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Santé - Cop23

À Bonn, deux institutions onusiennes s’engagent à protéger la santé face au changement climatique

L'OMS et la CCNUCC ont signé un protocole d'accord qui met l'accent sur la nécessité de protéger et d'améliorer la santé, pilier du développement durable.

Selon l’OMS, la teneur de l’air en ozone et d’autres polluants qui exacerbent les maladies cardio-vasculaires et respiratoires augmente avec la température. Dimitar Dilkoff/AFP

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) ont renouvelé leur engagement à faire face aux défis de santé publique que pose le réchauffement climatique et à aider les pays à accroître l'efficacité de leur réponse à cette menace. Les deux parties ont signé à cet effet un nouveau protocole d'accord (MoU), dans le cadre des travaux de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques COP23 qui se sont achevés hier, à Bonn, en Allemagne.

La signature de ce MoU reconnaît que la protection et l'amélioration de la santé constituent un pilier essentiel du développement durable. Il exige toutefois la coopération la plus large possible de tous les pays et des autres parties prenantes concernées.
Cet accord est d'autant plus important que la santé de milliards de personnes est « d'ores et déjà affectée par le changement climatique », comme le souligne Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la CCNUCC. En fait, ce protocole intervient à un moment où le changement climatique constitue une menace grave pour la santé publique, puisque les phénomènes météorologiques extrêmes et les variations climatiques affectent l'air pur, l'eau potable, la sécurité alimentaire et la sécurité du logement. Entre 2030 et 2050, ce phénomène entraînera près de 250 000 décès supplémentaires par an, en raison du stress lié à la chaleur, de la malnutrition, de la diarrhée et du paludisme, selon l'OMS.

Toujours selon l'agence onusienne, « les zones qui ne sont pas dotées de bonnes infrastructures de santé, situées dans leur majorité dans les pays en voie de développement, seront les moins en mesure de se préparer et de faire face à la situation sans assistance ».
Ce protocole veillera ainsi à ce que la santé soit représentée dans le programme mondial de lutte contre le changement climatique, ce qui permet à l'OMS et à la CCNUCC d'« adopter une approche plus intégrée et intersectorielle pour améliorer la santé au niveau mondial et contribuer à la mise en œuvre de l'accord de Paris » sur le réchauffement climatique, adopté en décembre 2015 lors de la COP21. Cet accord vise à limiter la hausse moyenne de la température mondiale en deçà de +2°C et si possible à +1,5°C par rapport au niveau de l'ère préindustrielle.

Dans le cadre du MoU, l'OMS et la CCNUCC collaboreront ensemble dans un cadre commun afin de renforcer les capacités de mobilisation principalement dans les pays en développement et d'aider les pays à réduire la vulnérabilité de la santé au changement climatique.

 

Effets sur la santé
Comment se traduiront les effets du changement climatique sur la santé ? Dans un document, l'OMS explique que les températures caniculaires augmentent « la mortalité par maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées ». Elle rappelle dans ce cadre que lors de la canicule de l'été 2003 en Europe, plus de 70 000 décès supplémentaires ont été enregistrés.

De plus, « la teneur de l'air en ozone et d'autres polluants, qui exacerbent les maladies cardio-vasculaires et respiratoires, augmente avec la température ». Idem pour « les concentrations en pollen et autres aéroallergènes » qui sont plus élevées en cas de chaleur extrême. Elles peuvent par conséquent déclencher des crises d'asthme, une maladie dont souffrent plus de 300 millions de personnes dans le monde.

Quant aux catastrophes naturelles, l'OMS précise qu'elles ont plus que triplé depuis les années 1960. Chaque année, elles provoquent plus de 60 000 décès, principalement dans les pays en développement. « Le caractère de plus en plus aléatoire des précipitations aura probablement des effets sur l'approvisionnement en eau douce, précise l'agence onusienne. Le manque d'eau salubre peut compromettre l'hygiène et augmenter le risque de maladies diarrhéiques, qui tuent près de 600 000 enfants âgés de moins de 5 ans par an. » De leur côté, les inondations, qui augmentent en fréquence et en intensité, contaminent les sources d'eau douce, accroissant le risque de maladies à transmission hydrique et créant des gîtes larvaires pour des insectes vecteurs de maladies, tels que les moustiques.

Sources : OMS et CCNUCC

 

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