Des vaches dans une ferme au Liban. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Un « danger majeur pour le cheptel qui peut entraîner des pertes économiques et sanitaires considérables ». Voilà comment le syndicat des vétérinaires a qualifié dimanche la fièvre aphteuse qui se propage au Liban depuis deux mois, plaidant même à décréter « l’état d’urgence » face à ce virus. Cette maladie hautement contagieuse, qui touche principalement les animaux à sabots fendus, a également poussé le ministère de l’Agriculture à tirer la sonnette d’alarme, appelant à vacciner le bétail et à limiter son transport le temps que les examens adéquats soient effectués.
Que sait-on de cette maladie ? Est-elle dangereuse pour l’homme ? L’Orient-Le Jour fait le point avec Ihab Chaaban, président du syndicat des vétérinaires au Liban.
Qu’est-ce que la fièvre aphteuse et comment se propage-t-elle ?
Il s’agit d’un virus contagieux qui touche les vaches, les chèvres et les moutons, mais pour l’instant ce sont les vaches qui sont principalement atteintes. Il provoque des boutons dans la bouche et sur les sabots, de la fièvre, une perte d’appétit et une mastite (inflammation du tissu mammaire) douloureuse. Il est surtout mortel pour les animaux les plus jeunes en raison de leur faible immunité. La maladie, en circulation au Liban depuis près de deux mois, a essentiellement touché des élevages dans le Nord, la Békaa et à Baalbeck-Hermel. Le Liban-Sud est pour l’instant moins touché. Il s’agit d’une nouvelle souche pour laquelle il n’existe à ce jour pas de vaccin au Liban.
Ce virus se propage rapidement au sein des élevages par voies tactile et aérienne et peut être contagieux jusqu’à trois kilomètres de distance. Si un agriculteur ou un vétérinaire circule entre des fermes, il peut facilement le transporter. Les symptômes ne vont toutefois apparaître chez les animaux que trois à quatre jours après la contamination.
Cette maladie constitue-t-elle un danger pour l’homme ?
La fièvre aphteuse est extrêmement dangereuse mais n’est pas transmissible aux humains, ni par voie aérienne, ni par le toucher, ni par la consommation de produits animaux. Il est toutefois préférable de ne pas consommer la viande d’une vache contaminée qui, de toute façon, cessera de produire du lait une fois atteinte par la maladie.
Quelles sont les mesures à prendre pour limiter la propagation ?
Le syndicat des vétérinaires a demandé au ministère de l’Agriculture de suspendre l’importation et l’exportation d’animaux et d’imposer une quarantaine pour toute importation indispensable. Les vétérinaires sont également appelés à prendre les précautions nécessaires afin d’éviter de transporter le virus en circulant parmi les fermes. Le transport de bétail entre les régions doit également être interdit.
Une cellule de crise présidée par le ministre de l’Agriculture et regroupant ses directions de la Faune et de la Santé, ainsi que les syndicats des vétérinaires et des importateurs de médicaments et de viande a été créée pour surveiller la situation. Elle travaille à protéger les fermes encore saines et leur épargner des conséquences financières, plusieurs d’entre elles ayant subi d’importantes pertes suite à la contamination de leur élevage.
Selon des sources du ministère de l’Agriculture, le virus aurait été introduit par des troupeaux entrés illégalement depuis la Syrie, mais nous ne disposons pas encore de données confirmées. La situation risque de s’aggraver si le virus se répand massivement parmi les chèvres et les moutons, d’autant plus qu’il n’existe pas de vaccin au Liban pour la souche qui circule. Des vaccins seront toutefois bientôt importés de Russie, selon le ministère de l’Agriculture.



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10 h 10, le 12 décembre 2025