courent sur des arrestations de plusieurs personnalités de l'administration et de l'armée, jugées favorables à l'ancien président. Des informations non confirmées ont fait état d'exécutions de partisans de Saleh.

Autre signe de la confiance affichée par les rebelles, une manifestation a eu lieu mardi après-midi pour célébrer, selon leur chef Abdel Malek Al-Houthi, "l'échec du complot ourdi" par Saleh et une frange de son parti, le Congrès populaire général (CPG).

Les quelques milliers de manifestants, rassemblés près de l'aéroport international dans le nord de la capitale, ont scandé des slogans comme "Sanaa est libre et l'Etat est toujours debout" ou "les Yéménites forment un seul peuple".

 

 

 (Lire aussi : La mort de Saleh ouvre un nouveau chapitre dans la guerre)

 

Tombé comme Kadhafi
L'ancien président, qui a survécu à nombre d'attentats et de complots pendant sa longue carrière politique, dont 33 ans au pouvoir, est mort dans des circonstances mal éclaircies, lui qui est connu par le soin qu'il a toujours porté à sa propre sécurité.

Les houthis ont annoncé sa mort lundi sans la revendiquer. Une information confirmée plus tard par une dirigeante du parti de l'ex-président qui en a fait porter la responsabilité aux insurgés.

Une source militaire a indiqué qu'il était tombé dans une embuscade tendue par des houthis au sud de la capitale, tandis que d'autres informations ont fait état de sa mort à la suite de combats dans sa maison.

Des vidéos diffusées par des houthis ont montré son corps sans vie, les yeux figés et l'arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l'arrière d'un pick-up.

Une scène qui rappelle la mort de l'ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, exécuté par des insurgés alors qu'il fuyait en 2011 la capitale Tripoli. On ignorait mardi où se trouvait le corps et si Saleh aurait des funérailles.

Depuis les Emirats arabes unis, son fils aîné, Ahmed Ali, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que son père est mort dans sa maison "les armes à la main et au milieu de ses camarades". "Je fais le serment (...) qu'au milieu des blessures, nous allons enfourcher le cheval de bataille pour faire face aux ennemis de la nation", a-t-il dit.

 

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Bery tus

DIRE QU'IL Y A DES PERSONNES QUI CAUTIONNENT LES ASSASSINATS POLITIQUE .. CE QUI VEUT DIRE ET CONFIRME QUE TOUS LES ASSASSINATS AU LIBAN APRES 2005 L'ON ETE PAR VENGEANCE (EXACTEMENT COMME SALEH) ...

Irene Said

Hassan Rohani qui disait il n'y a pas longtemps que son pays l'Iran ne s'immiscait pas dans les affaires des autre pays...
Comme quoi on peut porter un turban blanc, signe d'importance religieuse...et mentir très sérieusement... en s'imaginant que nous sommes tous des imbéciles et que nous allons le croire...sur parole !
Et dire que ce sont ces responsables religieux-là qui prétendent servir fidèlement DIEU !!!
Irène Saïd

Henrik Yowakim

La réaction de Téhéran, soutien de la rébellion, ne s'est pas fait attendre. "Le Yémen sera libéré des mains des agresseurs" et son peuple leur "fera regretter" leurs actions, a prévenu mardi le président iranien Hassan Rohani

GENTIL PACIFISTE APPELANT AU DIALOGUE AU LENDEMAIN DE LA REVOLTE ANTIHOUTI DE SALEH AU YEMEN

VOILA NOTRE PACIFISTE DE ROHANI DEVENU EXTRÊMEMENT AGRESSIF ,MENAÇANT ET BELLIQUEUX DU JOUR AU AU LENDEMAIN DE LA LIQUIDATION PHYSIQUE DU MEME SALEH

CELA S'APPELLE PHARISAISME ET OPPORTUNISME

ET PROUVE ENCORE UNE FOIS DE PLUS LE CARACTERE EMINEMMENT PERFIDE DU RÉGIME DES AYATOLLAHS FAAKIHISTES



Le Faucon Pèlerin

L'assassinat est la manière la plus démocratique pour solutionner les conflits. Bravo !

Zorkot Mohamed

Plus les années passent et plus on se rend compte que les manœuvres saoudiennes de l’Irak au Yémen en passant par le Liban et la Syrie sont des échecs incessants.

RE-MARK-ABLE

La politique n'est pas faite par des enfants pour des enfants .

Demandez aux amerloques humaines avec leur appendice usurpateur , eux qui ont mis le monde sens dessus dessous ce qu'ils ont fait depuis le 11 septembre à la terre entière.

Je dirai que ce n'est qu'un juste retour de bâton que leur dont subir l'axe de la résistance partant de la Russie, l'Iran la Syrie et la Chine.

Pour ne pas bouder son plaisir on dira aussi que le hezb libanais de la résistance en fait partie .

BONNE NUIT LES PETITS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HIER IL PARLAIT DE NEGOCIATIONS... APRES L,ASSASSINAT IL A CHANGE DE TON... ON COMPREND !

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