Une infirmière soigne une patiente dans un hôpital à Beyrouth. Photo d'archives João Sousa/ L'Orient-Le Jour
« Les chiffres des cas de cancer sont stupéfiants et inquiétants » : lors d'une conférence organisée à Chhim (Mont-Liban) à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, le ministre de la Santé Rakan Nassereddine a tiré la sonnette d'alarme samedi, déplorant que « le Liban accuse encore un retard en matière de sensibilisation ».
« La journée mondiale de lutte contre le cancer est une journée de sensibilisation par excellence, mais elle revêt malheureusement un caractère tragique au Liban, où les chiffres des cas de cancer sont stupéfiants et inquiétants », a averti M. Nassereddine, selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il a dans ce cadre rappelé que le ministère de la Santé a réactivé le registre national du cancer et publié les chiffres pour les années 2022, 2023 et 2024.
« Le taux d’incidence est de 224 cas de cancer pour 100 000 habitants, avec les taux les plus élevés pour le cancer du sein chez les femmes et le cancer de la prostate chez les hommes », a-t-il détaillé, déplorant que « le Liban accuse encore un retard en matière de sensibilisation à la santé et de dépistage précoce, et que l’on traite souvent la conséquence avant la cause ». Adopté en août 2011 par le Parlement, ce texte avait été appliqué pendant une courte période, jusqu’en 2013. Depuis, les autorités n'en ont plus assuré le suivi.
Les cas de cancer ont connu une flambée au Liban au cours de la dernière décennie. Selon une étude de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), le taux de polluants cancérogènes émis dans l’atmosphère a doublé dans trois zones de la capitale depuis 2017, aggravé par la présence massive des générateurs privés au cours des dernières années.



Prévisible. Il y a aussi le fait que le Liban est fortement médicalisé. On diagnostique plus que dans d'autres pays. Il n' y a pas que les générateurs, il y a aussi les pesticides et les lobbys agricoles sont puissants partout y compris au Liban. Dans les pays agricoles, il me semble qu'il y a plus de cancers. Il faut bien laver les fruits et légumes, ce qui ne va pas de soi quand l'eau potable est chère
10 h 39, le 13 février 2026